Quand le Sous-commandant Marcos voit un symbole de la lutte dans l’improbable transformation d’un poulet en pingouin !

« Le Sous-commandant Marcos est le principal dirigeant et le porte-parole d’un groupe révolutionnaire indigène mexicain appelé l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN). Modifiant son discours au fil des années : il est passé du marxisme-léninisme à l’altermondialisme, sans pour autant déposer les armes. Il doit son succès international, en particulier auprès de la gauche intellectuelle européenne, à son talent littéraire et à ses textes ironiques. Sur le plan interne, les avis sont partagés, en particulier au sein de la population indigène, dont il se proclame le défenseur. » nous dit l’encyclopédie libre Wikipédia.

Soit. Mais que vient faire le Sous-commandant Marcos sur Framasoft, au risque d’irriter les visiteurs peu enclin à lui donner du crédit ? Sa présence est a priori aussi incongrue que de trouver un pingouin dans les montagnes du Mexique ! Mais c’est bien parce qu’il en a trouvé un et qu’il nous raconte cela avec, à vous de juger, "talent" et "ironie", que nous avons exceptionnellement décidé de lui ouvrir notre Tribune. L’extrait que nous reproduisons ici est issu d’un article zapatiste qui s’inscrit dans l’actualité politique et sociale du pays et du continent. Mais ainsi sorti de son contexte, et au risque d’irriter les visiteurs enclin à lui donner du crédit, cela donne une histoire que l’on pourrait presque raconter aux enfants : celle d’un poulet, unique survivant de sa tribu, qui trouve grâce aux yeux des hommes parce qu’il a la bonne idée de se transformer en pingouin !

Il y a bien sûr le clin d’oeil potâche pour un animal que nous apprécions tout particulièrement. Mais la conclusion parabole de "l’homme au passe-montagne", peut entrer en résonance avec bon nombre de mouvements de libération qui n’impliquent pas nécessairement de prendre le maquis en pratiquant la lutte armée.

Un pingouin dans la forêt Lacandone

[extrait - fin de l’article]

Bien. Chose promise, chose due. Au début de ce texte, je vous disais que je vous parlerais du pingouin qui est ici, dans les montagnes du Sud-Est mexicain. Alors, voilà.

C’est arrivé dans une des casernes d’insurgés, il y a un peu plus d’un mois, à la veille de l’alerte rouge. J’y étais de passage, en route pour la position qui allait être le quartier général du Commandement général de l’EZLN. Je devais passer prendre les insurgés et les insurgées qui constitueraient mon unité pendant cette alerte. Le gradé qui commandait la caserne, un lieutenant-colonel insurgé, achevait de lever le camp et prenait les dernières dispositions pour emporter les impedimenta. Dans le but de ne pas trop dépendre des vivres qu’envoient les bases de soutien pour ravitailler les troupes insurgées, les combattants de cette unité essayaient d’assurer leurs propres moyens de subsistance, avec un potager et des animaux de basse-cour. Il avait été décidé d’emporter du potager ce qui pourrait l’être et que le reste serait laissé à se débrouiller tout seul. En ce qui concerne les poulets, les poules et les coqs, il fallait soit les manger, soit les laisser là. "Il vaut mieux qu’on les mange, nous, plutôt que les fédéraux", décidèrent, non sans raison, les hommes et les femmes (de moins de vingt ans, pour la plupart) qui occupaient cette position. L’un après l’autre, les animaux sont donc passés à la casserole, et, de là, ont atterri dans les assiettes creuses des combattants. Il n’y avait pas tant de volailles que ça, et, en quelques jours, la population avicole s’est vue réduite à deux ou trois exemplaires.

Quand il n’est resté plus qu’un poulet, justement le jour du départ, il est arrivé ce qui est arrivé...

