Réflexion philosophique : Free as in free speech or free as in free labour ?

Travailler non pas pour "gagner sa vie" mais pour créer de la culture libre, c’est agir en faveur de la culture plutôt que la consommer. C’est également interroger la notion même de travail qui dépasse alors le cadre de l’économie traditionnelle [1].

Issue du Free Software Magazine et traduite par skizorico, une enquête philosophique de David M. Berry, chercheur anglais de l’Université du Sussex et membre de la Libre Society.

L’illustration, issue de Flickr et sous licence Creative Commons BY-SA, a été uploadée par pbyrne le 8 juin 2005.

Réflexion philosophique sur la culture libre

Le logiciel libre alimente Internet et rend son existence possible. Partout dans le monde, certains mettent gratuitement leurs idées et leurs compétences au service d’un mouvement dont l’envergure va croissant. Internet lui-même a en grande partie pris naissance dans une culture de partage de contenu et de code source inscrite dans un « espace » public à l’échelle planétaire. Par conséquent, la constellation de logiciels qui nourrit Internet - et le contenu auquel elle sert de support - est dans de larges proportions non-commerciale, issue d’une production collégiale et gratuite. Mais pourquoi certains choisissent-ils de programmer, de bidouiller, de tester et d’écrire pour participer à la création d’une culture libre ?

Ce travail gratuit a beau être le sang du logiciel libre et de la culture libre, les motivations de cette communauté restent encore floues. Cette question intrigue en effet beaucoup ceux - et ils sont nombreux - pour qui cette démarche jure avec la conception traditionnelle de la production. Théoriciens et chercheurs ont tenté, par des approches diverses - hypothèses individualistes ou psychologiques au terme desquelles ils concluaient à des préférences ou à des « motivations » personnelles, postulats d’un système d’information ou de structures institutionnelles émancipées de tout frein, considérations essentialistes sur l’humain, le système de troc, l’économie de libre-échange, la charité, la théorie du bien public, et même l’idée de « plaisir » -, d’y apporter une explication . Malgré leurs efforts, le mystère reste entier. Aucune des hypothèses proposées ne fournit une réponse satisfaisante à la question posée, à savoir : pourquoi des programmeurs, des utilisateurs et de nombreux artistes amateurs contribuent-ils à des projets de culture libre ?

Cet article traite du logiciel libre et de la culture libre, en parallèle avec les concepts que présente Hannah Arendt dans son ouvrage The Human Condition, pour citer quelques-uns des aspects principaux du travail au sein de ce que Yochai Benkler nomme « la production commune collégiale ». J’y pose la question de savoir si derrière la fameuse « Hacker’s Ethic » (l’Éthique du bidouilleur) ne se cachent pas d’autres facteurs de motivation. En effet, on considère généralement la fabrication d’un « bien » comme un acte non naturel, et la question du logiciel libre bouscule certaines de nos idées, dictées par le sens commun, sur le travail en tant que tel.

Libre comme « logiciel »

La production logicielle, mue par des dynamiques multiples, nécessite des ressources coûteuses en termes d’équipement et d’outils de base, mais elle s’avère également coûteuse à l’échelle plus large de l’industrie informatique. C’est un domaine qui génère d’énormes profits et fournit un emploi à de nombreuses personnes, dont on exploite le travail exigeant, complexe et accaparant grâce au droit d’auteur et au dépôt de brevet. En retour, comme le montre le niveau des salaires, on peut récompenser grassement bon nombre de programmeurs. Malgré cela, la programmation de logiciels reste une activité laborieuse ; autrement dit, on paie le programmeur en contrepartie de son activité. Le produit de son travail, le code, est la propriété de l’entreprise qui l’emploie.

Le logiciel libre, en revanche, est conçu hors du bureau-fabrique, il est produit gratuitement et destiné à servir des projets partageant de nombreuses caractéristiques communes. Il est la propriété, si tant est que l’on puisse employer ce terme, de tout un chacun, et est mis gracieusement à la disposition de tous - même si sa diffusion est parfois soumise aux astreintes d’une licence telle que la General Public License du projet GNU (GPL). Ces programmes ne sont jamais totalement le fruit d’une activité rémunérée ni d’un passe-temps ; par leur nature collégiale, ils ne sont pas la propriété d’un seul, mais on ne retire pas non plus celle-ci à son auteur.

