La création artistique ne vaut rien

« Le modèle qui structure aujourd’hui le droit de la propriété intellectuelle s’appuie sur une figure mythique, celle du génie romantique, ce damné reclus dans sa chambre mansardée, à l’écart de toute contrainte marchande et de toute pression populaire, libre et autonome, ne devant à personne d’autre qu’à lui son inspiration. L’auteur romantique est un modèle d’organisation de la création : un auteur conçoit une oeuvre seul, la fait éditer par un éditeur qui la délivre au marché. Ce modèle, qui ne décrit qu’une petite partie de la réalité, a force de mythe dans la mesure où il imprègne la représentation que l’on se fait de la création. » peut-on lire dans Du bon usage de la piraterie de Florent Latrive.

Le hic comme nous le rappelle ici Antoine Moreau (Art Libre) c’est que la situation a quelque peu évolué depuis...

Illustration Duchamp sous CC-BY

Les débats parlementaires concernant le projet de loi sur le Droit d’Auteur et Droit Voisin dans la Société de l’Information ont repris. Pourquoi sont-ils autant à côté de la plaque ? A côté de cette étrange chose, la création artistique contemporaine. Pourquoi ce manque criant de perception et de prise en compte ?

Pour tenter de répondre à ces questions il serait bon de prendre en considération quelques faits simples issus de l’économie même de l’art, de ses objets et de ses auteurs.

Qu’observons-nous depuis maintenant près d’un siècle que le ready-made a été inventé et qu’il n’a cessé de faire boule de neige ?

Que toutes ces vacances ne soient pas pour nous objets d’effroi !
Le vide ainsi créé est traversé d’un souffle formidable, une respiration vitale quand l’industrie culturelle n’hésite pas à étouffer les esprits en les gavant jusqu’au dégoût.
L’internet et le numérique ont cette vertu de pouvoir nous rappeler aujourd’hui ce que la création artistique a toujours été depuis la nuit des temps : un don inestimable, quelque chose d’imprenable qui se transmet et qui échappe aux emprises définitives. Sauf à l’enfermer, cela s’est vu et c’en est fini alors de son commerce.

Considérons donc avec attention les faits matériels de la création artistique tels que nous le montre le réseau des réseaux.

  • Apparition d’une profusion d’oeuvres copiables, diffusables et transformables du simple fait de leur économie propre.
  • Apparition d’une foultitude d’auteurs, le lecteur lui-même écrivant dans la wikipédia par exemple, qui multiplient les possibilités de créations.
  • Apparition de pratiques n’ayant, selon les critères, rien à voir avec l’art mais qui sont la conséquence de ce que les artistes ont cherché, trouvé et matérialisé dans des oeuvres reconnues comme telles. Une sculpture sociale, des formes singulières, rien du tout et qui n’est pas moins que rien.

Que ces apparitions ne nous effraient pas !
Elles sont la richesse déjà présente et opérante d’une culture mondiale transportée, transformée et qui se transmet malgré les tentatives aussi ridicules que pesantes de vouloir en circonscrire le geste et la beauté. Elles procèdent d’une économie qui excède l’économie même, elles font l’économie de l’économie, c’est à dire qu’elles en sont la crème.

Mais qu’en est-il alors du beurre et de son argent ? Si la création artistique ne vaut rien et que chacun peut être auteur, qu’est-ce qui va bien pouvoir nourrir les artistes reconnus comme tels ?
Réponse : les à côtés de la création artistique. Car c’est bien à la périphérie de l’objet créé qu’il est possible de générer du profit et non plus directement par lui. Ainsi les concerts et autres prestations vivantes liées à un produit figé, le morceau de musique enregistré, qu’il soit gravé ou en ligne. L’exemple type a été donné dans un autre domaine par cette oeuvre d’art remarquable primée en 1999 à Linz lors du festival Ars Electronica : le système d’exploitation libre GNU/Linux. Il n’est pas gratuit mais est offert gracieusement. Il rapporte de l’argent mais son économie n’est pas basé sur la rareté. Il n’est pas la négation des droits d’auteur mais en renouvelle la pertinence grâce au copyleft. Il n’est pas le seul, de très nombreux logiciels libres procèdent ainsi d’une économie qui fonctionne en intelligence avec l’écosystème du net basé lui-même sur des protocoles ouverts.
Copyleft ça veut dire quoi ? Tout simplement le droit d’étudier, de copier, de diffuser et de transformer librement la création. Avec une protection fondamentale, l’interdiction d’avoir une jouissance exclusive des objets créés, ce qui appartient à chacun appartient à tous. Nous redécouvrons là ce qui fait depuis toujours l’autorité d’un auteur et celle qu’on reconnaît à ses oeuvres : la capacité à augmenter le bien public.