Le dernier poulet a commencé à déambuler debout sur ses pattes, essayant sans doute avec cette posture de se confondre avec nous pour passer inaperçu. Moi, je ne sais pas grand-chose en zoologie, mais il semble que l’anatomie des poulets ne leur permet pas de se dresser de cette façon-là, de sorte qu’avec le ballottement que produisaient ses efforts pour se tenir tout droit, le poulet marchait en titubant, sans direction précise. C’est à ce moment-là que quelqu’un a dit qu’il ressemblait à un pingouin. Ça a fait rire tout le monde et le rire a provoqué une certaine sympathie pour l’animal. Le poulet avait effectivement l’air d’un pingouin, à qui il ne manquait qu’une tache blanche sur le poitrail. Le fait est que les plaisanteries dont il a fait l’objet ont fini par empêcher que ce "pingouin" subisse le même sort que ses congénères.

L’heure du départ venue, affairés à vérifier que rien ne manquait, on s’est rendu compte que le "pingouin" était toujours là à se balancer d’un côté à l’autre, mais sans revenir à sa posture "naturelle". "Emmenons-le !", ai-je dit alors, et tout le monde m’a regardé pour voir si je plaisantais ou si je parlais sérieusement. L’insurgée Toñita s’est offerte pour l’emmener. Comme il commençait à pleuvoir, elle l’a pris contre elle, sous la lourde cape en plastique avec laquelle Toñita protégeait son arme et son sac à dos. Sous la pluie battante, nous nous sommes mis en route.

Le pingouin est arrivé jusqu’au QG de l’EZLN et s’est rapidement adapté à la routine établie pour l’alerte rouge insurgée. Souvent il rejoignait (sans perdre sa posture de pingouin) les insurgé et les insurgées à l’heure de la cellule, c’est-à-dire le moment consacré aux études politiques. En ce moment, elles ont pour thème les 13 exigences zapatistes, ce que les compañeros résument en disant : "Pourquoi luttons-nous ?" Eh bien, vous n’allez pas le croire, mais quand je me suis rendu à la réunion de la cellule, sous le prétexte de venir chercher du café chaud, j’ai constaté que c’était le pingouin qui était le plus attentif. Il ne s’en tient pas là, de temps à autre, il picote même quelqu’un qui s’est endormi en pleine discussion politique, comme s’il voulait le rappeler à l’ordre et lui faire prêter attention.

Il n’y a pas d’autres animaux dans la caserne... Enfin, à part les couleuvres, les tarentules "chibo", deux rats des champs, des grillons, des fourmis et un nombre indéterminé (mais très grand) d’échassiers, ainsi qu’une pénélope qui chante de temps en temps, sans doute parce qu’elle se sent stimulée par la musique des cumbias, des rancheras, des corridos et des chansons d’amour et de dépit qui sortent de la petite radio dont on se sert pour écouter les nouvelles du matin de Pascal Beltrán, sur Antena Radio, avant d’écouter "Sur la place publique", de Miguel Ángel Granados Chapa sur Radio UNAM.

Alors, je vous disais qu’il n’y a pas d’autres animaux, et c’est normal que "Pingouin" pense que nous sommes ses congénères et qu’il cherche à se comporter comme nous. Nous ne nous en sommes pas aperçus, jusqu’au soir où il a refusé de manger dans le coin qu’on lui a réservé et où il est venu jusqu’à la table en rondins. Pingouin a fait un scandale, plus propre d’un poulet que d’un pingouin, jusqu’à ce que nous comprenions qu’il voulait manger avec nous. Il faut que vous sachiez que la nouvelle personnalité de Pingouin interdit à cet ex-poulet de voler, même un minimum, pour monter sur un banc, aussi est-ce l’insurgée Erika qui le monte et qui lui donne à manger de son assiette.

Le capitaine insurgé qui commande la place m’a dit que le poulet, pardon, Pingouin, n’aime pas rester tout seul la nuit, peut-être parce qu’il a peur que des sarigues, des tlacuaches comme on dit ici, le prennent pour un poulet. Alors il proteste jusqu’à ce que quelqu’un l’accepte sous son toit. Il ne faudra pas attendre longtemps avant qu’Erika et Toñita ne lui fasse un tablier blanc en toile pour sa poitrine (elles voulaient le teindre avec de la chaux et de la peinture de bâtiment, mais j’ai réussi à les en dissuader ; enfin, je crois...), pour qu’il soit bien clair que c’est un pingouin et que personne n’aille le confondre avec un poulet.