Voilà qui soulève deux questions sur le développement actuel du logiciel libre : 1) Pourquoi le logiciel libre est-il l’œuvre de programmeurs ? et 2) Le logiciel libre tend-il vers un rapport différent au « fruit de notre travail » et la possibilité de s’émanciper de la nécessité ?

La distinction que fait Hannah Arendt entre labour et work (labeur et travail) nous offre des notions fort utiles pour comprendre le monde du logiciel libre et les activités qui y sont associées. Comme l’explique Arendt dans The Human Condition, l’étymologie de ces deux termes, labeur et travail, nous apprend que même s’ils ont aujourd’hui valeur de synonymes, il n’en a pas toujours été ainsi. John Locke, par exemple, distingue le « travail manuel » du « labeur physique », et cette notion n’est pas sans rappeler la différence que faisaient les Grecs de l’Antiquité entre l’œuvre de l’artisan et la main d’œuvre fournie par les esclaves. On retrouve cette dichotomie du processus de production dans la séparation entre œuvre intellectuelle et travail manuel, et dans les connotations et valeurs qui leur sont associées.

Arendt explique que dans le monde antique, on considérait la notion de labeur avec mépris : il s’agissait d’une activité qui ne laissait aucune trace, aucun monument, aucun grand ouvrage digne de mémoire. Le labeur était réservé à ceux qui, comme « les esclaves et les bêtes domestiquées, pourvoient grâce à leur corps aux besoins de première nécessité ». De façon que nous puissions devenir civils - c’est à dire nous démarquer des animaux -, nous devions nous affranchir de la nécessité. De nos jours, la production par le labeur est la production des masses, et en dépit de Marx, elle est depuis toujours source de crainte chez les classes dirigeantes  elle est contrôlée et canalisée par le biais de structures aux codes complexes qui ont été capables de s’approprier leur capacité de production. Songez par exemple à l’école et aux chaînes d’assemblage des usines d’automobiles qui généraient ce que Foucault appelait les corps dociles des ouvriers. Ces derniers ne représentant qu’une infime fraction du processus de fabrication, ils étaient détachés du fruit de leur labeur. Forcés de travailler par nécessité (pour accéder au minimum vital), ils ne pouvaient devenir des êtres humains à part entière et demeuraient incapables d’action ou de réflexion politique.

À l’inverse, Arendt avance que chez ceux qui travaillent - ceux qui « œuvrent à » plutôt que ceux qui « besognent pour » - peut naître une réflexion (ils peuvent devenir des êtres conscients et actifs). Pour elle, le travail crée des biens durables - ses produits ne disparaissent pas mais nous offrent stabilité et solidité - je pense par exemple à une table que l’on se transmet de génération en génération, en opposition au travail d’un champ qui ne laisse aucune trace semblable. Pour Platon, la poièsis, la production d’objets, montre que l’artisan donne forme concrète à une idée : il s’agit d’un acte créatif de production dans le monde matériel. Alors que le labeur ne produit que pour la consommation immédiate ou les besoins du prolétaire, le travail crée quelque chose de durable (nous laisserons de côté, pour l’instant, la question ontologique et problématique de la pérennité du code source). C’est là un point important car c’est seulement en échappant à la nécessité que nous pouvons commencer à communiquer et devenir civils. Pour Arendt, le Travail est une des conditions nécessaires à l’Action - le domaine des grands accomplissements et des grandes paroles. Comme l’a remarquablement relaté Homère, on se souvient d’Achille grâce à ses actions, et non pas pour son besoin de contenter sa faim ou de se vêtir.

Arendt avance en fait que nous sommes devenus une société laborieuse ; en d’autres termes, toute activité humaine est aujourd’hui régie par un unique dénominateur commun : la volonté de nous assurer l’abondance et l’acquisition des biens de première nécessité. Par conséquent, chacun de nos actes est accompli dans le but de « gagner notre vie ». Toute occupation ne servant pas ce but devient alors un « passe-temps » et se voit subsumée dans la catégorie des loisirs. Ce qui régit notre société, c’est l’importance de produire des biens de consommation, et la course au profit encourage la production d’objets simplement destinés à se périmer le plus vite possible. Vivre pour les besoins de première nécessité était le lot des animaux - chez les Grecs, le mot désignant la torture est dérivé de nécessité (le domaine du labeur) et non de violence (le domaine de la guerre), et dans les sociétés antiques, on n’infligeait jamais la torture aux hommes libres, mais seulement aux prolétaires ou aux esclaves.

