• Auteur : Antoine Moreau
  • Date : 7 septembre 2005 (7 septembre 2005)
  • Licence : Art Libre link_license

Qu’est-ce que l’art libre ?

D’origine française et issue du milieu artistique, la licence Art Libre, socle de la "copyleft attitude", fait figure de licence pionnière pour ce qui concerne l’extension du domaine du logiciel libre dont elle s’inspire ouvertement.

Certains lui reprochent cependant aujourd’hui d’être une sorte de mouvement d’avant-garde réservé à une élite artistique. Et de se tourner alors parfois vers les licences Creative Commons, plus accessibles et plus médiatisées.

Un article d’Antoine Moreau, "inventeur" de la licence Art Libre. [1]

Introduction

Un mot pose souvent question dans « Licence Art Libre », c’est le mot « art ». Je vais tenter ici de préciser ce que veut dire « art libre » dans « Licence Art Libre ».
Rappelons tout d’abord que la LAL est une licence libre de type copyleft qui s’applique à tous genres de créations hors logiciel. Elle se réfère à la liberté issue des logiciels libres.
Liberté de copier, diffuser, transformer les créations en les laissant toujours librement copiables, diffusables et transformables.

Ce que l’art libre n’est pas et ce qu’il peut être

L’art libre n’est pas de l’Art.
C’est peut-être de l’art, mais pas seulement. L’art libre n’a pas les qualités de l’Art. Ce n’est pas la stricte observation des critères artistiques, mais bien plutôt l’absence possible de ceux-ci.

  • C’est une création qui excède les qualités propres à l’Art. C’est une liberté prise sur l’Art reconnu comme tel. L’art libre fait l’économie de l’Art. C’est à dire qu’il en est autant le transport que l’oubli. L’art libre reformule les valeurs de la création en affirmant sa pratique commune et partagée.

L’art libre n’est pas une création d’Artiste.
C’est peut-être une création d’artiste, mais pas seulement. L’art libre est fait aussi et surtout par des non-artistes, des para-artistes, des méta-artistes, par n’importe qui produit une forme qui se veut librement accessible, copiable, diffusable et transformable. Si les Artistes ont le monopole de l’Art, ce territoire gardé de la passion culturelle, les artistes libres ont en partage un terrain de jeux où la création est ouverte.

  • C’est une invention. Elle n’a rien d’original : inventer, c’est découvrir l’inconnu. L’inconnu est déjà là, nous le découvrons en le mettant à jour. Il n’y a rien d’original à ça. Faire l’original, c’est faire l’imbécile : celui qui se croit à l’origine de sa création. Quand nous faisons de l’art libre, nous sommes libres de l’Art et de ses canons. Nous retrouvons ainsi ce qui fait « art » bien avant l’invention de l’Art : une manière de faire, une technique. Ce n’est pas rien, c’est la beauté du geste même. Cette grâce n’a de compte à rendre à personne, sauf aux principes qui fondent sa liberté.

L’art libre n’est pas de la Culture.
C’est peut-être de la culture, mais pas seulement. La Culture, c’est la police de la pensée. On ne peut confondre la liberté de l’esprit et ce qui en ordonne l’inscription. L’art libre est à la Culture ce qu’une écriture est à une police de caractère. Si la pensée a besoin d’être policée pour être comprise, elle ne peut être réduite à ce qui va en formater l’esprit.

  • C’est du vide. L’art libre est un trou qui fait ouverture dans le mur de la Culture. C’est sa respiration vitale autant que sa mise en danger nécessaire. Une mise en branle de l’habitacle. Aussi, il ne pourrait y avoir de « Culture Libre » sans que celle-ci ne soit nourrit par ce qui la troue : un art libre. De la même façon qu’il n’y a pas de Culture vivante sans cet art vivace qui excède le culturel même. Il y a un rapport aussi conflictuel que fécond entre l’art et la Culture. Tout comme entre l’art libre et la Culture Libre, si un jour, et tout porte à croire que ce jour pourrait venir, une Culture Libre se généralise, s’institue et s’impose.

L’art libre n’est pas la Liberté.
Une Liberté absolue c’est une liberté totale, floue, totalement floue et comme telle, opaque. On sait ce qu’il en est de la Liberté sacrée, celle pour laquelle se sacrifient les peuples appelés au Grand Soir promis par les idoles. Quant à ce « feu indompté de la liberté » promis au monde entier par la super puissance actuelle, il brûle les planches sur lesquelles il est censé jouer un rôle. C’est la liberté même alors qui s’envole en fumée. Cette Liberté grandiose, l’art libre ne peut que la ruiner.

  • C’est la liberté. La liberté que suppose l’art libre, c’est la liberté définie selon les principes issus du logiciel libre et des protocoles ouverts de l’internet. C’est un trait précis qui permet de dessiner un espace d’échanges où se manifeste un souci éthique entendu. Celui qui a été à la base de l’avènement du net et qui prône l’interopérabilité entre les machines. Autant dire entre les animaux parlants eux-même et qui utilisent les machines en réseau.

Pourquoi alors le mot « art » pour une licence libre concernant tous types de contenus y compris non-artistiques ?