Vous penserez sans doute que je suis, ou que nous sommes, en train de délirer, mais ce que je vous raconte est vrai. Entre-temps, Pingouin a fini par faire partie du Commandement général de l’essétaèlène. Vous aurez peut-être l’occasion de le voir de vos propres yeux si vous venez participer aux réunions préparatoires pour l’"Autre campagne". Il est aussi fort probable que Pingouin sera la mascotte de l’équipe de football de l’EZLN quand celle-ci s’affrontera, prochainement, à l’Inter de Milan. Peut-être quelqu’un prendra-t-il une photo pour conserver le souvenir de cet événement. Et peut-être que, dans quelques années, en regardant le cliché, un petit garçon ou une petite fille demandera : "Maman, c’est qui les gens qui sont à côté de Pingouin ?" (Soupirs.)

Vous savez quoi ? Maintenant que j’y suis, je pense que nous sommes comme Pingouin et que nous aussi, nous nous efforçons de nous tenir bien droit sur nos pattes et que nous essayons de nous faire une place au Mexique, en Amérique latine et dans le monde. Comme notre anatomie, de fait, ne se prête guère au voyage que nous allons faire, on peut être sûr que nous aussi nous marcherons en titubant et en vacillant maladroitement, et que nous soulèverons l’hilarité et la plaisanterie sur notre passage. Mais comme Pingouin, peut-être que nous aussi nous susciterons un peu de sympathie et qu’il y aura quelqu’un pour nous prendre dans ses bras, généreusement, et pour nous aider, en marchant à nos côtés, à faire ce que tout homme, toute femme ou tout pingouin doit faire, à savoir, essayer toujours d’être meilleurs, de la seule façon possible, autrement dit en luttant.

Voilà. Salut et un baiser (?) de Pingouin.

Des montagnes du Sud-Est mexicain.
Sous-commandant insurgé Marcos
Mexique, juillet 2005.

Traduit par le compañero Angel Caido.

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Quand le Sous-commandant Marcos voit un symbole de la lutte dans l’improbable transformation d’un poulet en pingouin ! , le 8 février 2008 par ewan (0 rép.)

Il est cinglé et je l’adore !!!! plus que pour son humour évidemment, pour ses qualités dans la lutte qu’il mene... Rare sont les luttes qui ont recours a la violence et qui savent rester juste et dans les limites respectables. N’oublions pas la nature de la révolte de 1994, et la manière dont elle a été conduit tant par l’EZLN que par le "gouvernement" de l’époque. C’est avec un soupir de soulagement qu’on peut constater qu’une gauche ose parfois s’opposer aux dérives extrêmement grave des externalités du système contemporain. Ce qui est terrible c’est qu’on parle plus des fascistes des FARC, ou des enfoirés de castristes que d’eux. Ils préfèrent la lutte de basse intensité, ou la mort plutôt que de recourir a d’inacceptable et lâche prise d’otage. Ils n’ont que la plume de Marcos pour attirer le feu des caméras, et lorsque celle-ci les délaissent ils préfèrent alors subir ceux de l’armée que de renoncer a leurs idéaux et à leurs dignités

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> Quand le Sous-commandant Marcos voit un symbole de la lutte dans l’improbable transformation d’un poulet en pingouin ! , le 29 octobre 2005 (0 rép.)

Le sub a l’art de trouver des symboles... En tout cas son combat et ses idées sont utiles pour le Mexique, mon pays et la terre entière. C’est un grand révolutionnaire, poète, philosophe, théoricien etx... Il nous fait imaginer le monde tel qu’il devrait être... Bien le bonjour à Don Durito et à Speedy Gonzalez. Dès que j’irai au Mexique, promis le sub, je t’apporte des chorizos. Esteban "El Mejicano"

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> Quand le Sous-commandant Marcos voit un symbole de la lutte dans l’improbable transformation d’un poulet en pingouin ! , le 22 septembre 2005 par jean paul damaggio (0 rép.)

dans l’article sur Marcos je précise que si zancudos c’est échassier en espagnol c’est moustique en amériquelatine. je vous fais passer ce travail sur la sexta. amicalement jean-paul damggio

Un échange sur la question féministe :