Parce que la vie en dépend, les besoins de première nécessité sont un moteur puissant. En nous poussant à besogner pour les acquérir, le capitalisme est capable de se présenter en tant que système social. Mais le logiciel libre appartient plus au domaine du travail que de celui du labeur ; dans une certaine mesure, il se situe hors du marché. Sa production basée sur la communauté et les actes de ceux qui les produisent semblent moins en rapport avec la nécessité qu’avec la fabrication d’œuvres durables (les codes). Le soin apporté à la production de tant de logiciels gratuits contribue à les rapprocher d’une fabrication d’ordre artisanal - le programme est sous bien des aspects « public », et son code source peut être lu et admiré par d’autres, ce qui à cet égard le rapproche d’un discours ou d’une œuvre d’art.

Libre comme « liberté »

Le deuxième question posée dans cet article est « le logiciel libre tend-il vers un rapport différent au fruit de notre travail et la possibilité de s’émanciper de la nécessité ». Le logiciel libre n’a en effet pas de lien direct avec la nécessité et se rapproche à de nombreux égards à l’œuvre d’un artiste - artiste qu’Arendt identifie comme le dernier véritable « travailleur » de notre société. D’après elle, nous ne serons pas libres tant que nous n’aurons pas pris conscience de notre assujettissement à la nécessité et que nous ne nous en serons pas affranchis. Puisque nous sommes forcés de « subvenir à nos besoins », nous serons toujours pris dans une spirale sans fin de labeur et de consommation. À mesure que les progrès de la technique permettent de créer plus de « temps libre », le façonnement de nos désirs par l’industrie de la publicité nous rend plus avides et plus insatiables - notre appétit n’est satisfait que par la consommation des biens qu’on nous fait miroiter. Chose surprenante, c’est dans cet espace de consommation que se développe le logiciel libre. Celui-ci se démarque cependant par son aspect créatif et productif. Créer de la culture libre, c’est agir en faveur de la culture plutôt que la consommer (c’est à dire la détruire).

Les possibilités qu’offrent la culture libre ne sont pas (encore) totalement induites, ou dénaturées, par l’œuvre des compagnies commerciales ou de la nécessité. On peut encore écrire des codes, créer des blogs et échanger ses idées sur la Toile ; cet acte de partage est aussi un acte de communication. Néanmoins, il intervient dans un espace fragile qui semble similaire aux zones autonomes temporaires (TAZ), notion popularisée par Hakim Bey. Les créateurs de la culture et du logiciel libre permettront-ils qu’on investisse, contrôle et dirige leur production vers la consommation ? On ne peut nier que les moyens énormes consacrés par les grosses entreprises à la réalisation d’un projet ont souvent raison de la volonté de résistance à la mentalité bureaucratique. Il est inévitable que de nombreux créateurs aient des sentiments différents de ceux qui cherchent à gagner de l’argent, et ils finissent par entrer en conflit avec la rationalité qui détermine les sociétés commerciales (qui veulent maximiser les profits). On peut compter dans la liste des exemples inquiétants la commercialisation croissante de la bulle Internet, les incursions répétées d’IBM dans le noyau de Linux, et même la colonisation par les entreprises des blogs et des sites de partage de photos.

En cessant d’envisager le logiciel gratuit et libre comme produit de la nécessité ou instrument (c’est à dire une simple activité technique), nous pouvons le repositionner dans le domaine de la créativité humaine. Si le logiciel libre se situe hors de la sphère du labeur, alors en s’appuyant sur la thèse d’Arendt nous commencerons peut-être à le comprendre comme une possible condition nécessaire à un acte politique. Le logiciel libre est intéressant en ce qu’il semble contribuer à rendre possible le Travail et l’Action, de permettre à l’humain d’accomplir de grands œuvres, et à travers le code, de s’exprimer et de laisser une trace ou un souvenir. Par exemple, le logiciel critique (critical software), notion établie par Mathew Fuller, tend à mener une action politique, à subvertir des codes existants, et à donner droit de regard et liberté à l’utilisateur d’ordinaire passif. De la même manière, le logiciel libre, en ouvrant son code source, confère un droit de regard au créateur et à l’utilisateur, offrant ainsi à ce dernier la possibilité d’agir plutôt que de le diriger et le contrôler - je pense par exemple à la façon dont un logiciel de traitement de texte peut influer sur les choix de l’utilisateur par ses « suggestions » orthographiques et syntaxiques.