  • Parce que « art » vient du latin « ars, artis » qui veut dire tout simplement : façon, manière. « Il est lié à la technique, « technê » qui ne désigne pas seulement le faire de l’artisan et son art, mais aussi l’art au sens élevé du mot et les beaux-arts. La techné fait partie du produire, de la poiêsis ; elle est poiétique. [2] » Ainsi, si l’art est une technique et la technique un art, la beauté de cet art ne se réalise pleinement que si son geste est libre. Dans le cas contraire, il est l’élément servile d’une technologie dominante. L’art libre veut dire la technique libre.
  • Parce que « art » est un mot « poil à gratter ». Il chatouille le fond culturel commun, il le fait briller en le libérant de l’épaisse couche protectrice qui tient les êtres et les choses captifs.
  • Parce que « art » n’est pas un gros mot. C’est juste un petit mot qui se marie très bien avec la liberté.
Qu’est-ce que l’art libre ? (version 1)
Un texte écrit pour framasoft.net.

Antoine Moreau, 06 septembre 2005

Copyleft : ce texte est libre, vous pouvez le redistribuer et/ou le modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d’autres sites.

[1] Création d’Antoine Moreau (10/01/2001 & 06/09/2005) le logo copyleft en illustration est libre, vous pouvez le redistribuer et/ou le modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d’autres sites

[2] Selon la mise au point d’Heidegger http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers...

Commentaires

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Exemple de sculpture libre , le 14 mai 2013 (0 rép.)

1962 est un groupe de sculptures versionnées grâce au système de version GIT. Ces sculptures ainsi que leurs documentations respectives sont sous licence libre.

-----> http://raphaelbastide.com/1962/

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Qu’est-ce que l’art libre ? , le 2 octobre 2007 par wwwiki (0 rép.)

Bonjour, Je viens de lire ton texte, et je cherche encore une définition des mots ART et CULTURE. Une approche éthymologique est interessante mais insuffisante, et pour plus de compréhension,tu pourrais utiliser d´autres mots que le mot à définir ou un de ses dérivés. Ton texte mést assez opaque de cette facon. Depuis le sens latin, ART a évolué, c´est pour moi, la signification personnelle de sa vision, de son monde ... CULTURE est l´ensemble des moyens d´enrichissement de l ésprit... à suivre et à compléter...

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Qu’est-ce que l’art libre ? , le 4 mai 2007 par Séverin Burkina Faso (0 rép.)

l’orsque nous somme libre nous sommes un danger pour nous et les autres. tandisque l’art en mon sens est la perfection spirutuel de notre pensée : dire de la plus belle manière le faut et le plus vilainement possible le vrais ou vice versa ce que l’on pense de la culture : le notre et celui des autres.

vaut mieux ignorer sa liberté que de la découvrir ! quant on découvre sa liberté selon la loi de la nature nous devenons têtu ou comparable à un artiste engagé, mais quant on ne sait rien de la liberté, le notre, celui des autres on vit plus "libre"

l’art libre est une pratique culturel personnel très extravagant....

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droit a la transformation de photo objet , le 24 mars 2007 (2 rép.)

Puis-je utiliser une photo,par exemple d’une statue de Rodin,la transformer...avec mes logiciel,photoshop,deformer, effets speciaux etc...et m’en servir pour la couverture d’un boukin ?

droit a la transformation de photo objet , le 20 juin 2008 par VIGNERON

Oui, tu peux, Rodin est mort depuis plus de 70 ans, ses œuvres sont donc dans le domaine public. Tu peux donc utiliser la photo telle quelle ou bien y apporte les modifications que tu veux (dans ce cas tu y ajoutes tes propres droits d’auteurs).

droit a la transformation de photo objet2 , le 31 juillet 2008

...euhhhh, légalement à condition que le cliché original échappe au même principe (photographe mort depuis + de 70 ans me rappelle effectivement quelque chose), ou, pratiquement, qu’il soit méconnaissable ... et, normalement, puisque tu sembles (légitimement/ça dépend du projet) flippouter de la loi, que t’ai bien paipayé ton photoshop qu’est pas super free ...

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Gallerie de photographies libres , le 8 novembre 2005 par stephane (0 rép.)

Quelques photographies sous LAL.

-----> Photographie libre

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>Un court métrage 3D sur les Acteurs de la LAL , le 12 octobre 2005 par STF - Lacrymosa Industry (0 rép.)

En bon complement de cet article, je vous propose un court métrage de mon cru sur ma vision des acteurs qui oeuvre pour ou par la Licence Art Libre et dont Antoine Moreau fait bien évidemment partit.

Il s’agit d’un film d’animation 3D réalisé dans le cadre d’un DVD qui aura pour but de promouvoir l’art Libre.

Ce film présente sous un aspect original les différences d’opinion, d’implication et d’idéologie qui partage 3 grands noms de la Licence Art Libre, à savoir Antoine, Ehma et L.L. de Mars.

Vous trouverez ce film et plus de renseignement sur le site http://lacrymosa.no-ip.org.

Livre d’or du film

-----> Page de Téléchargement du film

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> Qu’est-ce que l’art libre ? @dana.h, @mpop , le 8 septembre 2005 par fun sun (9 rép.)