Le projet de loi DADVSI, parce qu’il ne reconnaît pas à la création de capacités à augmenter le bien public, est aussi vain que dangereux. Ne comprenant pas le principe de réalité du net, de ses objets et de ses pratiquants (la copie, la diffusion et la transformation des données) le projet de loi tente de s’imposer par l’entrave (les Mesures Techniques de Protection). Mais il y a malentendu. Entraver la création, ce n’est pas la comprendre, c’est la court-circuiter. Alors qu’une simple observation suffirait à saisir pourquoi et comment ce sont des milliards d’auteurs qui, par leur présence active, font acte de création et fabriquent une culture vivante et riche d’avenir.

La création artistique ne vaut rien, rien ne vaut la création artistique. Sauf la vie qui elle aussi n’a pas de prix. C’est à partir de ce constat économique qu’une économie en intelligence avec l’art et la vie peut exister. Ce qui se fait avec plus ou moins de bonheur, mais où il est toujours nécessaire de rappeler deux points essentiels :

  • L’art comme la vie ne sont pas gratuits, ce n’est jamais l’arbitraire de la gratuité qui détermine.
  • L’art et la vie sont inestimables, ils procèdent de la grâce du don.

Commentaires

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La création artistique ne vaut rien , le 3 décembre 2006 par alain marty (0 rép.)

" L’art n’a pas pour fin de créer des oeuvres que le temps ruine, mais d’éveiller en chacun le génie endormi ". Je cite de mémoire cette phrase qui, je crois, est de Nietzsche. Elle me semble bien illustrer le caractère relatif de l’oeuvre d’art, relatif au sens de "partage", collaboration, ouverture. Mon information m’appartient ... et ne vaut que si je la partage, l’art est aussi de l’information et ne vaut que par les créations qu’il génère en chacun.

Juste pour pour partager cette réflexion avec vous :)

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La création artistique ne vaut rien , le 4 avril 2006 par Billybug (0 rép.)

"La création artistique ne vaut rien"... dison qu’elle n’apporte riens au PNB et ne rempli donc pas les caisses de l’état !!!

Pourtant le président est tres fier des toiles qui sont accrochées aux murs de sa maiso.... de la maison qu’il loue gratuitement !

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La création artistique ne vaut rien , le 25 mars 2006 (0 rép.)

La création artistique est la seule preuve d’humanité que je connaisse. Je remplaçerais "ne vaut rien" par "n’a pas de prix". Je suis pour une juste rémunération des artistes court-circuitant les maisons d’édition/ de disque, car ce sont eux qui créent l’avenir. Non désolé, l’art ne se crée pas en un clic ni à coup de snobisme achetés.

Un opposant de la loi DADVSI en faveur de la licence globale.

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La création artistique ne vaut rien , le 25 mars 2006 par D.Durand (6 rép.)

Heu... franchement, vous n’auriez rien de moins indigeste ? Prendre de grands mots, les assembler en des phrases qui ont seulement l’air de dire de grandes choses, et au final laisser le lecteur avec un goût d’incompréhension dans la bouche, franchement.

’tain, j’ai appris à lire à 3 ans dans une encyclopédie, et j’ai lu des milliers de livres de tous genres, en partant de Disney et Burrough, en passant par Maniguet, Holldobler, Adams, Merrit et Mourre, jusqu’à Takahashi, Hergé et Ducroq (amusez-vous à trouver quel genre d’écrivain est/était chacun d’entre eux). Mais là, je n’ai rien compris. On dirait de la "prose" de cours de philo (oui, c’est une insulte. Pourquoi ?).