Le mercredi 7 septembre 2005 le journal mexicain La Jornada publie cet article de Rosa Rojas qui met en cause l’EZLN sous ce titre : L’EZLN a expulsé des groupes féministes de ses zones d’influence. « Des féministes du Chiapas qui travaillent pour les droits des femmes ont indiqué à la Comandancia General de l’EZLN que leurs organisations avaient été expulsées du territoire zapatiste, et que quelques Indigènes qui recherchèrent leurs services furent menacées de prison. Suite à la Sexta Declaración de la Selva Lacandona, au cours d’une des réunions pour mettre en marche la otra campaña, des membres du groupe des femmes de San Cristóbal, appartenant au Colectivo Feminista Mercedes Olivera AC, del Centro de Derechos de la Mujer de Chiapas AC y del Feminario, ont déclaré : "Nous n’avons jamais compris pourquoi, sans la moindre explication, on demanda à quelques organisations non gouvernementales (ONG) de sortir des communautés et régions zapatistes où nous intervenions, même quand les projets mis en œuvre étaient discutés avec les communautés et administrés avec transparence. Nous savons comme vous, que les problèmes de « genre » sont universels. Nous n’avons jamais pensé que d’appartenir à l’organisation cela pouvait les faire disparaître automatiquement, mais nous pensons aussi qu’on peut les combattre. Atteindre le respect et l’égalité entre hommes et femmes, récupérer la possibilité d’être maîtresses de nos corps, d’exercer une sexualité libre et responsable, de revaloriser nos identités, sera un long chemin surtout quand les inégalités se cachent sous les traditions. Que pouvions-nous faire quand les femmes violées ou maltraitées recourraient à nos services en quête d’attention ? Que faire pour prévenir ces problèmes ? Plusieurs fois nous avons demandé à votre organisation un lieu pour parler de ces problèmes et d’autres, comme l’achat de femmes ou le vol de leurs terres en zones zapatistes, mais nous n’avons jamais eu de réponse. Au contraire, parfois on frappa ou menaça de prison celles qui cherchaient nos services." Elles ont proposé de construire ensemble une politique d’alliances "claire et respectueuse des différences, qui fonctionne de façon transparente et horizontale, sans autoritarismes, « verticalismes » ni exclusions arbitraires". Ensuite, par téléphone, elles ont indiqué qu’après leur intervention des envoyés de la Comandancia General del EZLN leur ont demandé de parler avec elles mais ce ne fut pas possible car quelques unes des intervenantes s’étaient retirées en attendant que se fixent une date et un lieu pour une telle réunion. »

Que pouvaient répondre les Zapatistes ? Le jour même, dans un communiqué Marcos déclara :

« Nous étions en train d’écrire cette lettre quand nous avons lu la note apparue dans La Jornada du 7 septembre 2005 signée par Rosa Rojas. qui rend compte de la critique qui, librement et sans censure, a été faite publiquement, à la réunion des ONG des 27 et 28 août. Voici la déclaration que nous voudrions faire à ce sujet : En effet, avec vous (et pas seulement avec vous), notre structure politico-militaire a commis, au cours des années passées une série d’actes arbitraires et injustes. De tels actes se sont produits même au-delà de la zone où vous travaillez, en fait on peut même dire dans toutes les zones. Sur ce point, nous vous présentons (à vous et à toutes celles que subirent nos dommages) publiquement nos excuses en espérant que votre noblesse puisse les accepter. Cependant, nous considérons que dans ce type d’erreurs (et d’autres) que nous avons commises au cours de notre histoire comme organisation, il ne suffit pas de présenter des excuses (et ne suffisent pas les sanctions prises alors envers les responsables de ces actes d’autoritarismes). C’est pour cela qu’à partir de 2001 nous avons commencé un processus de restructuration interne en vue d’enlever à l’appareil politico-militaire, de façon tendancielle et irréversible, les questions touchant aux structures civiles propres aux communautés indigènes. Nous avons reconnu ainsi que la présence de nos chefs politico-militaires n’était pas toujours bénéfique au développement de la résistance et que, assez souvent, nous avions à résoudre, à partir de critères militaires, des questions qui avaient plutôt besoin de critères politiques. Pour cette raison (et d’autres) furent créées les Caracoles et les Juntes de Bon Gouvernement. A présent les camarades hommes et femmes, formant les autorités civiles, prennent leurs décisions sans dépendre des autorités militaires et sans les consulter. Tous les travaux dans les communautés, y compris le plus louable quant à la promotion des droits des femmes, sont réalisés à présent, et depuis quelques années, directement par les Juntes du Bon Gouvernement et les autorités des communautés. Nous ne nous y impliquons en rien. Vous (et d’autres comme vous) ne verront plus en nous un obstacle à leur intervention, vous aurez seulement à gagner l’approbation et l’agrément des peuples. Si nous vous avions demandé une réunion bilatérale c’était pour parler de cette question et d’autres qui à présent ne sont plus nécessaires. Nous comprenons que, par votre intervention publique et à présent par la note journalistique, vous demandez une explication et des excuses publiques et nous les présentons ici. Nous espérons sincèrement, que l’erreur que nous avons commise, et que nous reconnaissons publiquement, ne vous a pas arrêtée dans votre travail de promotion et de défense des droits des femmes indigènes et non-indigènes et que vous trouvez en vos cœurs la bonté pour pardonner à nos bourdes passées (en répétant que nous nous engageons à ne pas retomber dans les mêmes travers). Santé et noblesse. El Sub. »