Le domaine de l’économie et du marché appartient à la sphère de la nécessité - on n’y a pas la liberté d’agir, que ce soit de manière créative ou politique. À l’inverse, le logiciel et la culture libre, qui se développent dans la communication (c’est à dire comme dans une conversation entre volontaires), semblent pouvoir ouvrir la voie à une production décentralisée, non-commerciale et collective, au sein de laquelle pourraient germer les graines d’une nouvelle politique - la politique des biens communs.

David M. Berry

[1] Le titre de l’article joue sur l’homonymie du mot "free" en anglais, qui veut à la fois dire "libre" et "gratuit". Il faut alors comprendre le terme "free software" (logiciel libre) dans le sens de libre parole (free speech) et non pas travail gratuit (free labour). NdE.

Commentaires

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Détail de traduction : étymologie de "labeur" et "travail" , le 16 août 2005 par erik_lallemand (3 rép.)

Dans l’article ci-dessus, la traduction actuelle indique : Comme l’explique Arendt dans The Human Condition, l’étymologie de ces deux termes, labeur et travail, nous apprend que même s’ils ont aujourd’hui valeur de synonymes, il n’en a pas toujours été ainsi. John Locke, par exemple, distingue le « travail manuel » du « labeur physique », (...)

Or, le mot "travail" en français vient de "tripalium" qui était une torture consistant à empaler ("palium") un homme sur trois ("tri") lances. Peut-être aurait-il été plus judicieux de traduire "labour" en "travail" et de traduire "work" en "emploi".

> Détail de traduction : étymologie de "labeur" et "travail" , le 16 août 2005 par Haikai

Si vous lisiez The Human Condition, vous comprendriez de suite qu’il est impossible de traduire work par emploi, puisque ce n’est pas de ça du tout qu’il s’agit. De plus, mes souvenirs de classe de latin me poussent à nuancer votre étymologie de travail : travail est bien issu du mot tripalium, mais celui-ci signifie simplement trois pieux. J’ajoute pour terminer que le dictionnaire historique Robert, à l’article travail 1 écrit : "Après avoir concerné des efforts, la peine prise à l’exercice d’un métier (artisans, mil. XIIIe s.), le mot s’applique à cette activité en tant que source de revenu (comme labor) [2e moitié XIIIe s.]." Je pense donc qu’il n’est pas complètement faux de traduire work par travail et labour par labeur.

> Détail de traduction : étymologie de "labeur" et "travail" , le 3 septembre 2005

Je vois que mes choix de traduction déchaînent les passions ! Je vais donc fournir quelques explications sur ce qui les a motivés. Mon but était d’abord de trouver deux termes fréquemment usités en français qui soient pertinents à chacune de leurs occurrences dans le texte. En ce qui concerne l’étymologie, difficile de trouver la correspondance exacte entre le mot "work" de base germanique (du vieil allemand wurchen, pour les puristes) et un équivalent français de base latine ou grecque... J’ai donc favorisé l’acception un peu plus moderne de travail, qui si l’on s’en réfère à un dictionnaire unilingue anglais, a le même sens que work. En revanche, vos critiques m’ont poussé à réfléchir et à approfondir mes recherches, et j’en suis arrivé à la conclusion que l’on pouvait avantageusement remplacer "labeur" par besogne, qui est plus correct et s’applique parfaitement au texte, puisque besogne vient de "besoin" ! Si quelqu’un veut s’y coller et modifier l’article, je l’y encourage vivement...

Détail de traduction : étymologie de "labeur" et "travail" , le 11 septembre 2014 par HC

Pour "work", j’aurais bien mis "œuvre", mais malheureusement en français actuel, on a tendance à confondre "œuvre" (l’action) et "ouvrage" (le résultat). Par contre "œuvrer" n’est pas ambigu.

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"Créer de la culture" + Travailler 8h/jr + Vivre , le 15 août 2005 par kiloozi (1 rép.)