Je n’en retiens que l’auteur dénie à l’art tel qu’il est vu par le plus grand nombre (c’est à dire tout le monde sauf les vomisseurs de nouilles comme l’auteur originel de ce texte) le statu d’art, et l’offre à sa place à... quoi ? L’étourdissante ivresse du potentiel incréé, ou kekchose du genre ? Framasoft ignorerait-elle que la masturbation est considérée comme de la pornographie par la loi, et donc ne peut pas être laissée à disposition de mineurs, même sur un site internet ?

P.S. Est-ce-que ceux qui vivent grassement du "libre" en vendant leurs "services" et, bien sur, crachent sur tous ceux qui vendent quelque chose d’autre, envisagent désormais de ne plus faire payer lesdits services ? Ah ? Non ? Faites ce que je dis et pas ce que je fais ? Ah, s’cusez, j’avais pas compris.

La création artistique ne vaut rien , le 25 mars 2006 par PH

Bonjour,

Peut-être qu’un petit dictionnaire vous aiderait à comprendre ce texte. Il est vrai qu’il a le mauvais goût d’être en Français et n’est pas ponctué de "’tain" et autre "kekchose".

Salutations

La création artistique ne vaut rien , le 25 mars 2006

il ne s’agit pas de dictionnaire mais de culture, moossssieur. Je partage l’avis de Mr Durant et je ne suis ni rappeur à 3 balles ni artiste à 0 Fr et encore moins en faveur d’une quelconque multinationale dont le pire défaut est de manquer d’originalité. Votre commentaire est partisan et sans fondement. Voilà une rime qui, si elle est basique, vaut plus que votre mépris.

Un poète qui à l’audace de s’estimer.

chimay

La création artistique ne vaut rien , le 25 mars 2006

Il est flagrant de remarquer que, lorsque quelqu’un de sensé ose un commentaire qui va à l’encontre de la ligne de pensée du premier article, on le remet à sa place pour des questions de langage !!! Serait-ce que vous n’avez pas d’autre argument à proposer ? Ou bien le commentaire de D. Durand vous dérange-t-il à ce point ?

Durand, phénomène médiatique , le 27 mars 2006 par Dupré

Les trolls pro-Durand oublient que le dit Durand n’a aucun argument à part dire qu’il n’a rien compris (une objection très sérieuse...) et que l’auteur de l’article est, selon lui, un "vomisseur de nouilles" (selon quelle source ? la police ? Durand est-il un fabricant d’agro-alimentaire courroucé ?).

Bien sûr, Durand a lu "des milliers de livres", ce qui fait probablement de lui un contradicteur important même s’il n’a manifestement rien à apporter au débat. Bientôt un concours de tailles de zizi ?

Merci Durand d’avoir élevé le débat à un niveau aussi remarquable. On n’en attendait pas moins de la part de l’ineffable Durand.

La création artistique ne vaut rien , le 3 avril 2006

il y a là beaucoup plus qu’un troll, mais bon si vous ne le voyez pas il n’y a rien de plus à ajouter.

La création artistique ne vaut rien , le 5 avril 2006 par antoine moreau

De temps en temps je tombe sur quelque chose d’écrit et que je relève. Je cite :

"Et puis, je vais vous dire aussi quelque chose qui caractérise mes Écrits. Mes Écrits, je ne les ai pas écrits pour qu’on les comprenne, je les ai écrits pour qu’on les lise. Ce n’est pas du tout pareil. [...] Ce que je constate par contre, c’est que même si on ne les comprend pas, ça fait quelque chose aux gens. Je l’ai souvent observé. Il n’y comprennent rien, c’est tout à fait vrai, pendant un certain temps, mais ça leur fait quelque chose." Lacan

& :

"Hanté par le positif, par le plein, par la transparence, l’Occident considère l’ignorance et l’incompréhension de soi comme une connaissance objective insuffisante, c’est-à-dire comme une imperfection à redresser. L’Occident ne voit pas que l’insu, le non-savoir, le méconnu, en un mot la dimension négative structure le savoir humain, et avant tout structure la connaissance de lui-même que l’animal parlant construit. Cela vaut pour la culture, qui se construit et se reproduit en intégrant l’indicible, le négatif, en fabriquant de l’insu sur lequel elle prend appui." Pierre Legendre, Ce que l’Occident ne voit pas de l’Occident.

