• Auteur : dana hilliot
  • Date : 7 septembre 2005 (13 octobre 2005)
  • Licence : Creative Commons BY-NC-ND link_license
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Bref éloge de la licence Creative Commons nc nd

Contrairement à la licence Art Libre, les licences Creative Commons qui comprennent une clause non commerciale et/ou non modifiable ne peuvent être considérées comme "libres" de part la discrimination qu’elles introduisent alors. C’est ce que nous affirment aujourd’hui de nombreux membres de le communauté du logiciel libre qui s’appuient pour cela sur un référentiel explicite de ce qu’est ou n’est pas un logiciel libre s’opposant effectivement à ces deux clauses (cf les fameuses quatre libertés).

Ces licences ont pourtant des vertus que ces membres de la communauté du logiciel libre ignorent, semble nous dire ici le musicien Dana Hilliot, du label indépendant Another Record, qui ne se positionne pas dans le même référentiel et qui par là-même s’autorise lui aussi à utiliser un adjectif "libre" dont le logiciel libre n’aurait pas le monopole. Et de conclure par cette invitation fédératrice à ne pas nous tromper d’ennemi.

Introduction

Devant les attaques successives contre la licence Creative Commons nc nd [1], laquelle souffrirait, selon certaines critiques, de n’être pas conforme à la notion de ce que devrait être une licence libre, il me semble utile d’apporter quelques précisions.

Les quelques études sur le sujet montrent que les utilisateurs des licences Creative Commons choisissent très majoritairement d’adopter les clauses restrictives nc nd. Paradoxalement, la plupart des discussions vis-à-vis de ces clauses sont menées par des interlocuteurs adeptes d’autres licences (telle la licence Art Libre) ou d’autres clauses (par exemple sa pour « share alike »). On lit très rarement des apologies en faveur des clauses nc nd malgré leur succès auprès des créateurs.

Comment expliquer ce relatif silence des artistes concernés ? Serait-ce que les questions juridiques ne les intéressent pas ? Qu’ils cherchent avant tout dans ces licences une manière pratique de diffuser leur musique, motivés par des raisons pragmatiques plus que philosophiques ?

Je pense que ces hypothèses sont non seulement beaucoup trop simplistes, mais aussi assez injurieuses à l’égard de ceux qui choisissent les clauses nc nd. Je vais essayer ici d’apporter des justifications plus nuancées, sur la base d’arguments tirés de ce que me semble être la réalité du monde (ou des mondes) de la musique [2].

Another Record et les licences libres

Je voudrais ici témoigner de ma propre expérience : d’une part, je suis en effet adepte des licences Creative Commons, et mes propres disques sortent en général sous licence CC nc nd ; d’autre part, je travaille pour le label Another Record [3] depuis maintenant 3 ans, et j’ai eu l’occasion de discuter à maintes reprises avec les artistes auxquels nous sommes liés, au sujet de ces licences.

La grande majorité des disques et des projets online (puisque nous utilisons ces deux types de médiation) qui sortent sur Another Record, le sont sous licence nc nd. C’est là le choix des artistes, bien qu’il s’accorde aussi avec la philosophie du label [4].

Une partie de notre activité, en tant que label, consiste à vendre des disques ou des objets liés aux musiques que nous défendons. Ce n’est certes pas là le but et la finalité de notre travail, mais en quelque sorte son moyen principal : grâce à l’argent récupéré sur ces ventes, nous pouvons faire face aux frais divers qui résultent de notre activité, et en assurer la pérénnité - par exemple, sortir régulièrement de nouveaux projets ou de nouveaux disques. Toutefois, nous avons décidé d’une part, de ne pas distribuer nos disques en magasin, et ce pour des raisons avant tout pragmatiques, parce que nous ne nous sentons pas l’âme de commerciaux, et, d’autre part, de ne pas demander de subvention aux pouvoirs publics, parce que nous ne pensons pas que l’argent du contribuable doive être affecté à ce type de projet. Je signale au passage à tous ceux qui mettraient en doute la viabilité économique d’un tel label, qu’ils peuvent être rassurés : comme nous ne dépensons pas un cent que nous n’aurions pas sur nos comptes, et comme les ventes sont régulières quoique incomparablement plus modestes que celles des structures à caractère commercial, nos comptes sont équilibrés - nous ne sommes pas le seul label, loin de là, à fabriquer des disques tout en adoptant les licences Creative Commons, et de nombreuses structures comme la nôtre bénéficie maintenant d’une notoriété et d’un équilibre réconfortants pour l’avenir des musiques indépendantes [5].

Que souhaitent les artistes qui s’engagent avec le label Another Record et choisissent une licence libre ? Je ne veux pas ici généraliser, car chacun a ses enjeux personnels, lesquels sont parfois difficilement formulables ou identifiables par le créateur lui-même (je suis dans ce cas). Mais, je vais essayer d’en dégager tout de même quelques-uns. Il me faut toutefois vous proposer un petit retour en arrière :

Jusqu’au début des années 2000, la question d’adopter ou non une licence libre ne se posait tout simplement pas. Il semblait même logique et naturel de s’inscrire en tant qu’auteur à la SACEM - si la secrétaire que j’avais rencontrée il y a 5 ans au siège local de la SACEM m’avait reçu plus agréablement, je ferais sans doute partie de ces artistes qui, pour avoir commencé leur carrière un peu trop tôt, se retrouvent membre de la SACEM, et le regrettent par la suite. J’ai donc eu de la chance, rétrospectivement, ce jour là. Quand les licences libres appliquées aux oeuvres d’art ont commencé à faire parler d’elles sur internet, je venais juste de fonder Another Record, et très vite, j’ai commencé à militer auprès des premiers artistes du label pour l’adoption de la licence Open Music Yellow [6] , laquelle est, depuis, tombée en désuétude (ses auteurs conseillant

d’adopter une licence Creative Commons, conseil que nous avons suivi) : de fait cette licence est très proche de la licence CC nd nc qui fait l’objet de notre préoccupation.

Pourquoi choisir une licence libre plutôt que d’adhérer à la SACEM ? C’était là notre question : je répondrais en mon nom et en celui des artistes d’Another Record en dégageant des raisons éthiques, esthétiques et enfin pragmatiques.

Le choix d’une licence libre : un motif éthique

D’un point de vue éthique, il s’agit pour nous de se positionner par rapport au grand chambardement provoqué par l’évolution des technologies numériques et de l’internet, et d’adopter une ligne de conduite conforme à notre rapport à la musique en général en tant que mélomanes. Pour comprendre cela, il faut bien voir que la plupart des projets de labels indépendants nés ces dernières années ont été rendu possibles par le développement et la facilitation de l’accès à internet [7]. Ce qui a rendu possible la mise en place de projets tels qu’ Another Record, à partir d’un investissement financier très modeste, ou ce qui permet la large diffusion de musiques nonobstant leur absence sur le marché du disque traditionnel, c’est la prise en main par les artistes et les mélomanes des outils de publication sur internet, et la croissance ininterrompue de son usage par les mêmes acteurs. Parallèlement, les labels traditionnels, articulés autour du système traditionnel de promotion requis par le marché du disque, ont fait faillite les uns après les autres. Le ticket d’entrée sur ce marché devenant tout à fait inaccessible, des structures proposant de véritables alternatives ont été inventées : un label comme Hinah [8] constitue un exemple frappant, et une réussite flagrante, bien qu’étant totalement étranger aux circuits de promotion traditionnels.

Même si nous travaillons aussi avec les médias traditionnels, même si nos artistes se produisent en concert (ce qui demeure un moyen de se faire connaître tout à fait efficace, ainsi qu’une finalité pour beaucoup), nous avons aussi et surtout bénéficié de la liberté de circulation de la musique sur internet. En proposant nos oeuvres en libre téléchargement, nous favorisons à peu de frais la diffusion des musiques que nous défendons et bien entendu, nous améliorons grandement la notoriété des artistes du label. Contractualiser avec une société de gestion des droits d’auteur comme la SACEM, aurait été contradictoire avec la manière dont nous pratiquons l’outil internet chaque jour : car il aurait fallu restreindre l’accès à nos musiques, tandis que notre véritable intérêt consiste au contraire à faciliter cet accès. De plus, et c’est là si vous me permettez que nous esquissons une dimension éthique, il s’agit en quelque sorte de rendre la monnaie de sa pièce au mélomane et internaute que nous sommes tous (ou très majoritairement) : car nous devons tous une grande part de notre culture musicale à la libre circulation (licite ou illicite) des oeuvres sur le web : j’ai découvert bien plus d’artistes sur internet que dans les rayons des magasins de disque, et je ne pense pas être le seul de ma génération pour qui c’est le cas. Aujourd’hui, certains audioblogs [9] constituent une mine infinie à laquelle on peut puiser pour découvrir des perles rares, et certains de ces sites sont menés par des mélomanes d’une érudition sans pareille. Et les artistes eux-mêmes sont souvent à l’origine des audioblogs, des webzines, des labels ou d’associations comme musique-libre.org [10]. Normal, puisque la plupart sont aussi des mélomanes.

Il y a donc une justification éthique évidente au choix des licences libres plutôt que de l’inscription à la SACEM du point de vue des acteurs de la scène dont je fais partie : il s’agit simplement d’adopter une conduite de vie, un ensemble de pratiques cohérentes, aussi bien en tant que mélomane qu’en tant que créateur. Restreindre l’accès à ses oeuvres tout en profitant du libre accès aux oeuvres des autres, voilà une contradiction du point de vue éthique - qui confinerait au cynisme.

Le choix d’une clause « non-derivative » : un motif esthétique

Cela dit, pourquoi une licence libre suivant une clause non-derivative ? Cette restriction non-derivative dit simplement la chose suivante : bien que mon oeuvre soit librement reproductible, distribuable et communicable (en vertu du contrat Creative Commons initial passé entre l’auteur et l’humanité toute entière) il n’est toutefois pas permis de la modifier, de la transformer ou de l’adapter sans demander l’autorisation préalable de l’artiste. Dans une mise au point publiées sur le site du CERSA18 [11], Mélanie Dulong de Rosnay le rappelle clairement :

L’option Pas de modification ne consiste en aucun cas à interdire toute création d’oeuvres dérivées ou composites, mais à ne pas autoriser à l’avance les modifications.

C’est-à-dire, et je voudrais insister fortement sur ce point, que sur le plan du respect de l’intégrité de l’oeuvre, on en revient très exactement à ce que dit le code le propriété intellectuelle, plus précisément l’article crucial 122-4. lequel précise que

la traduction, l’adaptation ou la transformation, l’arrangement ou la reproduction par un art ou un procédé quelconque de l’oeuvre est illicite, en l’absence du consentement de l’auteur ou de ses ayants droits.

On fait grand cas de cette interdiction dans les débats autour des licences CC nd nc, mais il s’agit simplement dans le cas de la clause non-derivative, de réaffirmer en tant qu’auteur le souhait de garder la prérogative que lui confère le droit depuis le fin du XVIIIème siècle sur l’intégrité de son oeuvre. On peut utiliser une oeuvre dans le but de produire une nouvelle oeuvre, tant qu’on a l’autorisation de l’auteur de l’oeuvre dont on s’inspire. Cette restriction d’usage a été formulée pour protéger l’artiste du plagiat d’une part, du détournement malveillant d’autre part. A l’ère du remix et du sampling, cette clause peut sembler tout à fait archaïque, mais ce serait à mon sens accorder trop d’honneur au sampleur et au re-mixer que de refondre le droit en se conformant uniquement à sa pratique et à ses intérêts. Je suis tout à fait l’aise pour le dire, ayant moi-même pratiqué le sampling à l’occasion d’un album [12].

Pourquoi la raison de l’adoption de cette clause me paraît-elle relever de l’esthétique ? Parce que les artistes dont je parle - et entendez bien que je parle ici seulement d’une poignée d’artistes, ceux avec qui je travaille chaque jour - s’en réclament et pratiquent ce qu’on appelle ailleurs le songwriting, c’est-à-dire qu’ils créent des chansons liant textes et musiques. Il est très rare qu’ils utilisent des samples, ou bien ils les fabriquent eux-mêmes à partir de leurs propres compositions [13]. Et ils souhaitent être en mesure de contrôler l’usage qu’on pourrait faire de leurs textes, lesquelles pourraient être plagiés ou vidés de leur sens, ou de leur musique - je n’apprécierais pas personnellement d’entendre un sample d’une de mes chansons utilisé comme support musical d’une publicité. Cette oeuvre donc, et tout le processus de création qui l’a porté, toutes les émotions, les expériences, les histoires dont elle s’est nourrie, on tient à en préserver ici l’intégrité. Ce qui n’empêche pas, évidemment, d’autoriser les remix éventuels, voire de les initier - mais dans le cadre d’un accord préalable passé avec l’auteur.