Cet article m’amène à me poser une question très candide... Je suis totalement derrière le libre, dans quelque domaine que ce soit, mais ses limites me sont très floues. Travailler "sans gagner sa vie", créer une culture, c’est beau je le reconnais, j’y aspire, je m’y attèle. Cependant, est-ce vraiment durable pour une seule et même personne de créer de la culture (ou se battre pour des valeurs), travailler 8h/jr, et vivre ? J’essaie d’adopter cette ligne de conduite mais à vrai dire je me rends compte que l’activité consistant à "vivre" est considérablement réduite. Par "vivre" j’entends : passer des moments avec les gens qu’on aime, rencontrer des nouvelles personnes et des nouvelles cultures, apprécier des oeuvres artistiques (quelles qu’elles soient).

> "Créer de la culture" + Travailler 8h/jr + Vivre , le 17 août 2005 par Limo

La vie est plus complexe aujourd’hui.Si de toute évidence le travail est un domaine fermé, dans lequel l’homme est seul(en général), on peut visiter un musée, une ville, avec ses amis, sa famille, seul, prendre des photos que l’on mettra en ligne que l’on retouchera et pourquoi pas avec un logiciel libre et pourquoi, aussi, ne pas aider de temps en temps au développement de ce logiciel ?On peut aussi participer à des projets comme UPCT.ORG une asso de cartographie libre qui est un projet mondial(WWW.UPCT.ORG).Et pourquoi ne pas initier un projet soi-même, pour faire connaître sa région, favoriser la transmission du savoir gratuit, créer des cinémas virtuels gratuits pour promouvoirs le cinéma amateur... L’informatique est l’univers de tous les possibles pour l’homme, aux gens de bonne volonté de faire vivre cet univers avec des règles saines.

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Pas seulement dans les logiciels libres... , le 12 août 2005 par MaVaTi (0 rép.)

On s’étonne toujours du travail bénévole qui peut être effectué sur du logiciel, mais il ne faudrait pas oublier qu’il y a également pleins d’autres activités qui sont réalisées bénévolement ; et qui si ce n’était pas le cas n’auraient très certainement pas d’existances : je pense notamment en ce moment aux nombreuses fêtes organisées dans ma région (Bretagne) que ce soit spectacles en tous genres, fêtes, etc...

Donc oui, fournir de son temps (et un peu de sa sueur aussi, tout dépend ce que l’on fait) sans contrepartie financière pour toutes sortes d’actions, ça existe !

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> apt-get install anarchism , le 11 août 2005 par Bakouniño (2 rép.)

L’auteur, comme tant d’autres, commet l’erreur de croire que l’économie du logiciel libre se situerait hors du marché. Certes, si par économie on entend échange de savoir, alors on peut parler de bien commun. Mais s’agissant du commerce, il s’agit bien d’un modèle libéral, et même du libéralisme le plus brutal puisqu’il encourage l’exploitation du travail d’autrui sans le rétribuer.

Qu’il s’agisse de travail, labeur, ou jeu n’y change rien. Devons-nous accepter que la production de logiciels (et plus généralement de créations) “libres” soit un privilège réservé à une élite pouvant se le permettre, comme dans la Grèce antique les philosophes dissertant sur l’art et la poésie pendant que les esclaves « pourvoient grâce à leur corps aux besoins de première nécessité » ?

Dans cet ordre d’idée, je ne saurais trop vous encourager à lire ceci : http://iang.info/fr/manifesto.html

(PS : Et puis allez-y, apt-get-installez le paquet anarchism, il existe vraiment.)

> apt-get install anarchism , le 12 août 2005 par bateauivre54

trop drôle, ça existe vraiment, le paquet anarchism sur Debian.

À la base de mon slogan, un ami m’avait rapporté un graffiti dans le métro parisien qui m’avait marqué "apt-get install anarchy" (je l’ai décliné en remove capitalism ici)

The Anarchist FAQ is an excellent source of information regarding Anarchist (libertarian socialist) theory and practice. It covers all major topics, from the basics of Anarchism to very specific discussions of politics, social organization, and economics.

Remarquez qu’il est précisé ’libertarian socialist’ car aux États-Unis, il y a les libertaires (anarchistes anticapitalistes, ceux-là !) et les libertariens (des anarcho-capitalistes).