Salut à vous,

J’ai lu vos critiques. Elles me questionnent plus que le texte d’antoine moreau. Vous semblez intervenir comme une sorte de "police de la pensée" autrement dit vous présupposez que ce vous pensez ou comprenez des termes utilisés est plus apporfondi et est en accord avec vos recherches propres ou des définition académiques.

Le texte est mal pensé, mal écrit selon vous ? Pourquoi alors ne pas le réécrire en collaboration avec Antoine Moreau et en peaufiner le sens, l’approche ?

Un de nos grands problèmes est justement vos réactions. Et le libre au travers l’esprit de la communauté tente d’outrepasser cette problèmatique en mettant en commun. Enfin je l’espère.

Une critique est un premier pas. Ce texte, dans sa construction et dans l’utilisation de ses termes vous gêne ? Alors réécrivez-le à votre manière afin d’y trouver votre satisfaction. Et c’est ce qu’il semble importer dans ce cas pour vous.

De la part d’un charlatan du même accabit.

> Qu’est-ce que l’art libre ? @dana.h, @mpop , le 8 septembre 2005 par dana h.

ben c’est ce que j’ai fait non ? j’essaie de comprendre. de partager un effort d’explication, ce qui est "réécrire" d’une certaine manière non ?

qui t’a parlé de "charlatan" ?

Ce que mpop et moi-même (sans s’être concertés) notons juste, c’est que ce texte est quand même assez ésotérique.

Toi qui semble avoir tout compris, plutôt que t’en prendre à ce que nous avons pris la peine d’écrire (et je note que les défenseurs de l’art libre sont muets quant au texte d’Antoine Moreau, alors le mien les inspire on dirait, toi qui semble avoir compris donc, ben explique nous ! éclaire nous !

Je suis peut-être trop stupide pour y voir clair, pas assez cultivé (je dis ça sincèrement sans ironie, je crois qu’il me manque des références là).

Donc, plutôt que d’employer vos arguments ad hominem (ce qui semble être une méthode assez répandue sur ce forum) essayons plutôt de décrypter les choses, de parler de contenu.

Par exemple, comment tu comprends toi que l’art libre soit un trou ? Je serais curieux de t’entendre à ce sujet. Et la référence à Heidegger, ça te dit quoi ?

Que je sache, il n’y a pour le moment que mpop et moi à avoir pris la peine de proposer une lecture critique de ce texte.

> Qu’est-ce que l’art libre ? @dana.h, @mpop , le 8 septembre 2005 par Ikario

A propos du trou, vois ça comme une ouverture et n’en parlons plus.

> Qu’est-ce que l’art libre ? @dana.h, @mpop , le 8 septembre 2005 par dana mdr

A propos du trou, vois ça comme une ouverture et n’en parlons plus

bravo ikarios ! je suis sur que monsieur Moreau appréciera ton aide. (et surtout n’en parlons plus.. tu as raison.. c’est plus cool de traiter les gens de morpion que de parler, tu as bien raison)

Quid de la pédagogie ? , le 8 septembre 2005 par mpop

En abordant cet article, je pensais à une mise au point du genre : « Non la Licence Art Libre n’est pas réservée qu’à ceux qui feraient de l’"Art" selon une conception réductrice et élitiste de ce terme, mais peut être utilisée pour la diffusion d’un éventail bien plus large d’oeuvres ». Attente très vite déçue, vu que le texte se pert dans ses propres circonvolutions poético-théoriques, que n’arrivent à suivre que 1% de la population, en étant particulièrement gentil.

Je ne dis pas ça par grief personnel envers l’auteur - que je ne connais pas et que je ne me rappelle pas avoir croisé sur la toile - ni envers la Licence Art Libre, que j’aime bien, pour sa simplicité et parce que, Contrairement aux Creative Commons pour ne pas les nommer, elle ne se disperse pas (*). Mais ce texte est, paradoxalement, loin de la simplicité de la LAL.

Je m’attendais à un texte pédagogique. Cet article ne l’est absolument pas. C’est un texte complexe. Cette complexité cache peut-être une certaine vacuité, mais à vrai dire je n’en sais rien, et je veux bien faire crédit à l’auteur d’une réflexion poussée et éminément intéressante. Je me contente juste de signaler que celle-ci n’est pas accessible à tout le monde, loin de là, et qu’en cela il ne s’agit pas du tout d’un texte pédagogique, et qu’il peut être malvenu de le présenter à des non initiés : cela sera surtout une fort mauvaise publicité pour la LAL : on commence par « Non la LAL n’est pas élitiste », et on poursuit en donnant l’impression du contraire.

À défaut d’être pédagogique, ce texte est fortement engagé. Peut-être pas "politisé", mais engagé sur des notions et des théories de l’art assez spécifiques, qui sont loin d’être des évidences, et qui sont loin d’être acceptées par tout le monde. Le message donné (involontairement ?) est alors : « la LAL est pour ceux qui adhèrent à la vision de l’art décrite dans cet article ». Je ne suis pas sûr du tout d’y adhérer. Pourtant la LAL m’intéressait bien, moi ! Tant pis, j’irai voire du côté des Creative Commons, qui n’exigent pas que j’adhère à une idéologie précise mais qui se présentent plutôt comme des outils... Voilà ce que se dira un lecteur "non initié".