Ce souci est-il condamnable ? S’il l’est, et je me demande bien au nom de quels arguments sérieux, alors il faudrait condamner toute la littérature (rares sont les textes autorisant a priori la publication d’oeuvres d’erivées. Il faudrait demander aux oulipiens ce qu’ils en pensent : le texte magnifique de Jacques Roubaud « Bien souvent je copie » [14], bien qu’il mette l’accent sur l’appropriation et l’inscription dans une tradition, ne se situe pas sur un plan juridique), et pour tout dire, une immense partie des artistes, toutes disciplines confondues. Et ce serait faire injure aux écrivains qui, avant l’invention du droit d’auteur, voyaient leurs oeuvres réduites de moitié ou amendées sans qu’on ait requis leur avis. Plus près de nous, informez-vous de ce qu’Orson Welles pensait de la manière dont les producteurs avaient sabordé certains de ses films, demandez à certains musiciens comment ils perdent tout contrôle au profit des soi-disant experts des maisons de disques entre le moment de la création et la réalisation du disque final.

Mes amis et moi souhaitons conserver ce droit de préserver l’intégrité de notre oeuvre, parce qu’il nous a coûté de la créer, par respect pour les conditions psychiques, les joies et les souffrances, la grâce parfois, qui ont présidé à sa manifestation.

Le choix de la clause « non-commercial » : un motif pragmatique.

Le choix de la clause non-commercial répond de manière générale à un souci pragmatique. Le résumé explicatif de la licence dit ceci :

Vous n’avez pas le droit d’utiliser cette création à des fins commerciales

et le code juridique qui l’explicite précise

L’Acceptant ne peut exercer aucun des droits conférés par l’article 3 avec l’intention ou l’objectif d’obtenir un profit commercial ou une compensation financière personnelle. L’échange de l’Oeuvre avec d’autres Oeuvres protégées par le droit de la propriété littéraire et artistique par le partage électronique de fichiers, ou par tout autre moyen, n’est pas considéré comme un échange avec l’intention ou l’objectif d’un profit commercial ou d’une compensation financière personnelle, dans la mesure où aucun paiement ou compensation financière n’intervient en relation avec l’échange d’Oeuvres protégées

Là aussi s’opère un mouvement de retour à ce que dit le droit par défaut.

On a noté à de nombreuses reprises la faiblesse de ce texte, en soulignant justement que demeurait mal défini ce en quoi consiste un « profit commercial  » ou une « compensation financière ». Je ne veux pas y revenir ici, sinon pour rappeler une fois encore que l’auteur peut évidemment autoriser un tel usage de son oeuvre, au cas par cas (et c’est tout à fait ce qui se passe dans le cas d’un contrat commercial avec un label par exemple), que l’interdiction vaut pour l’acceptant, c’est-à-dire le mélomane, et pas pour l’auteur, qui demeure libre de contracter avec qui il le souhaite.

L’évocation de cette clause suscite bien souvent des débats passionnés autour de deux notions apparemment contradictoires : d’une part la volonté d’accroître l’offre gratuite de la musique, d’autre part la supposée nécessité d’assurer une juste rémunération de l’artiste. Je crois que ces deux soi-disant problématiques sont fondées sur une vision naïve de la réalité de la vie des artistes aujourd’hui.

Pour ce qui est des créateurs dont je parle depuis le début de ce texte, autour desquels s’organise ce petit monde en marge de l’industrie du disque, aucun d’entre eux n’espère vivre un jour de le commercialisation de sa musique. Ce constat est fait depuis très longtemps dans le monde des labels indépendants : il n’y a globalement pas assez de circulation d’argent autour de nos musiques pour que nous puissions espérer rémunérer quiconque, sous la forme d’un salaire ou de royalties conséquentes, et la plupart des labels dont je parle ici sont constitués sous la forme d’associations loi 1901. Personne ne s’en plaint dans notre milieu : si un artiste souhaite gagner de l’argent en écrivant des chansons, il a toute liberté d’essayer de faire sa place au sein du marché du disque, faire ce qu’il faut, y compris artistiquement parlant, pour obtenir un contrat sur une Major. Notre objectif n’est pas de gagner de l’argent mais d’écrire de nouvelles chansons, de les jouer sur scène le cas échéant et de faire en sorte qu’elles touchent les mélomanes intéressés par ce genre de musique, voire ceux qui ne la connaissent pas encore.

On me dira : mais pourquoi dans ce cas là ne pas choisir une licence qui autorise a priori quiconque à faire un usage commercial de vos oeuvres ? Qu’avez-vous à y perdre ?

Nous avons à y perdre parce que, sans les ventes de disques, même modestes, les labels ne pourraient plus fonctionner, on ne pourrait plus payer nos serveurs web, les studios d’enregistrements, la fabrication des disques, la promotion des artistes auprès des médias, les frais divers engrangés à l’occasion de la préparation d’une tournée ou d’un concert. Les sommes en jeu sont certes ridiculement peu élevées si on les compare aux investissements réalisés par les majors sur leurs produits maisons, il n’empêche, elles permettent de pérenniser nos activités, de rencontrer de nouveaux publics, d’accompagner des artistes sur la durée, lesquels peuvent ainsi réaliser leurs projets sans être trop pénalisés par leurs propres limites financières. Il y a certes peu de frais, parce que nos ambitions restent modestes, peu d’argent parce que le public intéressés par ces musiques n’est pas très important quantitativement, mais il nous faut tout de même un minimum de ressources pour fonctionner. Il se peut qu’un jour l’objet disque disparaisse et qu’à vrai dire on n’ait plus rien à vendre. Il faudra alors inventer de nouveaux modèles. De notre côté nous n’en sommes pas encore là.

Vous comprenez peut-être mieux alors la dimension pragmatique du choix des licences Creative Commons non-commercial dans notre cas : autoriser quiconque a priori à faire un usage commercial de nos oeuvres, c’est risquer de perdre une source financière, fut-elle modeste. Quand un artiste s’engage avec un label en ayant choisi cette licence libre non-commercial, il autorise le label à faire un usage commercial de son oeuvre, mais c’est le résultat d’une négociation entre l’auteur et le label, et il attend évidemment du label une contrepartie : que celui-ci fasse son possible pour promouvoir son oeuvre et l’amener jusqu’au public susceptible de l’apprécier. C’est une situation classique de contrat entre deux parties, lesquelles doivent parvenir au final à une situation convenable (et comme la plupart des labels associatifs que je connais sont dirigés par des personnes qui sont aussi artistes, ou qui entretiennent des relations d’amitié forte avec eux, on peut dire que nous cherchons à obtenir non seulement une situation qui intéresse les deux parties, mais aussi une situation équitable, ce qui, je le reconnais, relève de l’éthique).

Ce choix me paraît d’autant plus pertinent qu’en ce qui nous concerne, il est prévisible que, dans les mois qui viennent, quelques albums rencontrent un réel succès critique et public, bien supérieur à celui qu’ont pu rencontrer les disques publiés sous Creative Commons jusqu’à présent [15]. Et je crois aussi que le succès d’un disque publié sous une licence libre ferait beaucoup pour la popularité de ces licences et leur prise en compte par les institutions du droit et de la culture, et par les médias [16].

Adopter une licence non-commercial ne signifie absolument pas que nous tenions pour absurde les licences qui au contraire autorisent d’emblée le profit commercial pour quiconque le souhaiterait (c’est-à-dire n’importe qui). Les tenants de la licence Art Libre par exemple développent à ce sujet une argumentation pragmatique qui n’est pas sans valeur, en mettant en avant le fait que le commerçant devrait de toutes façons, pour avoir le droit d’utiliser l’oeuvre couverte par cette licence, préciser clairement le nom de l’auteur original et les clauses juridiques qui accompagnent l’oeuvre : il serait donc bien forcé de faire la promotion de l’artiste et de la licence Art Libre, fusse-ce à son corps défendant. Nous verrons bien si cette solution s’avère pertinente le jour où une oeuvre sous licence Art Libre fera l’objet d’une sortie sur une Major, ou d’une illustration musicale pour un clip publicitaire.

Conclusion : Il faut enterrer la hache de guerre

Plutôt que d’envisager comme il est habituellement l’usage, les licences libres du point de vue des juristes, plutôt que de partir d’un point de vue idéologique, lequel s’articulerait sur la liberté comme valeur, plutôt que d’inscrire le cours de mes réflexions en amont des préoccupations propres aux utilisateurs des logiciels libres ou open source, j’ai souhaité simplement me placer du point de vue de ceux qui, comme moi, adoptent la licence Creative Commons nc nd. L’avantage, à mon sens, de la collection de licences Creative Commons, quand bien même je reste sceptique en étudiant certaines versions proposées par les amis de Lawrence Lessig [17], c’est qu’elles placent l’auteur en position de responsabilité vis-à-vis de la manière dont il souhaite divulguer son oeuvre. Il lui est enfin possible de disposer d’alternatives valables aux solutions traditionnelles (en premier lieu : l’inscription à une société de gestion collective des droits d’auteur).

Sans nul doute, les Creative Commons sont dans l’air du temps et consacrent le sujet, « libre de son choix », plutôt que la communauté, dont les membres seraient soudés par « le choix du Libre » - expression dont se réclament les tenants de la licence Art Libre. On peut regretter l’absence de vision politique d’envergure qu’entraînerait la diversification un peu chaotique des licences Creative Commons.

Mais on peut aussi se méfier des mouvements qui se réclament de la Liberté - avec un grand L - sans jamais expliquer en quoi consiste exactement la liberté dont on se prétend avec tant de solennité. Qu’il y ait des défenseurs de la Liberté avec un grand L, je m’en réjouis sincèrement, et j’ai plaisir à ces joutes oratoires où les idées se font et se défont, initiant peut-être les grandes modifications du paysage artistique de demain. Mais je crains qu’en s’en prenant à ceux qui choisissent les licences Creative Commons nc nd, on ne se trompe d’ennemis.

Pour preuve, et à titre de piqure de rappel, le texte suivant publié récemment sur le site du CISAC (Confédération Internationale des Sociétés d’Auteurs et de Compositeurs) : je vous en cite un bref extrait :

Le magazine américain Forbes remarque que Lessig (le créateur des Creative Commons) n’est pas vraiment un ami des créateurs. Ses attaques contre le droit d’auteur sont surtout bénéfiques à une bande de resquilleurs qui prétend que copier c’est créer parce qu’ils ne savent rien créer sans réutiliser telles quelles des oeuvres protégées par le droit d’auteur.

Comme le souligne E. Pike, les partisans de ces licences sont en général soit des amateurs qui ne souhaitent pas à long terme vivre de leur création soit des artistes mondialement connus qui font cadeau de leur travail au public. Pour l’immense majorité des créateurs, les licences proposées par Creative Commons, bien que séduisantes en apparence n’ont aucun intérêt et ne sont en fin de compte qu’une menace pour leurs droits fondamentaux à une protection, à une diffusion et à une rémunération convenables de leurs oeuvres.

S’il y a un effort d’explication à faire et une lutte à mener, je crois qu’ils devraient être plutôt dirigés contre ceux qui écrivent ces lignes ou défendent ce genre de position, plutôt que de se prendre aux artistes qui, en choisissant une licence libre choisisse au moins d’autoriser a priori la copie et la diffusion de leurs oeuvres et ce pour l’humanité toute entière.

Dana Hilliot, 2 septembre 2005.

Ce texte est publié sous une licence Creative Commons nc nd 2.0 dont le contenu est lisible à cette adresse.

[1] http://creativecommons.org/licenses...

[2] Pour plus de détails concernant ces analyses, je vous renvoie aux développements de mon bref essai : de la dissémination de la musique http://www.another-record.com/textes/

[3] http://www.another-record.com

[4] Quelques projets online sont toutefois sortis sous une licence CC nc sampling plus (voir notre page : http://www.another-record.com/sitev...), mais je ne d’etaillerais pas ici les raisons de ce choix

[5] Nombre de ces structures sont présentés sur le portail music for sensitive people, que j’ai créé il y a quelques mois : http://www.music-for-sensitive-people.tk

[6] http://www.musique-libre.org/static...

[7] Je vous renvoie par exemple aux interviews qui ont été réalisées à la fin de mon essai sur la dissémination de la musique : http://www.anotherrecord.com/textes...

[8] http://www.hinah.com

[9] Par exemple : songs to the siren : http://www.another-record.com/wordpress/, david f. present :)

[10] Voir aussi : http://www.culturelibre.net

[11] http://www.cersa.org

[12] ... lequel est disponible sous une licence CC nc sample plus

[13] Certains comme SZ proposent d’ailleurs ces matériaux bruts aux autres musiciens afin qu’ils en fassent usage : http://www.another-record.com/sitev...

[14] Texte repris sur musique-libre.org (lien cité infra)

[15] Je pense par exemple au prochain album de l’artiste belge Half Asleep qui sort chez Unique records, ou encore au second album de The Wedding Soundtrack chez Another Record ou au premier opus de Hoepffner chez Travelling music, tous sous licence Creative Commons nc nd

[16] Nous militerons certainement en ce sens dans la période qui s’annonce, et croyez-moi, cela risque de faire du bruit car il n’est si courant que des artistes ayant quelque notoriété propose la libre circulation, diffusion et copie de leur musique.