-----> Quand le Sous-commandant Marcos voit un symbole de la lutte dans l’improbable transformation d’un poulet en pingouin !

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>il a oublié de mettre une cagoule sur la tête du pingouin , le 8 septembre 2005 (0 rép.)

Un bien joli article qui fait chaud au coeur !!! Viva la revolucion !! (des pingouins !!)

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Manchot ou pingouin ? , le 30 juillet 2005 par rezki (0 rép.)

Je soupçonne fort le Sous-commandant de confondre le pingouin et le manchot. Le Sous-commandant sait-il que le pingouin est un oiseau et qu’il vole ? Framasoft aussi confond pingouin et manchot. Tux fait partie de ces derniers et un article qui parle des pingouins n’a rien, mais rien à voir avec l’informatique. Sauf si on considère que les windowsiens sont des poulets en batterie, ce que je veux bien croire.

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> Quand le Sous-commandant Marcos voit un symbole de la lutte dans l’improbable transformation d’un poulet en pingouin ! , le 29 juillet 2005 par Sous commandant Marcos (3 rép.)

D’une part je trouve çà courageux de faire référence à un tel sujet sur un site peu enclin à diffuser sur l’altermondialisme social.

D’autre part, je trouve çà peu courageux de ne pas assumer et de prévenir le visiteur que la référence n’est que "virtuelle".

Est-ce que dans le domaine informatique on est si peu intéressé par les questions sociales ? Même les nôtres ?

> Quand le Sous-commandant Marcos voit un symbole de la lutte dans l’improbable transformation d’un poulet en pingouin ! , le 29 juillet 2005 par Sous-citoyen Albert

Wow, le Sous-commandant en personne le jour même de la sortie de l’article et qui connait si bien le site qu’il est à même d’affirmer qu’il est peu enclin à diffuser sur l’altermondialiste !

Je ne fais partie de la team mais je crois que si Framasoft se mettait à prendre position en faveur ou non de l’altermondialisme (ce qui ne veut rien dire soit dit en passant), il brouillerait considérablement son message, perdrait de son impact et se mettrait à dos une bonne partie de ses sympathisants participants.

Cela n’empêche pas les ponts informels ou naturels de se constituer mais chacun son fond de commerce si j’ose dire !

> Quand le Sous-commandant Marcos voit un symbole de la lutte dans l’improbable transformation d’un poulet en pingouin ! , le 29 juillet 2005 par fun sun

Sous commandant Marcos,

Je crois que oui. Tout le problème vient de ce que les informaticiens du libre veulent convaincre le monde de l’entreprise parce que c’est là où ils trouveront matière à soutien et à financement.

Ils ont une très grande peur de l’implication des mouvements sociaux, altermondialistes ou autres organisations car si au libre est collé cette image alors le monde de l’entreprise risque de les fuir à cause de cette connotation sociale et politique.