L’engagement pour une licence, est-ce un problème ? On peut en discuter. Certains estimeront que oui, que ce n’est pas le rôle d’une licence de présenter des directions à suivre, qu’elles soient politiques ou esthétiques. Il y a forcément une certaine dose d’engagement dans une licence "libre", mais certains estiment que cet engagement doit être un consensus sur lequel toute une communauté peut se retrouver. J’avoue faire partie de ceux-ci.

Comment améliorer cet article ? Je ne suis pas impliqué dans Copyleft Attitude, je n’ai donc aucune légitimité pour apporter des modifications à ce texte. Par contre, je me permet de proposer ceci : il faudrait réécrire toute l’introduction à cet article (l’introduction de l’article lui-même et, dans une certaine mesure, celle de Framasoft). Ceci afin que le lecteur sache à quoi et à qui il a affaire :

- L’auteur parle-t-il en son nom propre (sa vision personnelle de ce que représente la LAL et l’"art libre"), ou au nom de Copyleft_Attitude ? Sans cette précision, on a tendance à croire que les définitions données dans cet article sont une sorte de manifeste officiel... et ceux qui ne seront pas d’accord, ou qui n’y comprendront rien, se détourneront de la LAL et iront voir ailleurs.
- De quoi le texte parle-t-il vraiment ? De la LAL ? De l’"art libre" ?
- Est-ce une 1/ définition "pratique" de la LAL et de son champ d’application, 2/ une recommandation dont les artistes voulant publier sous LAL peuvent s’inspirer, 3/ une réflexion généraliste et plus ou moins déconnectée (même si chacun reste libre d’établir des connections avec la LAL) du champ d’application de la LAL ?

Une fois que ceci sera fait, on y verra plus clair. Mais bien sûr l’idéal serait, si c’est l’intention de ce texte d’être pédagogique et informatif, de l’être vraiment.

* Note : j’estime qu’il est très utile d’avoir plusieurs choix possibles, et j’aime les Creative Commons pour ça... par contre si l’association (ou la fondation ?) Creative commons pouvait se limiter à ses 6 licences de base, à les perfectionner et à les préciser, ça serait pas mal.

PS : j’ai évité de citer des passages du texte pour ne pas me perdre dans un commentaire au coup par coup, mais je me permet de signaler dans cette note finale que les métaphores fluctuantes dont les référents ne sont pas clairs sont à proscrire si l’on se veut plus pédagogue que poète (et pour ce qui est de la fluctuance, même si on se veut poète !). Exemple :

Parce que « art » est un mot « poil à gratter ». Il chatouille le fond culturel commun, il le fait briller en le libérant de l’épaisse couche protectrice qui tient les êtres et les choses captifs.

Un mot poil à gratter, ça va, je comprend. Il chatouille (dérange ?) le "fond culturel commun" (c’est quoi ?), et le libère d’une couche protectrice. Poil à gratter et White Spirit à la fois, ça fait déjà deux métaphores. Ensuite, la "couche protectrice" (c’est quoi ça aussi ?) recouvre aussi les êtres et les choses. Donc je conclus que les êtres et les choses sont plus ou moins proches du "fond culturel commun", vu que les deux sont recouverts par la même chose. Au final, je peux tenter de deviner ce que sont le "fond culturel commun", la "couche protectrice" et "les êtres et les chose". Ça me fait trois devinettes en un paragraphe. À la fin du texte, on en est à la 50e devinette, et pour chacune on a pu avoir une certaine idée de ce que ça veut dire, mais sans jamais en être sûr. Voilà ce que j’appelle un texte imprécis et manquant de pédagogie.

> Qu’est-ce que l’art libre ? @dana.h, @mpop , le 8 septembre 2005 par antomoro

Bonjour à tous,

Je suis heureux (mais oui !) des problèmes que pose mon texte et qu’il résiste à la lecture au pied de la lettre. Je suis heureux de la lecture inter-dite (ah ah ! jeu de mot, jeu de rot, jeu de mot-rot) qui est faite par ceux qui le comprennent "entre les dits". Qui en saisissent finalement l’essentiel, ce qui n’est pas même écrit.

Ce texte est de nature pédagogique : oui. Mais il n’est pas le fait d’un maître, encore moins d’un maître d’école. Il est fait avec la liberté que permet l’écriture (qu’elle puisse transmettre plutôt de la dentelle (pleine de trous, autant de manques) que par des grosses ficelles.

Ce texte invite à une lecture libre : libre des lectures des maîtres, libre aussi de s’en prendre au texte jugé obscur.

Je l’ai voulu aussi précis qu’insaisissable. Comme la vue, la vue imprenable, celle qui offre le meilleur coup d’oeil. Par temps ensoleillé. Plutôt Mallarmé (son Livre inécrit) que Boileau ("ce qui se conçoit bien s’énonce clairement"). Pour la simple raison que la trace écrite est la trahison même de l’énoncé. Je ne fait pas de propagande, j’exprime un fait. Mon texte est si peu élitiste (je réponds de mémoire à ce que j’ai pu lire comme critique) que le refus populaire de la culture participe de cette "obscure idiotie" de ne pas s’inscrire dans le savoir, dans la culture. Ce refus populaire n’est pas de l’imbécilité : elle n’est tout simplement pas croyante des savoirs dominants. Cette connaissance est précieuse.