[17] Un des initiateurs des licences Creative Commons

Commentaires

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Bref éloge de la licence Creative Commons nc nd , le 25 novembre 2006 (1 rép.)

Je ne suis pas d’accord avec cet article.

L’expression Libre dans le logiciel, s’en rapporte au droit d’auteur.

Pourquoi devrait-on faire une différence entre le monde logiciel libre et l’art libre ?

Lart libre c’est avant tout un postulat pour une culture équitable, partageable par tous.

Pour moi une CC nc nd ne différencie en rien d’une oeuvre Sacem auquel l’auteur aurait demandé, dans son contrat sacem, une exception sur le web.

Dire que cc nc nd est équivalent de libre et une notion malhonnête.

Les 4 piliers du copyleft sont semblables tant au niveau de l’art qu’au niveau du logiciel.

Seul la notion de source n’est pas commune, car le métier n’est pas 100% identique.

Bref éloge de la licence Creative Commons nc nd , le 7 décembre 2006 par Roger

vous ! vous avez pas lu l’article en entier, vous devriez le relire comme il faut ! sous Firefox faites Control avec la touche + et vous verrez c’est plus agréable et plus lisible ! Bonne lecture

Répondre à ce message

Bref éloge de la licence Creative Commons nc nd , le 21 mars 2006 par M1N05 (a.k.a 4L3X) (1 rép.)

Je pense que c’est une vision très juste du libre : Un programme sous GPL, c’est légitime de refuser qu’on se réapproprie le travail pour baser une application non libre dessus. Mais c’est intéressant pour tout le monde que d’autres programmeurs apportent leur brique à l’édifice. Libre viral=GPL.

Une chanson (la musique), c’est un tout, et le coté artistique de la chose a un coté beucoup plus personel, et lié à l’auteur. La réutilisation de l’oeuvre se fait alors en accord avec l’artiste. Si on veut faire quelquechose de complétement différent de l’original, ça devient une oeuvre originale et point. Il n’y a plus de rapport avec la source (c’est juste une inspiration).
—  Le mot de la fin : Un programme, on peut le voir comme des briques pour une maison réelle. Les plans vous plaisent ? Reprenez les en respectant les auteurs (gardant leur philo GPL).

La musique ce n’est pas assimilable à un objet. Une idée, qu’on signe avec sa licence CC. Elle reste liée à son auteur directement. Librement diffusable, pas librement modifiable, librement digérable (alors ça donne une nouvelle oeuvre).

Bref éloge de la licence Creative Commons nc nd , le 22 mars 2006

...Si on veut faire quelquechose de complétement différent de l’original, ça devient une oeuvre originale et point...

Et bien non : le "grey album" (tres bon en passant) a ete interdit :

reutilisation par DJ Danger Mouse du "white album" des Beatles et du "Black album de Jay-Z

Pour plus de detail :

http://www.illegal-art.org/audio/grey.html

Répondre à ce message

L’incompréhension musiciens - informaticiens. , le 7 octobre 2005 par Un_informaticien (4 rép.)

Cet article et les commentaires qui ont suivi illustrent, selon moi, l’incompréhension qui surgit entre informaticiens et artistes.

Un programme est une création de l’esprit, mais il se distingue des autres créations de l’esprit, comme les oeuvres d’arts, les livre, les morceaux de musique, par de nombreux aspects.

L’un de ces aspects, c’est que le programme a une (ou plusieurs) fonction(s). S’il ne la remplit plus, le programme est inutile.

À cause de la difficulté inhérente de la programmation, les programmes ont tous des bugs, qu’il faudra sans cesse corriger, sous peine de ne plus remplir la fonction. Donc, un programme se modifie constamment, il n’y a que très peu de programmes figés.

Autre caractéristique : un programme se périme. Du code d’il y a 10 ans est presqu’impossible à exécuter correctement sur un PC moderne.

Donc, il est absolument vital, pour l’utilisateur du programme, d’avoir accès au code source, et de pouvoir le modifier selon ses besoins. C’est le seul moyen de garantir un programme perenne et sans erreurs trop graves. La liberté au sens de la GPL, c’est un besoin absolu de l’utilisateur pour survivre avec son informatique !

Les autres oeuvres de l’esprit ne souffrent pas de ces contraintes imposées aux programmes. Prenons l’exemple de la musique, matérialisée par un artiste créant un morceau en MP3.

À la différence des programmes, les MP3s crées il y a 10 ou 15 ans sont encore parfaitement lisibles de nos jours, et le seront (on l’espère) toujours. Ils sont perennes !

La grosse majorité des oeuvres n’ont pas de fonction utilitaire dans le même sens que les programmes. La principale fonction des oeuvre, c’est de faire plaisir : communiquer une émotion, faire passer un bon moment au spectateur, etc...

Autre différence de taille : le même code source est censé toujours générer le même programme. Pour une même partition de musique, l’interprétation peut varier énormément. Mozart interprété par Karajan, ce n’est pas la même oeuvre que Mozart interprété par La Chorale des Gais Lurons de Perpète-les-Oies.

Enfin, le rapport entre l’artiste et sa musique est complètement différent de celle entre le programmeur et son programme. La part d’émotion y est beaucoup plus grande. Alors que pour un programmeur, voir son programme détourné de son but initial n’est, en général, pas un problème. C’est la fonction utilitaire du programme qui en est principalement la cause : les programmeurs créent même des bibliothèques, qui sont des assemblages de modules, afin que n’importe qui puisse utiliser optimaleent leur code, pour n’importe quel but.

Pour son créateur, l’oeuvre est aussi un aboutissement. Il n’y a pas de bugs, pas d’erreurs. Une fois finie, l’oeuvre peut être considérée comme parfaite. Je ne rentrerais pas dans les détails philosophiques de la perfection : l’oeuvre est achevée, comparée au programme qui sera toujours inachevé.

En résumé, les informaticiens et les artistes (musiciens, écrivains, etc...) n’ont absolument pas les mêmes besoins concernant la diffusion de leurs oeuvres.

Si un artiste juge son oeuvre incomplète, et qu’il pense qu’il soit bien que d’autres la reprennent, modifient, etc... à leur gré, alors oui, une licence du type GPL est adaptée.

Sinon, si l’artiste considère son oeuvre - son bébé - comme achevée, qui représente la part de Moi qu’il voulait exprimer, alors je comprends qu’une licence CC nc nd soit le plus adapté.

> L’incompréhension auteurs - informaticiens. , le 8 octobre 2005 par AlexandreS

On pourrait présenter les mêmes arguments pour des écrivains, dessinateurs.

Bien sûr que l’auteur a une totale liberté de décider les droits sous lesquels il publie son travail.

Le seul problème vient du fait que des licences CC nc nd ne sont pas vraiments libres d’utilisation, elles sont simplement diffusables sous certaines circonstances (cad sans intérêt commercial).

Ce genre de licences empêche par exemple leur utilisation dans des initiatives comme wikipedia, vu que le contenu de wikipedia doit pouvoir être diffusable commercialment.

Sinon comment faire imprimer les textes/dessins de wikipédia ? Imprimer coûte de l’argent. Si on doit faire payer pour récupérer l’investissement, le processus devient commercial et est donc interdit. Si wikipédai acceptait des textes CC nc, elle ne pourrait jamais être imprimée. Même chose si on veut envoyer des DVDs dans des régions où internet serait inaccéssible.

Donc pas mal d’initiatives vraiment innovantes demandent des lincences d’utilisation vraiment libres.

Encore une fois ceci ne veut pas dire qu’on critique les artistes qui choisissent la CC nc nd, c’est leur droit. Mais ils doivent être conscients qu’avec cette licence ils excluent une contribution à des initiatives comme wikipedia (qui n’est qu’un exemple, on pourrait imaginer d’autres).

De plus dans le cas des morceaux musicaux il existe des tas de possibilités de collaboration créative qui peuvent ainsi être encouragées. Chico Buarque avait bien publié des morceaux avec la licence CC remix qui permet justement l’utilisation de morceaux pour des remix faits par d’autres artistes.

Je ne veux pas empêcher les artistes de maintenir le contrôle sur leur "bébé parfait", mais peut être pourraient ils ne pas utiliser exclusivement cette licence, et être plus conscients des possibilités qu’offrent des licences plus libres.

> L’incompréhension musiciens - informaticiens. , le 9 octobre 2005 par dana

merci beaucoup pour ces distinctions éclairantes monsiuer "un-informaticien" :)

vous écrivez :

Si un artiste juge son oeuvre incomplète, et qu’il pense qu’il soit bien que d’autres la reprennent, modifient, etc... à leur gré, alors oui, une licence du type GPL est adaptée.

c’est évidemment une possibilité que nous exploitons d’ailleurs sur le label dont je m’occupe (cf sur http://www.another-record.com la page consacrée aux projets "sounds for the eye", où les oeuvres sont sous licence CC sampling plus)

je ne suis pas sur cela dit que le critère de l’achèvement d’une oeuvre soit le critère déterminant pour l’adoption d’une licence particulière. je vous renvoie à ce sujet aux pages que j’ai écrites ici : http://www.another-record.com/textes/dissemination/dissemination2.pdf notamment pages 28-30

> L’incompréhension musiciens - informaticiens. , le 15 octobre 2005 par Mushroom

merci beaucoup pour ces distinctions éclairantes monsieur "un-informaticien" :)

En même temps elles reposent sur des conceptions de l’art discutables (comme du reste toutes les conceptions de l’art de ma connaissance).

Je peux parfaitement poser les postulats inverses en partant non pas de l’auteur mais du public et soutenir que l’oeuvre est achevée une fois seulement qu’elle est reçue par un public (car quel sens aurait une oeuvre que personne ne verrait jamais ? ), puis conclure qu’on a pas le droit d’aliéner au public sa part d’activité et que d’ailleurs l’oeuvre est en définitive plus au public qu’à l’auteur, et ainsi de suite...

Plutôt que se demander ce qu’est l’art, peut-être vaudrait-il mieux se pencher sur ce qu’est une licence. Je pense qu’on peut accorder que quelque soit sont contenu elle sert à donner à organiser une relation autour de l’oeuvre qu’elle couvre (au sens large, sans présumer de sa qualité ni de son « artisticité »), partant à placer chacun par rapport à elle. Et si on admet cela, alors il faut s’interroger sur le sens des clauses de défiance, sur la morale qui sous-tend la propriété (le texte fait une allusion au XVIIIème siècle, tiens-donc, on pourrait donner une perspective historique à une chose aussi évidente pour ne pas dire naturelle que la propriété ? ) sur ce qu’on entend faire en libérant une oeuvre, etc...

Commencez peut-être par vous demander en préalable ce qu’est le public et dans quelle mesure vous pouvez vous passer de lui. Si cela n’aboutit pas, au moins on aura laissé pour un temps le traditionnel et stéril questionnement "moi, artiste propriétaire plénipotent je veux, je ne veux pas" pour quelque chose d’à mon humble avis plus ouvert et plus riche "qui es-tu toi et quel sens a donc ce que moi je fais par rapport à toi ?"

L’incompréhension musiciens - informaticiens. , le 7 juin 2006 par Bartholomeus

"Sinon comment faire imprimer les textes/dessins de wikipédia ? Imprimer coûte de l’argent. Si on doit faire payer pour récupérer l’investissement, le processus devient commercial et est donc interdit. Si wikipédai acceptait des textes CC nc, elle ne pourrait jamais être imprimée. Même chose si on veut envoyer des DVDs dans des régions où internet serait inaccéssible."

Bonjour, Je suis photographe et j’ai placé mes photos sous license Creative Commons nc. Je suis contre l’utilisation d’une de mes photos dans une publicité par contre si quelqu’un veut en ultiliser une pour l’illustration d’un article Wikipédia, je donne mon autorisation avec plaisir, suffit de demander. Personnellement je ne comprends tout ce foin fait autour de cette license. Certains pensent meme que les artistes utilisant cette license cherchent a profiter de la publicité du libre alors qu’a mon sens il s’agit simplement de dire d’avance : "tu veux copier cette photo, cette musique ? Et bien sache que tu as mon autorisation pour le faire. Quoi tu veux modifier une de mes photos pour l’inserer dans un collage ? Vas y mon gars, je n’y vois aucun inconvéniant".

Où est le probleme ?

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Bref éloge de la licence IANG , le 22 septembre 2005 par PoGo (4 rép.)

Entre les deux conceptions de la liberté qui s’opposent ici, est-il permis de revendiquer une 3e option ? Car quelle liberté, ou plus précisément la liberté de qui, défendent les licences dites libres d’un côté et celles dites non-commerciales de l’autre ?