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La création artistique ne vaut rien, par Antoine Moreau (ArtLibre.org) , le 15 mars 2006 par Philippe-Pierre (1 rép.)

Bien sûr, le texte de Roland Barthes ici trahi ne parle pas de "consommateurs".

Tant qu’il y était, l’auteur du présent article aurait peut-être dû oser "récréation" plutôt que "recréations". ;-)

L’ennui, c’est que c’est son analyse qui du coup ne vaut plus rien.

La création artistique ne vaut rien, par Antoine Moreau (ArtLibre.org) , le 15 mars 2006 par antoine moreau

J’ai employé le mot de "consommateurs" dans le sens qu’en donne très justement Michel de Certeau : « A une production rationalisée, expansionniste autant que centralisée, bruyante et spectaculaire, correspond une autre production, qualifiée de « consommation » : celle-ci est rusée, elle est dispersée, mais elle s’insinue partout, silencieuse et quasi invisible, puisqu’elle ne se signale pas avec des produits propres mais en manières d’employer les produits imposés par un ordre économique dominant. » (Michel de Certeau : L’invention du quotidien, I- Arts de faire)

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La création artistique ne vaut rien, enfin un peu quand même... , le 15 mars 2006 par fun sun (5 rép.)

Bonjour,

[Le texte qui suit n’est pas une attaque ad hominem. Il ne reflète que mon opinion personnelle. Les différentes interprétations, lectures qui peuvent en être faites sont de la responsabilité des lecteurs, lectrices non pas de ma personne. Nous parlons une même langue mais nous ne nous comprenons pas toujours, bon je n’y suis pour rien mais un peu quand même. Ce n’est pas moi qui ait insisté pour créer le langage. Depuis que je suis né, on me dit que j’ai une bouche, un cerveau et que je dois les utiliser selon les termes d’une langue mais je n’en comprends toujours pas l’utilité ni le principe ni le but. J’aurai préféré siffler par exemple afin de ne pas être contraint d’articuler. Néanmois, Grévisse (le fameux bon usage) n’aura jamais donné une définition aussi belle et juste des voyelles et des consonnes : souffle et explosion. Si seulement nous nous étions arrêtés à ce niveau...]

Parce que l’humain est vide, si si c’est vrai, il cherche à se remplir. L’économie l’a compris depuis longtemps et propose, en conséquence, des produits qui ne remplissent pas selon la technique bien connue du ver à moitié vide sauf que là il n’y a pas de fond d’où la multitude des nouveaux produits qui se créent, se vendent et, aujourd’hui s’échangent.

L’économie a commencé à sentir un certain reflux et a commencé à vendre des dvd, des cds collectors avec un petit plus histoire de remplir un tout petit peu plus l’humain dont la satisfaction sera, de toute façon vide puisque le fond créé est une illusion. La trame d’un film est une longue fuite qui donne accès à des poursuites (voyelles), des explosions (consonnes), une histoire d’amour (les langues), le bien, le mal (le cerveau qui tente de faire la différence entre voyelles et consonnes) d’où la nécessité des effets spéciaux qui viennent remplir ce vide. Bref ce qui est plein, cependant, ce n’est pas le film mais le making off.

Pourquoi insister tant sur cette notion de vide ? Disons qu’une marchandise véritable, une vraie marchandise, un vrai produit en somme est ce qui remplit. Une marchandise qui arriverait à obtenir cela, quels subterfuges utilisera-t-elle pour continuer à vendre ? L’art ou les mystères divins, histoire de créer un désir : c’est-à-dire une juste tension entre le plein et le vide ?

La nouvelle marchandise ne crée plus un verre à moitié vide mais crée la frontière entre ce qui est plein et vide.

Une fois que l’oeuvre d’art collective sera épuisée ; que trouvera-ton pour se remplir ?

Ah ! Tant que j’y pense arrêtons de redécouvrir l’oeuvre collective, le travail collectif sinon on va finir par croire que cela n’a jamais existé... Ou alors que c’est le système marchand, l’économie, le capitalisme (je mets plusieurs mots au choix histoire de satisfaire une multitude de tendances), qui est en train de reformuler presque naïvement un moyen de renouveler la marchandise. Je pense à certaines fesques picturales qui ont été dirigées attribuées à un peintre alors qu’elles ont été réalisées par une équipe, comme on dit aujourd’hui, de peintres...