Mon texte participe d’une négation du savoir certain. Il s’interroge, il interroge. Je me souviens de Socrate qui ne sait pas. Il approche ainsi la vérité (contrairement aux sophistes qui eux, affirment savoir et détenir les moyens d’avoir raison). Entre Socrate et le peuple incrédule il y a correspondance. "Qu’est-ce que l’art libre ?" est un texte qui tente de cerner ce qui ne se laisse pas prendre, à peine comprendre. La forme (et ce n’est pas un hasard qu’elle soit de l’ordre poètique) n’est pas académique : je n’écris ni un article de journal, ni une thèse. Pour framasoft, je me suis senti poussé des ailes de pingouins ! Juste pris des libertés. Et si j’en avais pris plus, mon texte aurait été encore plus difficile : c’est qu’il faut aussi se casser un peu la tête, non ? Creuser le ciboulot pour voir. C’est pas du premier coup d’oeil qu’on perçoit la chose, sauf à n’en avoir rien à faire de ce qui est là.

Et ceci qui est le coeur du texte : il est libre, modifiable à l’envi, fait impar (pour ne pas dire imparfait), il n’est pas définitif, son point est momentané. Je ne l’ai pas pour autant écrit par dessus la jambe (ça me serait pour tout dire difficile). Ceux qui ont pu comprendre le texte au delà de ce qu’il énonçait on entendu ça : que l’art libre invitait à la reprise, à la re-création, qu’il n’y avait pas de maître en matière de liberté et d’art, mais des apprentis aux talents divers et diversement tournés.

Je vais sans doute en écrire une version 1.1.

"Sans doute" veut-il dire "sans aucun doute" ou "peut-être ?"

Et puis non (non ?) : A d’autres ! à d’autres ! :-)

J’aime bien ça :

Il s’agit d’épuiser le sens des mots, de jouer avec eux jusqu’à les violenter dans leurs attributs les plus secrets, à prononcer enfin le divorce total entre le terme et le contenu expressif que nous lui reconnaissons à l’accoutumée . Michel Sanouillet, in Marcel Duchamp, Duchamp du signe. Ecrits. Cité par Michel de Certeau.

Dès lors, l’important n’est plus le dit (un contenu) ni le dire (un acte), mais la transformation, et l’invention de dispositifs, encore insoupçonnés, qui permettent de multiplier les transformations. Michel de Certeau in L’invention du quotidien, 1. arts de faire.

et ça aussi :

"Vous ne comprenez pas stécriture. Tant mieux, ce vous sera raison de l’expliquer. Et si ça reste en plan, vous en serez quitte pour l’embarras. Voyez, pour ce qui m’en reste, moi j’y survis.

(...)

Non pas que puisse s’en attendre jamais ce rapport dont je dis que c’est l’absence qui fait l’accès du parlant au réel. Mais l’artifice des canaux par où la jouissance vient à causer ce qui se lit comme le monde, voilà, l’on conviendra, ce qui vaut que ce qui s’en lit, évite l’onto -, Toto prend note, l’onto -, voire l’ontotautologie. Pas moins qu’ici."

Jacques Lacan in la postface de "Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse", essais ed du seuil.

C’est drôle, non ? ;-) Et libre et y’a d’la forme !

Merci encore de votre lecture (du texte et de cette réponse). J’ai apprécié la grande franchise et les remarques justes qui y sont. Je mérite (mais oui !) une bonne correction ! ;-)

amitiés

antoine moreau

Poésie , le 9 septembre 2005 par Ikario

Cet élan de liberté, il me fait du bien et il est libérateur. C’est comme ça que j’avais perçu et que je perçois la LAL.

Au diable les cadres, les maîtres, les discours, les certitudes, les marchands.

Place au partage, à l’élan, à la poésie oui je ne retiendrai que ce mot POESIE.

Ikario

> Qu’est-ce que l’art libre ? @dana.h, @mpop , le 9 septembre 2005 par kaneda_aka_tetsuoka

Pas tout compris non plus, mais je crois qu’Antoine a parlé avec son coeur, si je m’en tiens au message précédent. C’est l’essentiel... Cool... Au final, ce qui compte c’est l’instant qu’on passe face à l’oeuvre, une fois terminée.

> Qu’est-ce que l’art libre ? @dana.h, @mpop , le 6 octobre 2005 par pascao

Intéressant ! Des bons exemples de critiques, l’une constructive (mpop), et l’autre certes juste mais irritante (l’homme qui n’aime pas les jeux de minuscules/majuscules, excepté dans ses propres phrases...).

Désolé de mes airs de médiateur.

> Qu’est-ce que l’art libre ? @dana.h, @mpop , le 13 octobre 2005 par fun sun

Bonjour à vous tous, à vous toutes,

Final :

I neither confirm nor deny.

 ;-)

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> Qu’est-ce que l’art libre ? , le 7 septembre 2005 par dana h. (0 rép.)

C’est peut-être de l’art, mais pas seulement. L’art libre n’a pas les qualités de l’Art. Ce n’est pas la stricte observation des critères artistiques, mais bien plutôt l’absence possible de ceux-ci. C’est une création qui excède les qualités propres à l’Art. C’est une liberté prise sur l’Art reconnu comme tel. L’art libre fait l’économie de l’Art. etc... etc............