D’un point de vue économique, les licences dites libres (que ce soit GPL, LAL, ou les CC sans clause NC) sous couvert d’universalisme et de non-discrimination, protègent en fait la liberté du seul distributeur, de fixer le prix qu’il veut à la création selon le « libre » jeu du marché, c’est-à-dire concrètement de faire payer l’acheteur sans payer l’auteur.

D’un autre côté, les licences NC défendent la liberté du créateur de fixer le prix de son travail, ce qui peut paraître légitime d’un point de vue marchand... Mais l’acte marchand est-il vraiment un « libre » échange ? N’est-ce pas plutôt un rapport de force, entre le pouvoir d’achat et la force de vente ? Que pèse le pouvoir de négociation de l’artiste isolé face à la major ?

En passant, si on considère la création en général et pas seulement le domaine artistique, on peut aussi questionner cette liberté, ou plutôt ce pouvoir de fixer un prix, par exemple s’agissant d’un brevet de médicament...

Finalement, d’un côté ou de l’autre, où est la liberté du public ? Dans le choix entre télécharger une copie gratuite ou acheter une copie à un certain prix ? N’est-il pas déjà conditionné par le système marchand pour faire un choix à son avantage ? Et s’il a quand même la volonté de payer le créateur, mais dispose d’un budget trop limité par rapport au prix fixé ? Et s’il veut au contraire payer plus pour soutenir l’artiste qu’il aime ? Du point de vue de celui qui paye, la liberté c’est le prix libre. Mais cela ne suffit pas. Pour que la liberté soit réelle, il faut non seulement savoir où va l’argent (ouvrir les comptes, pas seulement les codes-sources) mais aussi pouvoir décider où il va, c’est-à-dire avoir une voix dans sa gestion (comme dans toute association ou coopérative digne de ce nom).

Qu’elles autorisent le commerce illimité, ou qu’elles l’interdisent a priori, les licences précitées ont un point commun : elles font l’impasse sur la définition de ce qu’est la liberté ou de l’équité de ce commerce. Une autre licence existe, qui a fait le choix de ne pas dissocier la création et son économie, et de baser les deux sur une seule et même valeur : le don.

Cette licence a pour nom IANG, et se trouve à http://iang.info/fr/license.html

-----> IANG

> Bref éloge de la licence IANG , le 23 septembre 2005 par dana h

pogo j’ai lu le règlement de cette licence IANG je t’avoue que beaucoup de choses m’échappent.. qu’est-ce qu’un projet économique ? C’est à partir du moment où il y a commercialisation ? ou est la définition de "la liberté de ce commerce" dans le texte de la licence ? ce qui serait bien, ce serait que tu nous donnes un exemple concret d’application de cette licence. Si tu ne veux pas le faire ici, n’hésite pas à me mailer directement, je suis curieux..

> Bref éloge de la licence IANG , le 23 septembre 2005 par PoGo

Dana, merci de ta curiosité pour IANG. Je vais essayer de te donner des explications ici afin que d’autres en profitent, mais tu peux bien sûr m’écrire (pogo arobase iang point info) pour plus de précisions. Il est vrai qu’on n’a pas encore de résumé explicatif ni de bande dessinée à la façon des Creative Commons (on n’a pas non plus leurs millions de subvention...).

Le projet économique, comme tu l’as deviné, existe à partir du moment où il y a commercialisation de la création. Comme la définition du caractère commercial ou non est assez floue dans la loi, la licence précise que cela s’applique y compris si la création est incluse gratuitement dans un produit ou service payant, par exemple un CD distribué « gratuitement » dans un magazine ou à un concert payant (y compris si l’entrée est à prix libre).

La liberté, ou plus exactement l’équité de ce commerce, est définie à l’article 5 de la licence, et pourrait se résumer ainsi : toute personne qui participe au financement de la création doit pouvoir non seulement connaître, mais aussi décider l’usage qui sera fait de son financement. Prenons par exemple ton label Another Record, supposons qu’il organise un concert (à prix libre ou fixe, peu importe) d’artistes sous licence IANG. Cela impliquerait d’une part que Another Record publie ses comptes, par exemple sur le site web de l’association, et que le public soit informé de l’adresse de ce site. D’autre part, chaque personne ayant payé son entrée au concert, ou bien acheté un CD, aura aussi le droit de participer à l’assemblée générale de l’association, et de voter sur les décisions économiques du label, par exemple la répartition des bénéfices, le financement d’enregistrements ou de fanzines, etc. Par contre, il n’aura aucune voix sur les décisions créatives (ce que IANG appelle Projet Créatif) qui concernent les seuls auteurs, par exemple le choix du studio d’enregistrement, des arrangements et musiciens, etc.

Voilà, j’espère que c’est un peu plus clair (sinon n’hésite pas) et que tu pourras bientôt proposer un autre choix de licence aux artistes de ton label ;-)

> Bref éloge de la licence IANG , le 23 septembre 2005 par dana h

hum hum en fait c’est un peu comme ça que devrait fonctionner une asso loi 1901 l’Assemblée générale devrait être ouverte à tous, les comptes accessibles, etc.. et j’aime bien cette idée que l’achat d’un disque soit compris comme participation financière à l’activité. C’est tout à fait ça. D’ailleurs, quand on nous achête un disque, on remercie toujours en disant : grâce à vous on pourra sortir l’album de machin etc... sur l’idée de publier nos comptes, j’avoue qu’on le fait sans aucun problème sur demande (enfin quand ils sont à jour :) et ça me parait une belle idée

là où je suis sceptique c’est sur la possibilité pour le public de participer aux choix budgétaires de l’asso. Chez nous les choix budgétaires sont aussi et même toujours des choix artistiques. (on ne redistribue pas de bénéfices puiqu’on ne fait pas de bénéfices, on est une asso loi 1901 à but non lucratif :) Déjà, on a des discussions serrées sur des sujets tels que : est-ce que ça vaut le coup de claquer 200 euros pour achter 1000 badges (je déteste les produits dérivés :) ça risque de devenir un sacré bordel si les 100 personnes qui ont acheté un de nos scud cette année souhaitent investir 200 euros pour des badges, alors que par exemple, moi j’aurais pas envie. Je leur laisse les clés et les milliers d’heures de boulot passées sur le label avec.

Tu vois ce que je veux dire ?

> Bref éloge de la licence IANG , le 26 septembre 2005 par PoGo

Je vois ce que tu veux dire. Je sais combien cela peut être frustrant d’avoir à défendre les idées et projets auxquels on croit (j’en fais l’expérience) sans gagner l’adhésion populaire ou même en luttant contre l’opinion majoritaire de ses associés. Il serait tellement plus simple d’être le patron, avec une équipe à ses ordres et un banquier qui allonge la thune sans poser de question... Mais la question que pose IANG est celle de la démocratie. Beaucoup sur ce site prêchent la liberté (ou plutôt « le » libre, comme on dit « le » politique au masculin, pour faire plus noble) mais combien sont prêts à en accepter la dimension collective ? De nombreux projets dits libres fonctionnent en réalité sur un mode hiérarchique voire autocratique. Quelle est cette liberté à sens unique où les contributeurs participent au travail, mais pas aux décisions ?

Tu admettras, je pense, que tous ceux qui donnent de leur temps à un projet qui se revendique libre, puissent aussi donner leur avis sur les orientations de ce projet. Alors pourquoi ne pas accepter également que ceux qui donnent de leur argent puissent aussi avoir leur mot à dire sur son usage ? En diffusant ton travail sous une licence libre, tu laisse déjà le choix au public de payer ou non. Crois-tu que ceux qui choisissent de payer pour ce qu’ils pourraient avoir gratis seront les moins motivés pour défendre les artistes ? Tu sembles te méfier des 100 personnes ayant acheté un CD, mais n’y en a-t-il pas 10.000 qui ne l’ont pas acheté ? Et sur ces 100 personnes, si 2 ou 3 sont suffisamment motivées pour participer aux débats des AG, crois-tu que ce sera pour investir massivement dans le merchandising ? AMA il y a moins à craindre du « sacré bordel » du public, que de son manque de soutien. Et comment le motiver à participer au développement du projet, si ce n’est en le considérant non pas comme un bête client mais comme un acteur ? Après tout, ta démarche n’est-elle pas aussi celle d’un mélomane qui veut soutenir des artistes ?

Car quelles sont les alternatives au contrôle du budget par les donateurs ? La gestion par les auteurs ne finit-elle pas toujours par être dominée par les appétits les plus gourmands ? Il n’y a qu’à voir par exemple la SACEM où ceux qui gagnent plus de 27.000€ par an ont 15 voix de plus que les autres à l’AG. Et je ne pense pas que les petites structures soient épargnées par les conflits de pouvoir. Faut-il préférer le producteur qui décide de tout, y compris de la coupe de cheveux du chanteur ? Faut-il compter sur les subventions de politiciens qui aideront en priorité leurs amis ou les vedettes déjà établies ? Faut-il revenir au mécénat et plaire à de riches personnages ? Non, je comprends ton souci d’indépendance, mais à moins d’être millionnaire, tu seras toujours économiquement dépendant du public.

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Qui peut définir un art libre ?. , le 20 septembre 2005 par yapacpuca (0 rép.)

En lisant l’article sur cet article sur la licence Creative Commons nc nd j’ai compris qu’effectivement il y a un problème si on la compare avec les licences des logiciels libres. En tant que supporter des licences libres je ne peux pas être d’accord avec cette licence. Mais je me plante lourdement car si la licence GPL est aussi "restrictive" sur les logiciels c’est pour garantir la liberté d’utilisation du logiciel et par la même une libre circulation de l’information. Mais un logiciel n’est pas qu’une création pour le plaisir d’être vu (quoique pour certains.. :) ), il a aussi une certaine fonctionnalité.

Avant de savoir si la licence Creative Common nc nd est valide ou non il faut se demander quel liberté une telle licence doit garantir aux bénéficiaires et quelle garantie elle doit apporter aux createurs. Ma foi il est fort possible que l’option nc nd soit cohérente avec cette recherche de liberté pour une création artistique alors que je suis en total désaccord pour son utilisation dans le cas des logiciels libres.

Bref bonne chance.

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> Et si on parlait d’art équitable ? , le 8 septembre 2005 par kaneda_aka_tetsuoka (12 rép.)

Merci, Dana... Merci pour ce texte qui rafraichit grandement. Merci de réhabiliter notre univers...

On se trompe en fait de problème. En voulant libérer la musique, on a bien souvent oublié que tous les artistes n’ont pas les dents longues, que tous les artistes ne sont pas les majors, que tous les artistes ne sont pas forcément au courant de tout cela et qu’une partie subit le système.

Je fais de la musique depuis plus de dix ans avec des périodes fastes, d’autres moins. J’ai toujours refusé la SACEM, ce qui m’a valu de rater quelques belles rentrées financières qui auraient pu m’aider dans la vie, parce qu’il a fallu renoncer à tel ou tel projet que l’on m’avait proposé. Parfois je considère certains artistes et me dis que je pourrais être à leur place, mais je ne le regrette pas. J’ai toujours fait ce que j’ai voulu, travailler avec les gens qui me plaisaient et pu créer un univers où seul la musique compte. Je me suis fait voler un titre parce que pas inscrit à la SACEM. Celui qui l’a fait a réussi de manière internationale, pas moi, en tous cas pas pour l’instant. Mais je n’en ai cure, parce que je n’ai rien volé et j’y crois encore. J’essaie de faire de la musique honnêtement, sans prendre le public pour des cons. On m’a déjà proposé des danses de l’été. Ca a été non. On m’a proposé de produire de la soupe pour les discothèques. Ca a été non. Moins de gloire, moins d’argent, pas forcément moins de talent mais ça c’est le public qui décide, mais je suis quand même heureux, heureux de pouvoir partager mes productions, mon univers avec d’autres, et cela depuis la création des licences de manière légale, en étant protégé. Dernièrement, je laissais des CDs dans la rue au hasard de mes balades...

Protégé pourquoi ? Parce que cet univers, j’ai mis 10 ans à le créer, alors je n’aimerais pas qu’on le dénature. Parfois je m’affranchis de cette clause non-dérivative parce que ce morceau là, j’ai envie que d’autres prennent autant de plaisir que moi à remixer. Parfois j’ai tant peiné, tant mis de sentiments et d’émotions que je n’ai pas envie qu’on change le sens de ma mélodie ou de mes paroles, parce que j’ai ri, souri en le faisant ou bien pleuré parce qu’il exprime un moment pas franchement heureux de mon existence. Je n’ai pas envie qu’on le dénature.

Une simple anecdote : en 1996, un groupe allemand me demande un remix. Pourquoi pas ? Je reçois leur démo, écoute, trouve ça sympa mais je ne comprends rien aux paroles. Parce que j’aime bien comprendre leur univers avant de plaquer le mien, je demande à une amie la traduction. C’est un groupe néo-nazi... Refus direct ! Revenons à nos jours. Et s’il prenait l’envie à un groupe de ce genre de remixer un de mes titres ? Cela sort ensuite sur une compilation, genre best of SS... Et moi dans tout ça ? Imaginez l’impact ne serait-ce que psychologique... puis politique... puis social... puis judiciaire...