Donc le libre doit prendre la pseudo-neutralité de l’économie qui n’a jamais été neutre en fait puisqu’il y a une forte connotation sociale et politique derrière tout de même mais, chut, on ne doit pas en parler.

La licence GPL de Stallman comporte une forte connotation politique qui en dérange plus d’un et on s’est vite arrangé "pour ne pas trop effrayer les entreprises" de créer l’open source... Autrement dit, amenuiser l’effet viral de la GPL et le contenu politque qui se trame derrière.

Selon moi la stratégie est simple : tant que tout n’est pas encore décidé et marqué le monde de l’informatique restera relativement ouvert mais une fois certains problèmes résolus, il y aura une refonte de la problématique.

D’un côté l’entreprise, de l’autre les rêveurs.

J’espère une chose : me tromper dans cette analyse. Cependant je ne m’illusionne pas. L’informatique est un besoin tel, je me répète, que la société est prête à accorder, tolérer des modèles d’organisation non conventionnels aux informaticiens tant qu’ils ne remettent pas en cause le modèle même de l’entreprise ou de son organisation politique.

Les organisations et mouvement sociaux le font donc litigieux...

> Quand le Sous-commandant Marcos voit un symbole de la lutte dans l’improbable transformation d’un poulet en pingouin ! , le 26 août 2005 par nico

Que la question sociale soit au fond bien plus importante que la question du logiciel libre elle-même, je pense (j’espère ?) qu’il y a un quasi-consensus dans la communauté Framasoftienne.

Sur les réponses à y apporter, c’est autre chose.

Et personnellement, je verrais d’un bien mauvais oeil Framasoft faire l’apologie de la guérilla... cela répond-il à la question ?

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Mon interprétation à deux balles , le 29 juillet 2005 par Un ancien poulet (1 rép.)

Tentative de décryptage.

Les windoziens ne seraient que des poulets condamnés à une mort intellectuelle certaine sauf si ils migrent vite fait vers linux en s’engageant dans le lutte contre les abus de la propriété intellectuelle et les lois liberticides.

J’ai bon ?

 :-)))

> Mon interprétation à deux balles , le 14 août 2005 par elrik

Moi, je pencherais vers l’idée que la métaphore était de passer à Linux pour éviter de se faire plumer... Comme quoi, les analyses !!! ;-)

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> Des preuves, des preuves ! , le 29 juillet 2005 par Sous-citoyen Albert (2 rép.)

Amusant, ça nous change un peu de ce qu’il se raconte d’ordinaire ici.

Je soupçonne fortement le Sous-commandant (pourquoi sous d’ailleurs ?) d’avoir légèrement forcé le trait pour appuyer son propos.

Je veux voir une photo de poulet-pingouin ! Je veux une preuve quoi.

Tant qu’on y est, juste par curiosité, je veux une photo de Marcos sans son passe-montagne.

> Des preuves, des preuves ! , le 29 juillet 2005 par Didier

On peut le voir ici

En pleine démonstration qu’on peut faire plein de chose avec un passe montagne. ;o)

Et pour le poulet-pinguoin, je craint la métaphore plus que le miracle zoologique.

explication , le 24 juin 2006 par Lazy

"Sous commandant" car Marcos est au service de la population indienne. Il n’est là que pour défendre les droits des indiens. Et non dans un intérêt personnel...Et Marcos ne quitte pas son passe montagne.

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> Quel est l’intérêt ? , le 29 juillet 2005 par laguiche (1 rép.)

Bon d’accord, l’histoire est pittoresque. Mais mon grand père m’en raconte des biens bonnes également, ce n’est pas pour autant que j’irai exposer sa prose dans Framasoft ! Quel est l’intérêt du texte ?

> Quel est l’intérêt ? , le 29 juillet 2005 par Etienne J.

Les voilà, les humains : l’intérêt seul décide
Leur mépris, leur estime : ils n’ont pas d’autre guide

Jean-François Cailhava de L’Estandoux

Souvenez-vous que l’intérêt des compagnies pharmaceutiques est la maladie.
William Burroughs

Je ne fais que des photos sans intérêt, l’avantage c’est que quand elles sont ratées je m’en fous !
Philippe Geluck

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