Alors oui l’art libre n’est pas seulement de l’Art. Bon. Mais qu’est-ce que l’Art avec un grand A ? L’auteur ne nous le dit pas vraiment. Il suppose que nous le savons. Bien. L’art libre n’est pas une création d’Artiste. etc...

L’art libre n’est pas seulement une création d’Artiste. Mais pourquoi cette manie de mettre des majuscules partout, comme s’il suffisait de jouer sur les minuscules et les majuscules pour discriminer deux signifiants. Quand Lacan écrit l’Autre ou le petit a, il suffit de lire les nombreuses pages où il s’explique là-dessus. Mais peut-être l’auteur fait-il référence à des textes que nous ne connaissons pas ? Il précise apparemment sa pensée en faisant référence au non-artiste, para-artiste, méta-artiste. Ce que l’artiste n’est pas ou ce qu’il aurait de surcroît que l’Artiste n’aurait pas ? moi j’aurais écrit : non-Artiste, para-Artiste, méta-Artiste, parce qu’on commence à s’y perdre un peu avec ces majuscules.

Toutefois voici un début d’explication de ce que ça pourrait bien vouloir dire : "l’Art, ce territoire gardé de la passion culturelle". Soit. La passion culturelle. Donc on aurait d’une part la passion culturelle, territoire de l’Art, et d’autre part l’art avec un petit a, territoire de l’art libre. Bon. Soit. D’un côté la culture (pourquoi pas Culture ?) de l’autre la création, le jeu. Oui. Très bien.

C’est une invention. Elle n’a rien d’original : inventer, c’est découvrir l’inconnu. L’inconnu est déjà là, nous le découvrons en le mettant à jour. Il n’y a rien d’original à ça. Faire l’original, c’est faire l’imbécile : celui qui se croit à l’origine de sa création. Quand nous faisons de l’art libre, nous sommes libres de l’Art et de ses canons. Nous retrouvons ainsi ce qui fait « art » bien avant l’invention de l’Art : une manière de faire, une technique. Ce n’est pas rien, c’est la beauté du geste même. Cette grâce n’a de compte à rendre à personne, sauf aux principes qui fondent sa liberté.

Très bien ça : c’est l’art contemporain en fait hein ? S’affranchir des canons. En revenir à l’essentiel : une technê. Bon. Tout le monde ne voit pas les choses ainsi, par exemple j’ai du mal à me résoudre à comprendre la création comme une techné, mais je dois être un peu ringard, mais bon, on lit ça ailleurs, c’est pas nouveau, et pas très original (donc imbécile). Soit.

L’art libre n’est pas de la Culture.

Nous y voilà, Le grand Cul de Culture...

Oui bon. Dès lors que la Culture s’intéresse à la création (noter le petit c - je commence à piger la syntaxe), la portée subversive de la création est réduite en bouillie, anihilée. Je sais. C’est triste.

C’est du vide. L’art libre est un trou qui fait ouverture dans le mur de la Culture. C’est sa respiration vitale autant que sa mise en danger nécessaire. Une mise en branle de l’habitacle. Aussi, il ne pourrait y avoir de « Culture Libre » sans que celle-ci ne soit nourrit par ce qui la troue : un art libre. De la même façon qu’il n’y a pas de Culture vivante sans cet art vivace qui excède le culturel même. Il y a un rapport aussi conflictuel que fécond entre l’art et la Culture. Tout comme entre l’art libre et la Culture Libre, si un jour, et tout porte à croire que ce jour pourrait venir, une Culture Libre se généralise, s’institue et s’impose.

le meilleur passage du texte comme il a été noté infra : on y explique qu’en fait, la situtation n’est pas si desespérée. Certes, la culture enferme l’art dans ses polices et ses murs, ces formules édifiantes, mais l’art libre est là - qui n’est pas l’Art, qui est plus que l’art, et qui en même temps n’est rien - une formule magique, laquelle parviendra tout de même à percer les enceintes de la Culture. C’est une note d’espoir : en même temps, au bout du compte, je remarque que la Culture Libre s’institue (et comme l’auteur fait bien attention à ses mots, je m’en étonne.)

L’art libre n’est pas la Liberté.(...) Une Liberté absolue c’est une liberté totale, floue, totalement floue et comme telle, opaque. On sait ce qu’il en est de la Liberté sacrée, celle pour laquelle se sacrifient les peuples appelés au Grand Soir promis par les idoles.