Et puis je suis curieux. J’aime bien savoir qui fait quoi avec ma musique, pas pour contrôler, mais souvent pour être surpris parfois en mal mais trés souvent en bien. Je lâche parfois des banques de samples, de boucles. Amusez-vous...

Et si ça démange vraiment un artiste, la clause ND n’est pas un mur. Il n’y a qu’à demander...

Clause non-commerciale... Si j’avais eu cette clause en 1995, ce serait peut-être moi qui aurait fait un tube électro à l’époque. Plus jamais ça... Là encore pas de mur. On peut toujours en discuter. Rencontrer des gens sincères, honnêtes, mélomanes... Des amoureux de la musique. De même, avec la commercialisation croissante de tout et n’importe quoi, on assiste à des paradoxes particulièrement interrogeants. Par exemple, podium NRJ à Lille, les Clash tournent en boucle... Vous connaissez l’univers des Clash, leur engagement politique ? Moi, ça me dérange... Autre exemple : pub à la télé pour je ne sais plus quelle société avec pour musique Imagine de Lennon. Il doit se retourner dans sa tombe. Je n’ai pas envie de me retourner dans la mienne...

Et puis il y a l’argent. On crache beaucoup sur l’argent. Et moi aussi je le fais mais dans certaines mesures, quand il devient plus que superflu... Mais composer, cela me demande du temps. Et pendant ce temps il faut bien que je me finance. Je ne peux pas laisser traîner des CDs dans la rue sans avoir acheter le support, fabriqué les pochettes... Alors il faut bien que je vive un peu de ce que je fais. La musique est un art. On parle aussi d’art culinaire qui se paye parce qu’on a échangé notre argent contre quelque chose de solide, qui se voit... Idem pour un tableau... La musique, hormis son support, est immatérielle. Alors pourquoi payer pour quelque chose d’immatériel ??? C’est bien souvent la question que l’on pourrait se poser, surtout quand on voit que dans beaucoup de cas cet argent retombe dans les mains de ceux qui vous feront bouffer encore plus de choses insipides fabriquées en six semaines et validées chaque samedi par les votes des téléspectateurs par exemple. On vous prend pour des consommateurs et rien d’autre. Allez, crachez ! Ouvrez vos portefeuilles... Ce que vous pensez, on s’en fout. On veut programmer du temps libre dans vos cerveaux. Voilà ce qu’ils se disent. Voilà ce que j’ai pu entendre dans certains studios où le public était pris pour de la merde.

Avec nos pauvres clauses NCND, on est simplement des artistes qui avons envie de partager avec vous, de vous donner la liberté de nous écouter et peut-être de vous donner la pêche un instant, quelques minutes ou une journée ou plus... Et on fait de vous des mécénes. C’est quand même autre chose que d’être un simple con-sommateur. Vous valez mieux que ça. Sinon on se casserait pas à mettre nos morceaux en ligne ou sur disque. On l’aime bien notre public...

On blague souvent sur le terme artiste, de ceux qui se qualifient d’artiste. L’artiste, c’est simplement comme le dit le dictionnaire celui qui exerce un art libéral. On dirait aujourd’hui que plus personne ne peut se dire artiste. Va-t-on entendre qu’on soit mort et enterré pour s’extasier et dire : c’est un grand artiste ? Que ceux qui en ont envie porte le nom d’artiste... C’est l’émotion qu’ils feront naître par leurs oeuvres qui confirmera leur titre.

Quant à être un artiste "libre", va-t-on tomber dans le travers "maternellique" : "ma licence est plus libre que la tienne" ? Non. Ce n’est pas le mode de diffusion qui fait qu’une chanson représente la liberté. Ce serait faire fi de tout ceux qui ont écrit et composé avant que ne soient créées ces licences. Le chant des partisans est sous copyright par exemple... Nombre d’oeuvres qui ont rythmé l’histoire de la liberté sont sous copyright et il y aura des oeuvres qui parlent de la liberté sous toutes les licences possibles dans l’avenir. Si un marchand de soupe se décide à mettre des morceaux sous licence Creative Commons ou Art Libre, uniquement pour profiter d’un effet de buzz, sera-t-il devenu un représentant de la liberté ? Si, je reprends mon anecdote, si un groupe néo-nazi publie sous licence CC ou LAL... Je ne pose pas la question. J’ai vu des artistes éminents proposer des places de concert à 15 euros, alors que d’autres en offrent à minimum 60 et plus... Si ces derniers étaient sous CC ou LAL, seraient-ils plus respectueux de leur public et de la liberté que les premiers sous copyright ?

Chacun est libre de choisir sa licence. Ne nous trompons pas de procès.

Les mélomanes ne veulent pas être pris pour des imbéciles ou des vaches à lait. Nous, nous ne voulons pas tendre la main ou qu’on dénature notre message. Ca ne vous rappelle rien. Moi, quand j’achéte du chocolat ou d’autres produits comme du café, je fais attention à la marque, au "label". Je ne parle plus depuis longtemps d’art "libre". Et si on parlait d’art équitable ?

> Et si on parlait d’art équitable ? , le 8 septembre 2005

Moi, quand j’achéte du chocolat ou d’autres produits comme du café, je fais attention à la marque, au "label".

S’arrêter au label est une mauvaise idée : 10 objections majeures au commerce "équitable". C’est vrai que c’est aussi la démarche préconisée par Creative Commons : un logo, de jolis vidéoclips, ne pas chercher à réfléchir.

> Et si on parlait d’art équitable ? , le 8 septembre 2005 par kaneda_aka_tetsuoka

Et sortir les phrases de leur contexte, c’est équitable ? On ne s’arrête pas qu’au label. Il faut peut-être lire l’ensemble des choses pour comprendre. Ce n’est de plus qu’une image...

Pfiou...

> Et si on parlait d’art équitable ? , le 8 septembre 2005

Tu as dit que tu achetais des produits labellisés "commerce équitable" parce que tu fais confiance à la marque. J’ai répondu que c’est un bon exemple de confiance naïve. C’est quoi qui te gêne dans cet argument ? Le fait que tu puisses avoir tort ? Que ton analogie entre CC et commerce équitable se retourne contre toi ? Je n’y suis pour rien...

> Et si on parlait d’art équitable ? , le 9 septembre 2005 par kaneda_aka_tetsuoka

Bonjour l’agressivité... J’abandonne. J’aime bien répondre à des interlocuteurs qui signent...

> Et si on parlait d’art équitable ? , le 9 septembre 2005 par ambigus

Merci Dana, Mpop, Ttoine, Kaneda et les autres, c’est réconfortant de voir qu’il y a des gens mesurés sur ce sujet, des artistes ou musiciens qui plus est. Je commençais à trouver cette critique de la CC particulièrement malsaine et agressive, surtout de la part de personnes n’ayant aucune activité artistique (comme si je me permettais de critiquer la CC ou la GPL appliquée au software, sans être moi même dans le software).

Je ne me pose pas en "aaaartissste" mais j’ai une activité "artistique" (une activité créative où j’essaie d’exprimer, de m’exprimer) ; Je rejoins totalement kaneda (qui a l’air lillois comme moi :-) ) sur le fait de se réserver sur l’utilisation commerciale et travaux dérivés d’une production personnelle qui peut représenter beaucoup pour son auteur. L’intitulé de son sujet "art équitable" (sans rebondir sur une polémique sur labels commerciaux pour bobos) me fait penser que les artistes se retrouvent dans une problématique analogue (toutes proportions gardées, c’est une image) aux producteurs de tomates, fruits, café ou autres qui se font sucer le sang par les intermédiaires, et grandes surfaces.

Il faut bien voir que ce panel de licences CC, CopyLeft, LAL etc... sont des instruments... On a le choix... et vouloir imposer un choix est le début du totalitarisme.

Un morceau que j’ai fait, que j’aime beaucoup, dans lequel j’ai mis toutes mes tripes (à mon avis à moi, vous pouvez bien le trouver nul, je m’en fiche :-) ), ben je vais le metttre en CC (by)(nc)(sa je sais pas...), parce que j’aurai passé des heures et des heures à le faire (est ce que les non musiciens se représentent-ils le temps que ça peut prendre de faire un morceau ? un album ? c’est parfois trrrèèès long, chemin semé d’embûches et de doutes). L’argent, je trouve, finalement, n’a pas grand chose à voir là dedans. Par contre, les samples qui auront servi à faire ce morceau, pas de problème, je veux bien les mettre en CC(by), GPL ou domaine public. Parce que des samples, ce sont des outils (même si je peux avoir passé énormement de temps à faire de la prise de son, à les découper, les retraiter), ce sont moins des créations qu’un morceau construit.

J’arrête ici les frais, je ne vais pas répéter ce qui a dèjà été tant dit ici (et bien mieux que par moi) ; déjà que j’ai apporté ma pierre au troll.... (troll de pierre ? :-P ) Simplement, si vous n’êtes pas d’accord, expliquez pourquoi, calmement, posement, comme des adultes, sans agressivité.

> Et si on parlait d’art équitable ? , le 9 septembre 2005 par Perramus

Bonjour,

Parfois j’ai tant peiné, tant mis de sentiments et d’émotions que je n’ai pas envie qu’on change le sens de ma mélodie ou de mes paroles, parce que j’ai ri, souri en le faisant ou bien pleuré parce qu’il exprime un moment pas franchement heureux de mon existence. Je n’ai pas envie qu’on le dénature.

Je comprends l’argument et les illustrations, mais il y a aussi un autre cas à envisager : celui du receveur/modificateur respectueux. Imaginez que quelqu’un aime tellement une de vos oeuvres et se l’approprie tellement qu’il veuille la modifier sans la dénaturer (par rapport à ce qu’il en a reçu), pourquoi lui interdire a priori de le faire ?

Bien sûr, il peut encore vous demander votre avis, mais imaginez que ça ne vous plaise pas et que vous disiez "non", serait-ce juste ? ne peut-il être, même en vous déplaisant, aussi sincère que vous lorsque vous avez publié votre oeuvre ? et même si vous n’aimez pas sur le coup et que vous empêchez cette adaptation, qui vous garantit que dans le futur votre oreille, votre point de vue ne changera pas et que vous regretterez de n’avoir pas autorisé cette adaptation (qui au passage aura pu coûter aussi angoisses sang et eau à son créateur) ?

En fait je crois que tout ça n’est pas au fond un problème de je veux | je ne veux pas, mais un problème de reconnaissance : ce qui compte ce n’est pas tant ce qu’on fait des oeuvres que le lien avec les auteurs. Or pour moi c’est le problème des CC, ND-NC ou pas. Elles visent principalement à protéger le contrat initial et pas assez le lien avec l’auteur. S’il était marqué vous *devez* fournir avec les versions modifiées le moyen de contacter l’auteur et d’accéder à l’original (url et/ou adresse mail), le problème ne se poserait plus vraiment. Toute modification référerait explicitement à son original et permettrait au receveur non seulement de comparer (ce qui bénéficierait à la visibilité de l’original), mais aussi de demander l’avis de l’auteur sur les modifications. Personnellement - et bien que non-artiste quelque soit le sens du terme - c’est cette considération - peut-être erronée, mais mienne en ce moment - qui me fait préférer la fdl aux CC : obligation de fournir le lien stable vers l’original, obligation de faire un historique des modifications opérées. Bref, l’original existe et on sait qui a fait quoi. Et même mieux (par rapport à la Licence Art Libre qui indique aussi la première obligation sus-mentionnée) : on peut mettre des sections entières en verbatim (texte inaltérable qui doit être présent dans toute copie modifiée ou pas) pour que l’esprit dans lequel on a fait la chose demeure connu (vous pouvez forcer des gros éditeurs à publier un texte anti-gros-éditeurs par exemple).

Peut-être que si on en arrive à des solutions pas très heureuse (de mon point de vue) comme les clauses ND-NC, ce n’est pas aux artistes qu’il faut s’en prendre, mais plutôt à l’imperfection des licences. On pourrait imaginer un fichier texte verbatim par exemple qui devrait être diffusé avec tout ou partie de l’oeuvre, modifiée ou non, et donnerait à l’auteur une voix dans tout ça, car après tout l’art avant d’être un commerce est un message, non ? et le tout est qu’il soit diffusé tout en respectant l’auteur...