Donc d’un point de vue historique, l’individualité, la propriété (« le principe de la séparation et de la division » cf r.m stallman dans le cd dadvsi mix-contest) n’aura pas duré bien longtemps... Une poussière de temps à l’échelle du temps historique.

[Merci à Antoine Moreau pour ce texte qui m’a bien inspiré. Si cela n’est pas de l’interaction collective... lol]

ouah !!! , le 15 mars 2006 par papy44

Merci de votre reflexion ... de nous ouvrir l’esprit ... Le plein, le vide. L’acquis, l’inné !

J’espere ne pas être plein ! ET j’espere ne pas avoir besoin de le devenir ! et de ne pas pouvoir l’être !!!

Là je m’en prend plein la gueule. C’est pour des moments comme ça que j’aime ce média.

Et que j’approuve le pour et le contre A LA FOIS.

La création artistique ne vaut rien, enfin un peu quand même... , le 15 mars 2006

Bravo...fun sun

je n’ai rien à ajouter car la sensation que me laisse votre réponse est parfaite : pas envie de contredire... pas de conclusion... pas de sensation d’être d’accord ou pas...simplement l’envie de vous dire que j’ai aimé lire votre texte...

C’est peut être ca qu’on appelle une oeuvre d’art ? ;o)

-----> Redj

cadeau , le 16 mars 2006 par fun sun

Salut à vous,

Le plaisir, juste le plaisir et le partager sans autre prétention que d’être ici avec vous ou ailleurs avec mes amis.

J’ai lu le texte d’antoine moreau comme un cadeau donc je renvoie ce cadeau. Inutile d’aller plus loin parce qu’il n’y a rien d’autre derrière voire même à dire. Un cadeau cela s’offre, ce n’est pas une oeuvre d’art [du moins mon texte] et un cadeau cela sert justement à cela : c’est posé là quelque part, des fois c’est utile souvent inutile.

C’est tout. Bien à vous

La création artistique ne vaut rien, enfin un peu quand même... , le 16 mars 2006 par dana h

merci antoine (je n’ai pas toujours été aussi "séduit" par tes textes, mais cette fois : si !) et merci fun sun, pour ces entrainantes remarques (elle-même inspirées d’Antoine etc...)

En vous lisant, je pensais à certaines conversations avec mon amie, au cours desquelles on se disait qu’au fond, au delà de la trop fameuse fracture numérique (qui n’en finit pas de se fracturer d’ailleurs, et les lois qu’on nous pond ne vont certainement pas contribuer à la réduire), se dessinait une autre fracture entre une population majoritairement DUPE de la technologie, et une minorité qui en serait (moins) DUPE. Les uns seraient les jouets du de la technique (tout juste bons à consommer -pas au sens de DE Certeau cette fois :) les autres plus ou moins aptes à agir, créer, à l’aide de la technique...

C’est un point de vue assez caricatural je le reconnais (mais je suis paresseux aujourd’hui et vous complèterez ce petit bout de début d’analyse par vous-mêmes sans aucune peine), mais qui permet à mon sens aux promoteurs du projet de loi DASVI d’avancer sans trop de crainte, parce qu’au fond la majorité est ne se donne pas la peine de penser à ce sujet (et gobe tout ce qu’on lui raconte, du moment que c’est simple à comprendre)

La création artistique ne vaut rien, enfin un peu quand même... , le 17 mars 2006 par fun sun

Dana,

C’est justement là où entre en jeu le monde du libre avec le partage des connaissances entre autre. C’est justement l’un des arguments de tristan nitot dans un dernier de ses billets :

Plus sérieusement, est-ce que cela vaut le coup que continue à contribuer à du développement du logiciel Libre, qui donne à chacun l’accès au savoir, à la culture, à la communication, et même au commerce électronique ?

Le libre contribue a être moins dupe de la technologie tant que le présupposé d’individuation et de séparation lié au système marchand existe.

Voilà pas plus pour aujourd’hui

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