Oui ben ça on avait compris. Faut pas pousser tout de même, et puis quoi encore. C’est juste de l’art là.. Faut quand même pas rêver. Si l’art libre avait le moindre rapport avec la Liberté ça se saurait.. Et même il la "ruine" la liberté avec un grand L (décidément.. mais je trouve un peu faiblard cette Liberté assimilée au grand Soir là. A part quelques ahuris qui s’en réclament encore, j’ai le sentiment que c’est un peu dépassé cette vision grandiose là. On est content en tous cas que l’auteur ait entrepris de la ruiner, quand bien même il me semble qu’elle est déjà gravement abîmée. Par exemple dans le mot libéralisme, qui est assez en vogue aujourd’hui, il se dit aussi quelque chose de la liberté, c’est étrange que l’auteur ne nous dise rien)

C’est la liberté. La liberté que suppose l’art libre, c’est la liberté définie selon les principes issus du logiciel libre et des protocoles ouverts de l’internet.

ha ! mais oui mais c’est bien sur ! L’art libre n’est pas la Liberté mais la liberté ! (je peux difficilement cacher à quel point ce jeu de cache cache entre majuscule et minuscules m’énerve là, à ce moment de ma lecture). Et nous avons enfin une définition à nous mettre sous la dent (laquelle ne fait que reprendre finalement ceci : "Elle se réfère à la liberté issue des logiciels libres" tiré de l’introduction de ce texte. Donc le cadre intellectuel est clair et précisément délimité (quoique.. les logiciels libres, c’est encore en débat me semble-t-il, il y a pléthore de licences là aussi). Moi j’ai eu peur un moment, je ne sais pas pour vous, mais j’ai cru lire un essai philosophique sur la liberté. Que nenni. Il s’agit juste d’un essai de philosophie de l’informatique. Donc du coup, il peut trouver sa place sur Framasoft plutôt qu’à la Sorbonne ou au Collège de France.

C’est un trait précis qui permet de dessiner un espace d’échanges où se manifeste un souci éthique entendu. Celui qui a été à la base de l’avènement du net et qui prône l’interopérabilité entre les machines. Autant dire entre les animaux parlants eux-même et qui utilisent les machines en réseau.

hummm oui ? Nous sommes des animaux parlants qui utilisons des machines en réseau. Quid des animaux parlants qui n’utilisent pas des machines en réseau ? Qu’importe... Ils se foutent probablement de l’art libre comme de l’an 40. Pourquoi alors le mot « art » pour une licence libre concernant tous types de contenus y compris non-artistiques ?

oui. Bonne question.

Parce que « art » vient du latin « ars, artis » qui veut dire tout simplement : façon, manière. « Il est lié à la technique, « technê » qui ne désigne pas seulement le faire de l’artisan et son art, mais aussi l’art au sens élevé du mot et les beaux-arts. La techné fait partie du produire, de la poiêsis ; elle est poiétique. [2] » Ainsi, si l’art est une technique et la technique un art, la beauté de cet art ne se réalise pleinement que si son geste est libre. Dans le cas contraire, il est l’élément servile d’une technologie dominante. L’art libre veut dire la technique libre.

Heu. C’est quand même un peu réducteur là pour la définition latine. Déjà dans l’antiquité, l’art est lié à la pratique, et par extension aux règles de la pratique, de la profession, voire à la théorie - et plus tard on parlera des arts libéraux, grammaire, dialectique, rhétorique, arithmétique, géométrie, astronomie, musique.. Art dit plus quelque chose qui décrit l’intelligence en jeu dans une pratique, que la simple "manière" ou "façon". C’est déjà le sens aristotélicien, le métier, l’habileté, art manuel, art politique, arts du langage, etc... Quant à la référence à Heidegger.. humm.... quand on lit La question de la technique [1954], il semble quand même qu’on soit là en face d’un pamplet extrêmement virulent envers une certaine conception de la technê comme intrument, ce qui nous empêche de percevoir son essence. Or cette essence, c’est un monde qui se pervertit, un arraisonnement de la nature, etc... et comme nous sommes fascinés par la technique , on ne voit pas le danger propre à son dévoilement. Là je résume. Au final, la question se pose là du destin de l’art, environné de toute part par les réalisations de la technique. etc... L’auteur nous invente le concept de technique libre, auquel Heidegger n’avait pas songé je crois. Et nous démontre que l’art libre veut dire la technique libre. Moi je veux bien. Le problème c’est que l’auteur nous expose sa pensée de manière tellement concise, qu’on a un peu de mal à le suivre. Par exemple, j’ai du mal à voir exactement dans quel sens il se réfère à Heidegger, est-ce que c’est une référence signifiante, ou juste qu’il y a trouvé une définition commode, une autorité qui le fait.

Parce que « art » est un mot « poil à gratter ». Il chatouille le fond culturel commun, il le fait briller en le libérant de l’épaisse couche protectrice qui tient les êtres et les choses captifs.

Oui ça c’est très beau. J’ai moi-même écrit sur ce thème, mais pas aussi joliment.

Parce que « art » n’est pas un gros mot. C’est juste un petit mot qui se marie très bien avec la liberté.

heu là je suis moins sur... Enfin je ne dirais pas les choses comme ça. Disons que ça reste à préciser. Disons d’une manière générale, que beaucoup de choses restent à démontrer, beaucoup d’articulations logiques et de sous-entendus m’échappent manifestement..

Mais reconnaissons que toutes mes remarques sont peut-être infondées, parce que tout simplement je n’ai su percevoir le statut correct de ce texte : est-ce de la philosophie ? de la poésie ? ou du "texte" comme diraient les déconstructivistes ? Ou bien une manifestation d’art libre ?

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Là j’ai un peu de mal, tout de même... , le 7 septembre 2005 par mpop (1 rép.)