De mon point de vue- si j’avais à trancher la question - je dirais que les licences CC-BY-ND-NC sont libres puisque leurs fondements en l’état actuel des choses sont une véritable libération (au passage je suis surpris de voir certains tenants du Libre se comporter comme si "libre" était une marque déposée) mais timide, et que cette timidité est compréhensible mais - du moins je le crois et l’espère - pas indépassable. En attendant je salue - pour ce que vaut mon salut - l’initiative et j’espère que vous aurez à terme de plus grandes envies et de meilleurs outils de libération. :)

> Et si on parlait d’art équitable ? , le 9 septembre 2005 par kaneda_aka_tetsuoka

Je comprends ton argument pour le refus. C’est vrai qu’il y a des risques d’erreurs comme partout. En ce qui me concerne, j’ai toujours été dans l emilieu électro où le remix tient une place assez importante et même affective. En fait, avant qu’on parle de licences, on se faisait plaisir. Le remix était une sorte de cadeau que l’on faisait à un artiste parce qu’on appréciait son approche, parce que c’est un ami. J’ai parfois reçu des démos, écouté puis aussitôt proposé un remix ou une collaboration parce qu’il y avait eu une "connection". Le remix, c’est aussi une marque de respect. C’est pour ça aussi qu’il peut y avoir une préservation des oeuvres. Il faut donc être extrêment vigilant si l’on décide d’appliquer la clause ND à une oeuvre et ne pas mélanger ça avec des questions d’ego. Sans vouloir être pessimiste, quand on examine la société, on a forcément peur d’être dénaturé et entraîné vers ce qu’on ne soutient pas. Ouvrir son espace culturel et artistique à des inconnus parfois coule de source, d’autres fois n’est pas souhaité, bien que je vois par exemple dans mon entourage ces mêmes morceaux tourner dans notre entourage, être samplés, revisités, remixés, mais c’est une autre dimension...

J’approuve complétement ton point de vue sur la "jeunesse" des licences et leurs imperfections. Intégrer un historique serait génial, mais encore un peu compliqué. Il va falloir attendre l’évolution de la technique et des licences. Imaginez un morceau (ogg bien sûr.. ;-) ) avec des tags concernant les différentes versions et les liens vers un serveur genre sourceforge qui contiendrait les différents fichiers. Mais je rêve... En attendant, laissons les licences pousser et, si possible, orientons-les...

Par contre, je confirme : les envies sont là... Mais il faut patienter. En tous cas, merci ambigus et perramus pour vos réactions et précisions.

> Et si on parlait d’art équitable ? , le 9 septembre 2005

Bonjour l’agressivité...

Bonjour les prétextes commodes. Mes messages sont moins agressifs que ta première réponse. Ton analogie avec le commerce équitable était contre-productive et finalement tu préfères botter en touche.

Il va donc bien falloir trouver une dénomination plus opérante que "l’art équitable" (sic). A moins que tu te décides finalement à argumenter.

Signature ? , le 9 septembre 2005 par mpop

Quand on met un commentaire à la suite d’un article Framasoft, il y a un champ "Votre nom" que l’on peut remplir. Il est optionnel, mais utile pour savoir qui intervient... et pouvoir suivre les multiples interventions d’une seule personne, qui gardera le même nom ou le même pseudo tout au long de la discussion. Des fois, ça aide.

> Et si on parlait d’art équitable ? , le 10 septembre 2005 par Perramus

Il va donc bien falloir trouver une dénomination plus opérante que "l’art équitable"

Ton lien est mort... et "commerce équitable", au-delà de la réalité du label, a quand même le mérite de rappeler que le café ne pousse pas en sachet dans les rayons des grandes surfaces, il y a des gens derrière le café. Alors si "art équitable" - pardonnez-moi de pousser mon petit dada - veut dire qu’il y a des artistes avec des choses à dire derrière le CD (ou livre, ou je ne sais quoi) et bien je trouve que c’est un progrès.

Sans vouloir être pessimiste, quand on examine la société, on a forcément peur d’être dénaturé et entraîné vers ce qu’on ne soutient pas.

C’est pour ça que la visibilité de l’original est importante. Je ne sais pas si Victor Hugo aurait apprécié ce qu’on a fait de sa Notre-Dame de Paris, mais au fond ça n’a que peu d’importance car l’original est disponible (de même pour plein d’autres... pense à une certaine lecture de Nietzsche pour plus de parallèle avec ton exemple).

D’ailleurs, bonne question, une fois que tu seras mort, qui te garantis que des gens avec qui tu ne veux rien avoir à faire ne joueront pas ta musique ? Le droit d’auteur qui lui survit ? d’accord, mais il faudra bien quelqu’un pour trancher à ta place ce qui est autorisé et ne l’est pas, et ce quelqu’un qui te garantit qu’il te comprendra, qui te garantit même qu’il cherchera à te comprendre ? Je me souviens à ce sujet d’une annecdote assez (amèrement) marrante : un romancier (j’ai oublié le nom) qui voulait appeler son roman If six was nine, a dû finalement se rabattre sur (de mémoire) If six were nine, motif ? il avait demandé à la fondation Hendrix de pouvoir utiliser le titre, laquelle avait refusé arguant, à la lecture du roman, qu’il ne fallait pas que le nom de Jimi Hendrix puisse être associé au sexe et à la drogue... :)

J’approuve complétement ton point de vue sur la "jeunesse" des licences et leurs imperfections. Intégrer un historique serait génial, mais encore un peu compliqué. Il va falloir attendre l’évolution de la technique et des licences.

L’historique était plutôt pour illustrer la subtilité de la fdl par rapport à son objet. Pour l’art c’est beaucoup moi évident car il ne livre que des entités finies (il n’y a pas de If six was nine v.1.0, v.1.1, v.2.0 où une version plus récente rendrait inutiles ses ancêtres). Sans compter que dresser un historique de modification artistique suppose de pouvoir les décrire, et donc d’avoir un arsennal théorique pour ça, ce qui exclurait nombre d’artistes (Hendrix, pour poursuivre sur lui, ne savait par exemple pas écrire la musique...)

J’approuve complétement ton point de vue sur la "jeunesse" des licences et leurs imperfections

En fait, je ne pense pas que ce soit un problème de jeunesse mais d’adaptation à l’objet et surtout de recentrement du focus : ne pas se centrer sur l’oeuvre en tant qu’objet mais en tant qu’expression d’un artiste... en fait plutôt que de jouer sur les interdits il serait sans doute plus judicieux d’être permissif tout en organisant une égalité entre les membres de la relation afin que chacun auteur, public, modificateur reconnaisse l’autre dans un dialogue.

En attendant, laissons les licences pousser et, si possible, orientons-les...

Peut-être que c’est une des sources du problème... les licences GNU ont été faites par des gens du logiciel, on ne peut pas en dire autant des CC vis à vis des artistes (du moins c’est ce que je sens). Quant à la LAL, elle me semble mélanger manifeste artistique et conditions d’utilisation (qui est le corps d’une licence), ce qui force l’auteur à adopter une certaine ligne, un certain esprit. Il faudrait donc sûrement, plus qu’orienter ou qu’attendre, que les artistes prennent le problème à bras le corps. :)

Mais encore une fois je comprends la timidité, on peut se planter de licence sur un logiciel ou sur une doc, il suffit de mettre les versions plus à jour sous une autre et peu à peu il ne reste sous la mauvaise licence que des versions surrannées... il n’en va pas de même pour l’oeuvre artistique.

> Et si on parlait d’art équitable ? , le 11 septembre 2005

Ton lien est mort...

Ah ben merci. Au moins voilà une réaction constructive (cela prouve que la personne qui m’a agressivement répondu n’a même pas pris la peine de cliquer dessus)... Bon, alors revoilà le lien (copiez le à la main si le raccourci ne marche pas) :

http://ecolo.asso.fr/textes/20020312equi.htm

> Et si on parlait d’art équitable ? , le 31 juillet 2009 par Kaneda aka Tetsuoka

Mieux vaut tard que jamais... Je l’avais oublié ce commentaire.

Histoire de clarifier les choses, non, je n’ai pas cliqué sur ce lien car je connais cette problématique du "commerce équitable" et cela ne concernait pas le débat. Aucune envie de dériver...

Répondre à ce message

« Créations Libres » ou « Créations en libre diffusion » ? , le 7 septembre 2005 par R4f (2 rép.)

Le terme « Libre », qu’emploie une grande part des « utilisateurs des licences CC », d’où vient-il ? Du terme « Logiciel Libre » (ne vous déplaise). C’est d’ailleurs la filiation officiellement avouée de la part de Creative Commons (Cf. : l’historique de CC).

C’est pourquoi la communauté du logiciel libre a toute légitimité à se prononcer sur l’utilisation du terme « oeuvre libre sous une des licences Creative Commons » !

Qu’est-ce qui fédère la communauté du libre (logiciel ou non) ? Ce n’est pas la GPL, ni le logiciel, mais une certaine idée de la Liberté proposée par la définition du logiciel libre. C’est cette définition qui soude des alliances qui dépassent le logiciel et qui transcendent des clivages d’ordre plutôt politique. Bref, c’est la définition du logiciel libre qui est le point central de cette communauté d’intérêts, aux ambitions parfois divergentes.

Quel est le vrai problème des (soi disant) artistes avec la liberté proposée par le logiciel libre ?

Ce n’est pas quelque chose d’ordre artistique, loin de là ! C’est une question de sous. Eh oui, rien que des sous pour ces (peut-être un jour) fameux créateurs. Et de critiquer les pauvres tarés d’informaticiens intégristes qui n’ont vraiment rien compris à l’affaire.

Nous revoilà -au niveau des artistes- replongés en plein milieu des années 80, où se développaient les sharewares et autres freewares : on peut toucher, mais juste avec les yeux ! « Tu voudrais quand même pas te prendre pour un créateur toi-même en appportant une modification à MON OEUVRE !? Tu voudrais quand même pas exploiter MON GÉNIE pour te FAIRE DU FRIC sur mon dos !? ».

Il s’agit excatement des mêmes remarques qui étaient faites aux premiers promoteurs du logiciel libre, alors que l’industrie informatique était en plein essor dans sa version propriétaire (y compris shareware et freeware).

Ces débiles d’informaticiens, depuis 20 ans, on depuis lors compris en grand nombre qu’il y avait d’autres moyens de (sur)vivre en faisant des logiciels libres, que ce n’était pas qu’une question de fanatisme ou de passe-temps d’étudiant.

Ce qui manque aujourd’hui aux Creative Commons :
- une définition de ce qu’est (ou sera) une création sous licence Creative Commons ;
- des modèles économiques alternatifs à la vente sous licence restrictive.

-----> Vers une liberté définie : Creative Commons et le mouvement du logiciel libre

> « Créations Libres » ou « Créations en libre diffusion » ? , le 7 septembre 2005 par dana h.

moi qui voualit qu’on enterre la hache de guerre :) ben c’est raté on dirait...

pourquoi dis-tu les (soi disant) artistes ?  ??? essaie de justifier ce "soi-disant" s’il te plait de qui parles-tu ?

« Tu voudrais quand même pas te prendre pour un créateur toi-même en appportant une modification à MON OEUVRE !? Tu voudrais quand même pas exploiter MON GÉNIE pour te FAIRE DU FRIC sur mon dos !? ».

et là aussi, de qui parles-tu ?

est-ce que mon texte mentionne à un seul moment le génie ou même le talent ? on est où là ? pfffffffffffffffff

Enfin bon..

moi je renonce

j’adopte la position de mpop proposée sur ce site (et qui sembles te réjouir, tant mieux) je cesserai d’essayer de dialoguer, j’emploierai le terme contrat de libre diffusion, et je laisse ceux d’entre vous qui en savent un bout sur le liberté causer en bonne compagnie.

et je retourne sur musique-libre.org :)

> « Créations Libres » ou « Créations en libre diffusion » ? , le 7 septembre 2005 par mpop

Quel est le vrai problème des (soi disant) artistes avec la liberté proposée par le logiciel libre ?

Ce n’est pas quelque chose d’ordre artistique, loin de là ! C’est une question de sous. Eh oui, rien que des sous pour ces (peut-être un jour) fameux créateurs. Et de critiquer les pauvres tarés d’informaticiens intégristes qui n’ont vraiment rien compris à l’affaire.

C’est fatiguant à force de répéter les mêmes choses. Danna Hilliot parle assez longuement de ce qu’il en est vraiment des motivations pécunières des artistes sous licence CC by-nc-nd (lui-même et ceux avec qui il travaille du moins), et paf ! on leur répond « Ah mais non vous vous attendez juste la gloire pour ramasser plein de pépètes... » Alors bon, j’essaie d’être compréhensif avec ce genre d’argumentation, mais face à des gens qui ont oublié de lire l’article qu’ils commentent, j’ai du mal quand même.

Sinon, je vieux d’écrire quelque chose sur les motivations pécunières d’un artiste à la suite du message précédent (en dessous), donc je vais pas le réécrire.

Nous revoilà -au niveau des artistes- replongés en plein milieu des années 80, où se développaient les sharewares et autres freewares : on peut toucher, mais juste avec les yeux ! « Tu voudrais quand même pas te prendre pour un créateur toi-même en appportant une modification à MON OEUVRE !? Tu voudrais quand même pas exploiter MON GÉNIE pour te FAIRE DU FRIC sur mon dos !? ».