Cet article est fort intéressant, mais l’aurait été encore plus s’il avait été parfaitement compréhensible. Petit exemple en passant :

L’art libre est un trou qui fait ouverture dans le mur de la Culture. C’est sa respiration vitale autant que sa mise en danger nécessaire. Une mise en branle de l’habitacle. Aussi, il ne pourrait y avoir de « Culture Libre » sans que celle-ci ne soit nourrit par ce qui la troue : un art libre. De la même façon qu’il n’y a pas de Culture vivante sans cet art vivace qui excède le culturel même.

Malgré mes études de lettres et une certaine habitude de ce type de style et de discours quelque peu "littérarisant", j’avoue avoir un peu de mal avec ce passage, ainsi qu’avec quelques autres passages de cet article.

Cet article nous dit : la LAL n’est pas faite pour l’Art. Ni pour la Liberté. En fait, pour aucune catégorie trop définitive et sclérosante. Une fois qu’on a dit cela, on n’a pas dit grand chose en réalité. Les définitions de ce que sont censés être l’Art et la Culture, et de ce que sont l’art libre (sans majuscules) et la culture libre (non plus), me semblent pour le moins opaques. Les métaphores et images employées cèdent à la tentation du poétique, et la démonstration perd en clareté.

Au final, ce texte n’est pas incompréhensible, mais demande un certain "déchiffrage". Or mon expérience m’a appris que le déchiffrage de textes d’abord obscur, textes philosophiques et poético-artistiques, n’est pas forcément un gage de qualité. Sans tomber dans l’écueil inverse, c’est à dire la condamnation de tout ce qui "sonne" intellectuel et compliqué sous prétexte qu’il s’agirait uniquement de démonstrations stylisées et plus développées sur la forme que sur le fond, je ne peux m’empêcher d’être méfiant envers ce texte qui, au final, semble brasser des mots pour pas grand chose.

Je suis peut-être le seul à avoir ressenti les choses comme ça, mais ce discours de style arty me laisse perplexe sur l’efficacité de la démonstration. Ne s’agissait-il pas, au départ, de rassurer sur la présence du terme Art dans Licence Art Libre, et d’expliquer que cette licence avait d’autre application que la revendication élitiste du « Moi je fais de l’Art, Monsieur ! » ?

> Là j’ai un peu de mal, tout de même... , le 6 octobre 2005 par pascao

Tout à fait d’accord. Cet article est l’inverse de l’image que cherche à acquérir la licence Art Libre : trop inaccessible. Voire nébuleux !

Ceci n’est bien sûr pas une critique de la licence elle-même !

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Ikario, une galerie photo sous la LAL , le 7 septembre 2005 par Ikario (3 rép.)

Et bien moi, j’ai choisi la LAL depuis ce printemps pour publier mon travail. Partager, faire découvrir, ouvrir et non fermer ces créations. Cela me semble important.

Des personnes ont utilisé des photos pour leurs propres travaux et c’est très bien, j’en suis fier.

Mon site http://ikario.net

Salut à tous

Ikario

> Ikario, une galerie photo sous la LAL , le 9 septembre 2005 par frenchy

Hello Ikario,

Effectivement tes photos sont superbes :)

Par contre elles sont toutes en petit format ? Tu utilises la LAL pour te faire connaître et vendre ensuite les grands formats ?

Dans ce cas tu n’es pas loin des catalogues de photos commerciaux sous "full" copyright et lorsqu’on aime il faut acheter le grand format ... Relativement les grands formats Creative Commons-by-nc me semblent alors de façon contradictoire plus "libres" ...

Bon je te taquine un peu (la LAL et moi c’est une longue histoire d’amour) par contre honnêtement tes photos sont superbes (dommage qu’elles soient pas aussi sur Flickr en CC-by-sa, tu serais une star dans le web anglophone) !

Les photos Flickr Creative Commons : http://www.flickr.com/creativecommons/

PS : je crois que la LAL n’est toujours pas compatible avec les CC libres (CC-by-sa)

La liberté c’est relatif (je crois)

> Ikario, une galerie photo sous la LAL , le 11 septembre 2005

Salut Frenchy,

Merci pour le compliment.

Je te précise qu’il n’est pas question pour moi de faire de l’argent avec mes photos. J’ai déjà fourni des images hautes résolution à STF de Lacrymosa dans son projet de cours métrage d’animation (la page LAL du mon portail fournie cette précision : les fichiers hautes résolutions sont dispo pour les personnes intéressées).

Si un éditeur de cartes postales me contacte pour obtenir ces fichiers, il ira se faire voir.

Si une personne souhaite utiliser ces photos dans un projet artistique, il m’en parle et si ce n’est pas un mercanti (rien à voir avec la qualité du projet), alors il aura ce qu’il veut.

Bonne continuation.

Ikario

Ikario, une galerie photo sous la LAL , le 8 juin 2006 par bartholomeus

"Si un éditeur de cartes postales me contacte pour obtenir ces fichiers, il ira se faire voir

Ben, vu que tes photos sont sous license LAL, l’éditeur de cartes postales a le droit de les utiliser pour la vente non ? Tu peux lui refuser les grands formats ? On est plus vraiment dans le libre la lol

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> Pas que les artistes sous Art Libre ! , le 7 septembre 2005 par Gerard (0 rép.)

Preuve tout récente avec ce livre blanc : Organisations et Logiciels Libres

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