Un logiciel est avant tout un outil. Que quelqu’un modifie l’outil que tu as mis sur pied, pour le rendre plus performant, pourquoi être contre ? Même si dans la pratique quotidienne il y a des luttes internes, des désaccords plus ou moins amicaux ou même des points de vue et centres d’intérêt différents, qui conduisent à des forks. Une chanson est une création artistique, pas un outil. Une encyclopédie est un outil, un cours ou un tutoriel est un outil. Mais une chanson, non. Une nouvelle, un roman, non plus. La question n’est donc pas la même. Lorsqu’il s’agit d’une création artistique personnelle, il est légitime de vouloir que ce qu’on a créé ne soit pas dénaturé. Sans s’imaginer auteur d’inspiration divine (les muses, le génie romantique, tout ça...), on a quand même passé pas mal de temps à imaginer, à partir d’une petite idée (peut-être piquée à quelqu’un, même probablement d’ailleurs), comment on pourrait bien lui donner forme, d’une manière qui nous plaise, et même plus, qui nous parle. Tout au long de ce processus de génération, on pèse le pour et le contre de tel ou tel arrangement, tournure de phrase, tempo, direction pour l’intrigue, etc. On est à la fois concepteur et premier public, et on essaie de faire quelque chose qui nous plaise, nous séduise, nous interpelle... Dans ces conditions, on peut grincer des dents à l’idée que quequ’un d’autre pourrait surimprimer SA vision des choses sur la votre.

Une oeuvre artistique, c’est un ensemble d’idées, en particulier d’idées esthétiques. On produit généralement une oeuvre qui correspond à notre vision des choses. Mais vous, est-ce que vous laissez de bon coeur des personnes que vous ne connaissez pas proposer LEUR vision des choses par dessus la votre ?

On me dira : pourquoi pas ? Effectivement, c’est artistiquement intéressant de confronter les points de vue. D’où l’intérêt des collaborations, du travail de groupe... Mais ne peut-on pas souhaiter garder une partie de ses créations comme des choses personnelles (du point de vue de la création, pas de la diffusion) ? Personnellement, je n’y vois rien d’égoiste, de contre-nature ou de cynique. Et ça ne me semble pas être une raison suffisante pour déclarer qu’une telle oeuvre n’est "pas libre".

Petite comparaison un peu tirée par les cheveux (mais en fait pas tant que ça) : est-ce qu’un parent laisse n’importe qui s’occuper de l’éducation de son enfant ? Forcément, le parent n’est pas là pour contrôler ce que pensera l’enfant, la manière dont il verra les choses, etc. Mais en même temps, un parent voudra vérifier un peu à qui il confie son enfant... il garde donc un certain droit de regard. Même chose avec un auteur qui n’interdit pas les modifications de son oeuvre, mais qui se contente de ne pas les autoriser à l’avance, pour garder un droit de regard.

Encore une fois : un droit de regard sur un outil, ce n’est pas indispensable. Un droit de regard sur l’expression d’une idée, cela peut être souhaitable.

Dernier point : même si le terme libre utilisé par les défenseurs des "licences libres" est inspiré des avancées culturelles du logiciel libre dans les années 80 et 90, je réfute catégoriquement l’idée selon laquelle cela donnerait à la communauté du "libre" un droit de regard sur des utilisations de cet adjectif dans un contexte différent. Et puis d’abord, je croyais que le propre du libre c’était de renoncer à la contrôlite aigüe !

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> Bref éloge de la licence Creative Commons nc nd , le 7 septembre 2005 par tpi (7 rép.)

Je comprends l’argumentation :

- CC pour diffuser au maximum les oeuvres et donc faciliter la promotion. Cela permet effectivement de réduire les coûts de promotion.
- NC parce qu’il faut vivre.
- ND garder la maîtrise du devenir de son oeuvre.

Ok. Mais où est l’esprit du libre là-dedans ? Par rapport à ce qu’on connait actuellement, c’est un progrès sur la diffusion. Point. Ce n’est pas rien, certes. C’est peut-être même l’essentiel dans le domaine, admettons.

Je pense qu’en fait, il aurait été préférable de garder la licence "Open Music Yellow". Au moins, il n’y avait pas d’amalgame douteux avec les valeurs du libre. Mais là, peut-être que le marketing a fait son affaire. Et c’est bien ce qu’on peut reprocher aux CC en général : c’est d’être un fourre-tout marketing sans conscience.

Mais comble du comble, indéfendable pour le coup, cet article est sous CC-NC-ND. Mais cela donnera peut-être l’occasion à l’auteur d’expliquer pourquoi il a fait le choix de cette licence : pour prouver qu’il n’adhère absolument pas à l’ensemble des valeurs du libre, mais juste à celles qui l’arrange ? Pourquoi pas. Mais on ne peux pas dire tout et son contraire.

> Bref éloge de la licence Creative Commons nc nd , le 7 septembre 2005 par ttoine

"Les valeurs du libre"... c’est bien là le sujet... et si l’auteur a justement diffusé son article en CC nc nd, c’est qu’il ne souhaite sans doute pas qu’il soit déformé ou utilisé par des gens qui ne comprennent pas cette notion de liberté de diffusion qu’il défend....

Je parie que tu es plus informaticien qu’artiste, je me trompe ?

Toine

> Bref éloge de la licence Creative Commons nc nd , le 7 septembre 2005 par dana h.

et si l’auteur a justement diffusé son article en CC nc nd, c’est qu’il ne souhaite sans doute pas qu’il soit déformé ou utilisé par des gens qui ne comprennent pas cette notion de liberté de diffusion qu’il défend....

oui toine tu as tout à fait compris mes raisons. je ne vois pas enquoi c’est incohérent avec le contenu du texte tpi ? Texte qui s’intitule justement : éloge de la licence CC nc nd.. ça aurait été étrange que je prenne une autre licence en fait.. Donc je ne dis pas tout et son contraire, au contraire :)

> Bref éloge de la licence Creative Commons nc nd , le 7 septembre 2005 par mpop

Je comprends l’argumentation :

- CC pour diffuser au maximum les oeuvres et donc faciliter la promotion. Cela permet effectivement de réduire les coûts de promotion.
- NC parce qu’il faut vivre.
- ND garder la maîtrise du devenir de son oeuvre.

Non, tu te trompes dans ton premier point. Dans cet article, Dana Hilliot explique son approche de la musique en tant que mélomane. Une approche que je comprend tout à fait, même sas être musicien, vu que je me définis moi même comme mélomane (plutôt que comme "amateur de musique"). Cette approche, c’est une ouverture à la musique trouvée par hasard, c’est être prêt à être surpris par un morceau, une chanson, c’est penser "je découvre un artiste / une oeuvre" avant de penser "j’acquiers un bien pour m’acquiter de droits d’auteurs". La liberté de diffusion correspond parfaitement à cette approche.

Et devine quoi ? Dans "liberté de diffusion" il y a... liberté ! Ça alors... Alors quoi maintenant ?

Mais où est l’esprit du libre là-dedans ? Par rapport à ce qu’on connait actuellement, c’est un progrès sur la diffusion. Point.

Eh bien oui, tout à fait ! ll s’agit bien d’un progrès portant principalement sur la diffusion. Mais tu penses trop du point de vue du "distributeur", que tu envisage d’un point de vue marketing... alors que Dana Hilliot explique que les artistes indépendants n’ont pas du tout l’espoir de gagner leur vie avec leur musique... ils espèrent juste rentrer dans leurs frais, avoir les moyens d’enregistrer de la musique, de se produire sur scène de temps à autre. Maintenant, dis-moi que cette préoccupation est absente de l’esprit des développeurs de logiciels libres ! Développer un logiciel sur son temps libre coûte... du temps libre. Enregistrer un album et se produire sur scène sur son temps libre coûte... du temps libre et de l’argent. Sans parler des logiciels libres sponsorisés par des entreprises : je ne vois pas trop l’équivalent dans le domaine de la création artistique (mécénat d’état peut-être ?)

Je pense qu’en fait, il aurait été préférable de garder la licence "Open Music Yellow". Au moins, il n’y avait pas d’amalgame douteux avec les valeurs du libre.

Tout le problème vient de là. Dès qu’un artiste dit "libre", les tenants du "Libre GPL" hurlent à la récupération marketing. Sauf que voilà, si l’artiste s’inspire de choses qu’il a pu voir dans la communauté du logiciel libre, il n’estampille pas pour autant ses oeuvres d’un autocollant "Compatible GNU GPL", que je sache ? Et il a bien le droit d’utiliser l’adjectif "libre", que je sache, non ?

Mais là, peut-être que le marketing a fait son affaire. Et c’est bien ce qu’on peut reprocher aux CC en général : c’est d’être un fourre-tout marketing sans conscience.

Marketing ? J’ai déjà répondu à ça. Lorsque les 0,5% des musiciens qui vivent de leurs créations seront majoritairement des artistes sous CC by-nc-nd, on reparlera de marketing. En attendant, l’artiste qui publie sous CC n’a que peu d’espoir de gagner de l’argent avec l’oeuvre publiée. Par contre, il a l’espoir d’être écouté par plus de gens, diffusé de manière décentralisée et alternative... un peu le genre d’espoir que peut avoir l’auteur d’un petit logiciel sous licence GNU GPL lorsqu’il souhaite que son travail soit diffusé et utilisé largement. L’auteur de logiciel veut que son logiciel soit utile à un max de gens, l’auteur d’une chanson veut que celle-ci plaise à un max de gens. J’ai du mal à voir la grande récupération marketing là dedans.

Mais en fait, j’ai compris : les artistes sous CC by-nc-nd, ce sont les supermarchés machin avec leur campagne de pub "libérer le pouvoir d’achat", et les développeurs sous GNU GPL, ce sont les soixante-huitards purs et durs qui ne vendront jamais leur âme.

Dernier conseil : relire l’article de Danna Hilliot, de près cette fois, et sans jouer au grand jeu du procès d’intention (vous savez, le truc auquel se libre toute la classe politique française lorsqu’ils parlent de leurs adversaires ou rivaux... et qui les décribilise tellement c’est pathétique).

> Bref éloge de la licence Creative Commons nc nd , le 7 septembre 2005 par tpi

Oui. Sauf que si j’ai bien compris, l’argumentaire était illustré/valable par/pour un cas précis : un label indépendant qui diffuse/édite de la musique sous CC-NC-ND. Dans le cas de cet article, j’aimerai bien qu’on me justifie le NC par exemple.

Quand je dis qu’on ne peut pas dire tout et son contraire, je ne parle pas de la pseudo-cohérence entre la licence de l’article et la licence que défend l’article. D’autant plus que cette cohérence est absurde puisqu’une licence ne s’adapte pas forcément à tout.

Le choix de cette licence pour l’article démontre pour moi que l’auteur n’adhère pas à l’ensemble des valeurs du libre. Il a le droit. Pas la peine de se justifier. Pas la peine d’expliquer que dans le cadre d’un label musical indépendant, il est plus pragmatique de choisir le CC-NC-ND. Mais dans ce cas, il serait souhaitable de se démarquer du mouvement du (logiciel) libre et ne pas se servir d’un mouvement pré-existant pour vendre sa sauce. L’honnêteté intellectuelle, ça existe. Le logiciel libre n’a pas inventé la libre diffusion non commerciale. Donc pas de raison de chercher à se donner une légitimité "libre".

Sinon, non, je ne suis pas un artiste. Quoique, ce serait interessant de connaître la définition exacte du mot. Je ne vis pas d’un art. Mais je suis peut-être plus artiste que certains auto-proclamés. Je suis effectivement informaticien. Mais je connais assez bien le milieu de la musique indépendante, le contexte, les contraintes. Je comprends donc trés bien l’intérêt d’une libre diffusion par internet. Mais de temps en temps, il faut arrêter l’hypocrisie. Pour la plupart des artistes, il n’est pas question réellement de valeurs "libre" là-dedans. La libre diffusion est juste un moyen. Le jour où un artiste édité sous CC-NC-ND aura un réel succès, ce qui est possible, il sera interessant de voir ce qu’il devient. Vous vous souvenez de la vague française de musique alternative, des labels alternatifs ?...

> Bref éloge de la licence Creative Commons nc nd , le 7 septembre 2005 par dana furious

L’honnêteté intellectuelle, ça existe

on a le droit d’insulter les gens sur framasoft ou pas ? je fatigue là..

> Bref éloge de la licence Creative Commons nc nd , le 8 septembre 2005

L’honnêteté intellectuelle, ça existe

on a le droit d’insulter les gens sur framasoft ou pas ? je fatigue là..

Il y a les nombreux trol^Wsujets liés aux CC sur le forum pour les explications. :)

> Où on va là ! , le 8 septembre 2005 par Ikario

Qu’est ce que c’est que ces gens qui s’accrochent à leurs créations comme des morpions !!! Ce sont des gens qui veulent faire des affaires et c’est TOUT. Pas la peine de discuter longtemps sur le sujet.

Tu créées, tu difuses, tu partages. Tu donnes de ton temps, de ta personne pour la communauté. Une fois créée, ton oeuvre t’échappes et c’est bien comme ça (logiciels, musique, arts graphiques, etc).

Elle est transformée et s’est obligatoire. En bien, en mal, ce n’est pas à toi de juger. Ca veut dire quoi : "détourner une oeuvre". Rien du tout. Ton oeuvre, elle est vivante donc elle change, elle évollue.

Il faut être généreux et humble et tout sera plus simple.

Ikario (qui photographie pour faire partager). La galerie est visible http://ikario.net

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Réaction d’artiste !? , le 7 septembre 2005 par ttoine (1 rép.)

Eh bien je trouve ce texte réconfortant, et à la fois, aussi, il permet de clarifier beaucoup de choses tant au niveau vocabulaire que juridique, et surtout, surtout, artistique !!

Encore une fois, vives les débats animés que l’on peut avoir sur certains canaux animés de l’irc au sujet LAL, GPL, CC, etc... où l’on croise d’ailleurs surtout des gens qui sont très intégristes du mot "Libre" (ce n’est qu’un mot) et d’une signification très particulière qui lui est donné. Mais seulement, on trouve surtout dans ces débats des codeurs, des informaticiens, qui ont une approche particulière de la création. "Open Source" me semble effectivement mieux leur convenir, je pense...

L’art, qu’il soit visuel, sonore, gastronomique (sissi, on trouve une recette de bière en GPL faite par un groupe d’étudiants Danois) ou autre est subjectif, déjà dans le sens où il ne plaît pas à tous les publics. Il a un auteur, bien sûr, que cet auteur soit seul ou soit un groupe ou un collectif, au même titre que le logiciel, effectivement. Mais une oeuvre d’art, sans pour autant empêcher sa diffusion, doit pouvoir être figée au regard de(s) l’artiste(s) qui l’a créée : c’est son(leur) univers... et pas celui d’autres qui pourraient être ammenés à la détourner. De même, en tant qu’artiste, même avec de modestes talents, je n’aimerais pas qu’une de mes créations soit détournée du sens que je lui ai donné par une utilisation à laquelle je ne consens pas. Je sais que je ne suis pas le seul à penser cela, tout comme les artistes cités dans ce superbe article.

C’est un point très important, et c’est en cela que je pense qu’il faut défendre les CC nc-nd... pour permettre une alternative sérieuse aux organismes comme la Sacem, qui sont surtout un repère de gens qui gagnent de l’argent sur le dos des artistes créateurs, en ne les protégeant pas vraiment des machines commerciales, en fait.

Enfin, une oeuvre, qu’elle qu’elle soit, n’est en quelque sorte qu’une façon pour un artiste de s’exprimer, de partager des idées ou de toucher les gens, parce que c’est beau, parce que c’est parlant, et des fois pour des raisons que l’on de comprend pas. C’est subjectif et même si une oeuvre peut évoluer, elle est à un moment donné figée, liée au moment auquel elle a été créée, à la sensibilité et aux évènements quels qu’ils soient qui ont inspirés l’artiste à ce moment précis ou il a créé.

Rien qu’en cela, une oeuvre doit pouvoir être protégé. Si en plus, une licence nous permet de la diffuser librement (c’est le juste mot !), alors j’aime les CC nc-nd, surtout défendues comme elles le sont par un artiste dans ce très bon article.

Merci à Framasoft de l’avoir diffusé.

ttoine

> Réaction d’artiste !? , le 9 septembre 2005

Il y a un double débat : qu’est-ce que l’art libre ? et l’art peut-il/doit-il être libre ?

Le premier débat est un débat sémantique qu’on ne peut pas balayer d’un "ce n’est qu’un mot". Comment pourrions-nous débattre d’art libre sans definir précisement ce que veut dire libre ? Non Open Source ne convient pas du tout au programmeur de logiciel libre, puisque que les deux notions existent et sont différentes (du moins, le logiciel libre est un sous ensemble particulier du logiciel open source (qui ne donne qu’une liberté, celle de lire le code source)). C’est naturellement que les "vieux" du libre ce réfèrent au 4 libertés du logiciel car c’est stallman qui est l’inventeur de concept juridique d’oeuvre libre, c’est (ou c’etait) le seul référentiel possible. D’ailleurs tout les créateurs de licence libre revendique une certaine filiation avec le logiciel libre. Donc, d’aprés ces quatres libertés, une oeuvre de l’esprit libre, ça va plus loin que la libre diffusion (qui est la seul liberté accordé par la clause nd) surtout quand elle est conditionné (nc).

Maintenant "art libre" peut avoir une définition différente de "logiciel libre", mais il faut alors se mettre d’accord sur cette définition.

Si on accepte les 4 libertés comme définition de libre, l’art doit-il être libre ? Ben chacun a surment son avis, pour moi, clairement non, c’est loin d’être une obligation et c’est même loin d’être toujours souhaitable. Les 4 libertés du logiciels ont été définit pour répondre pragmatiquement à un problème propre au logiciel et un logiciel est trés différent d’une oeuvre d’art (au sens strict du terme). Une oeuvre d’art n’est pas forcement évolutive, une oeuvre d’art n’a pas de bug, une oeuvre d’art peut exprimer des choses tout a fait personnelle, etc... Pour moi, il n’y a aucun doute, ttoine a tout a fait raison et la CC nc nd est certainement la plus adapté à ses besoins. Et la GPL est la plus adapté à la problèmatique du logiciel.

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> Ne mesurons pas tout à l’aune du logiciel , le 7 septembre 2005 par André Cotte (1 rép.)

Décrier la CC, c’est refuser de comprendre qu’il n’y a pas que le logiciel à libérer...

Cette licence est très utile pour les productions culturelles.

Quant à moi, je l’appuie et nous en faisons la promotion dans le milieu scolaire.

> Ne mesurons pas tout à l’aune du logiciel , le 9 septembre 2005

Le message d’André Cotte illustre les ravages de la lecture superficielle. Il n’y a pas une licence CC mais plusieurs. Dire "cette licence est très utile" ne veut rien dire.

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Un texte fort intéressant, et j’oserai même dire : Nécessaire , le 7 septembre 2005 par mpop (7 rép.)

Cela fait du bien de voir sur Framasoft un texte défendant une licence de libre diffusion comme la Creative Commons by-nc-nd. J’ai en effet trop lu de critiques arguant d’un « Ah mais oui mais non, c’est pas vraiment Libre », sous-entendu (ou explicitement argumenté, ce qui est peut-être pire) : pas "Libre" au sens de la GNU GPL. Si j’apprécie la GPL pour les logiciels, qui sont avant tout des outils, ses caractéristiques ne sont pas obligatoirement transposables aux oeuvres artistiques.

Alors des licences GNU FDL ou Creative Commons by ou Creative Commons by-sa pour des documentations, des cours en ligne, des publications scientifiques, oui. Mais pour des oeuvres artistiques ? Réponse : 1/ Pourquoi pas, si c’est le souhait de l’auteur ; 2/ Ça ne doit pas être une obligation (ou une exigence de la part des membres de la "communauté du libre"), car ce n’est pas forcément la meilleure solution pour l’artiste.

Question de terminologie : L’autre grand débat, c’est celui sur les termes employés. Les tenants du "Libre GPL" accusent souvent les défenseurs de Creative Commons & Co de récupérer le terme "libre" à des fins de marketing... Ce reproche me fait toujours un peu sourire, car les tenants du libre GPL (dont je fais partie, bien qu’avec quelques nuances) oublient souvent qu’ils ont eux-même phagocyté l’adjectif "libre". Le fait d’avoir été les "premiers" sur la brêche ne leur donne aucun monopole sur un adjectif de la langue française, que je sache. Mais pour éviter les débats stériles, j’adopte la position suivante : Lorsqu’il s’agit de licences pour un contenu non logiciel, en particulier Licence Art Libre ou Creative Commons, j’adopte la position "profil bas" et emploie le terme que j’espère fédérateur de "Licence (ou contrat) de libre diffusion". Libre diffusion correspond aussi bien à une Creative Commons by-nc-nd qu’à une Creative Commons by-sa ou à une LAL. C’est de ma part un choix pragmatique, qui en fera hurler plus d’un (par exemple, il minimise les libertés d’usage d’une licence Art Libre ou d’une CC by-sa)... Un peu comme le choix par certains du terme "Open source" plutôt que du trop idéologique "logiciel libre".

Pour ma part je n’oublie pas que j’ai découvert le logiciel libre grâce au terme bien plus parlant d’"open source"... cela ne m’a pas empêché d’aller voir un peu plus loin par la suite. J’utilise "libre diffusion" dans une même optique, non pas pour mieux séduire les journalistes (qui aiment beaucoup "open source" mais délaissent "logiciel libre"), mais pour éviter de braquer mes amis ou les gens que je rencontrent, qui se méfient souvent des huluberlus se targuant de promouvoir "Le Libre".

> Un texte fort intéressant, et j’oserai même dire : Nécessaire , le 7 septembre 2005 par dana h.

Contrat de Libre Diffusion ça me parait parfait ça mpop

"Licence (ou contrat) de libre diffusion" , le 7 septembre 2005 par R4f

Ça, c’est une terminologie qui passerait très bien à mon avis !

Ca sonne bien :
- « J’ai téléchargé un MP3 sous licence de libre diffusion » ou
- « Nous avons opté pour une licence de libre diffusion pour élargir notre public »

Faudrait demander à Framasoft de mettre un sondage !

> Un texte fort intéressant, et j’oserai même dire : Nécessaire , le 7 septembre 2005 par tpi

Contrat de Libre diffusion

Oui, au moins, il n’y aurait pas tromperie sur la marchandise.

> libre diffusion => LIBREMENT-COPIABLE , le 12 septembre 2005 par Le Rat

La notion de LIBRE DIFFUSION pour parler de la licence CC-nc-nd ne me convient pas.

Il faudrait se mettre d’accord sur le terme DIFFUSION.

« Peut-on DIFFUSER librement une oeuvre sous CC-NC-ND ? »

OUI :
 copier l’oeuvre pour la DONNER ;
 imprimer l’oeuvre (texte, photo) dans une revue GRATUITE ;
 diffuser l’oeuvre (chanson, film) dans une radio/TV ASSOCIATIVE ;
 diffuser l’oeuvre (texte, photo, chanson, film) dans un CERCLE FAMILIAL ;

NON :
 copier l’oeuvre pour la VENDRE ;
 imprimer l’oeuvre (texte, photo) dans une revue PAYANTE ou contenant da la pub ;
 diffuser l’oeuvre (chanson, fim) dans une radio/TV COMMERCIALE ;
 diffuser l’oeuvre (texte, photo, chanson, film) en PUBLIC (par exemple les gens PAIENT pour entrer) ;

Il y a beaucoup de NON. On n’a PAS LE DROIT de librement diffuser l’ouvre dans ces cas.

La licence CC-nc-nd n’est pas LIBRE. Mais elle ne permet pas non plus une LIBRE DIFFUSION.

Je propose COPIE-AUTORISEE ou COPIE-PERMISE ou LIBREMENT-COPIABLE.

> Un texte fort intéressant, et j’oserai même dire : Nécessaire , le 13 septembre 2005 par dana halluciné par tant de bétises

J’hallucine là.. bon on va vous laisser votre adjectif libre ok on va dire : CONTRAT DE DIFFUSION RESTRICTIF ET ABSOLUMENT PAS LIBRE ça vous fera plaisir ça ? vous vous rendez compte à quel point d’absurdité vous en êtes arrivés ? Vous souhaitez quoi exactement ?? un copyright sur le mot libre ? Expliquant que NUL N’A LE ROIT D’UTILISER LE MOT LIBRE en dehors des acceptions déterminées par la licence ART LIBRE ??

c’est n’importe quoi je renonce

> Un texte fort intéressant, et j’oserai même dire : Nécessaire , le 13 septembre 2005 par dana qui essaie de se calmer

Et puis t’as oublié un usage très important de mon point de vue : tu as le droit de reprendre sur scène une chanson qui soit diffusée sous licence CC NC ND (ce que je compte faire dès dimanche)

sinon excuse ma colère.. mais les distinctions LIBRE PAS LIBRE selon la GLP machin c’est quand même un usage extrêmement RESTRICTIF du mot "liberté", don’t you think ?

si encore c’était précis (mais même les logique prête à confusion alors.. )

Un texte fort intéressant, et j’oserai même dire : Nécessaire , le 20 juillet 2007

Ho j’ai fait une compil de toutes mes chansons "libres" préférées et je souhaite les faire découvrir à plein de gens. Mais comme je ne suis pas riche je vais les vendre au prix du support pour pas que ca me ruine.

Ha mais zut beaucoup d’entre elles ont la clause nc donc je ne suis pas libre de redistribuer ces chansons :( (ha si quelqu’un me dit que je peux contacter les auteurs pour leur demander la permission ; mais c’est balot j’en ai vraiment beaucoup et je les ai mis sur un DVD ; si je veux pouvoir redistribuer mes chansons "libres" préférées, ca va prendre à peu pres un an)

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