Voir les posts sur wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Anarchie http://fr.wikipedia.org/wiki/Libertarien

> apt-get install anarchism , le 12 août 2005 par Bakouniño

D’ailleurs, certains militants du logiciel libre se revendiquent de l’anarcho-capitalisme, par exemple Eric Raymond, qui préconise les licences de type BSD.

La GPL est plus “collectiviste” dans le sens où elle empêche toute appropriation du code, mais Stallman a souvent dénigré l’idéologie communiste. Par contre sur le plan économique, la GPL est toute aussi libérale que la BSD.

La licence IANG pourrait être qualifiée d’“anarchiste-communiste” car elle empêche toute appropriation non seulement de la création mais aussi de son économie.

http://iang.info/fr/comparison.html

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> apt-get remove capitalism , le 11 août 2005 par bateauivre54 (7 rép.)

1) Pas trop d’accord avec la traduction pour l’opposition labeur/travail

Étymologie de "travail" : Le mot travail vient du bas latin tripalium (VIe siècle) instrument de torture formé de trois pieux. Altération sous l’influence de la famille de trabs, trabis : poutre. (travée) Au XIIe siècle : Travail : Tourment, souffrance. Travailler : Tourmenter, souffrir. Au XVIe siècle : « Se donner de la peine pour »..

http://fr.wikipedia.org/wiki/Travail

Donc, puisqu’on est dans les auteurs d’ultra-gauche (Hakim Bey), citons bob black (abolition of the work) :

"Le travail est la source de toute misère, ou presque, dans ce monde. Tous les maux qui se peuvent nommer proviennent de ce que l’on travaille - ou de ce que l’on vit dans un monde voué au travail. Si nous voulons cesser de souffrir il nous faut arrêter de travailler.

Cela ne signifie nullement que nous devrions arrêter de nous activer. Cela implique surtout d’avoir à créer un nouveau mode de vie fondé sur le jeu. En d’autres mots, une révolution ludique. Par " jeu ", j’entends aussi bien la fête que la créativité, la rencontre que la communauté, et peut-être même l’art. On ne saurait réduire la sphère du jeu aux jeux des enfants, aussi enrichissants que puissent être ces premiers amusements. J’en appelle à une aventure collective dans l’allégresse généralisée ainsi qu’à l’exubérance mutuelle et consentie librement. Le jeu n’est pas passivité. Il ne fait aucun doute que nous avons tous besoin de consacrer au pur délassement et à l’indolence infiniment plus de temps que cette époque ne le permet, quels que soient notre métier ou nos revenus. Pourtant une fois que nous nous sommes reposés des fatigues du salariat, nous désirons presque tous agir encore. Oblomovisme et stakhanovisme (1) ne sont que les deux faces de la même monnaie de singe. "

la suite > http://aredje.net/choses.htm

(excellent texte !!)

On peut aussi rapprocher cette resistance et cette activité dans les interstices du système capitaliste, par certains textes sur les squats :

https://squat.net/fr/index.html

2) Il est évident qu’il cherche à y avoir récupération du ’libre’. Je ne vois pas comment on peut faire autre chose que d’être un puriste radical. Il n’y a pas de ’demi’-libre.

Si les entreprises investissent dans des projets ’libres’, cela ne doit pas dépasser l’unique raison de diminuer les coûts des licences (ex : openoffice gratuit contre des milliers de milliers d’euros de M$Office) et les développeurs et autres adeptes du libre doivent absolument veiller à ce qu’il n’y ait AUCUNE intrusion. Le récent scandale du java dans OpenOffice est là pour démontrer l’attitude offensive et récupératoire des industries capitalistes.

> apt-get capitalism : think again, please. , le 11 août 2005 par fun sun

Bateauivre54,

A propos du travail. Ce n’est pas exactement cela. Disons que l’humain s’ennuie par essence donc il invente le travail donc il invente le logiciel libre, les entreprises ainsi que le pour et le contre et tout ce qui pourra le torturer, le faire souffrir. N’est-ce pas ! Pas de poésie, surtout pas de poésie mais la souffrance.

Sinon, fondamentalement, les concepts ne changent pas et ce depuis des millénaires. Sur le forum, je faisais un rappel sur ce sujet. Dans l’antiquité, il y a eut une sorte de polémique entre partisans des "volumena" ou rouleaux et des "codex" (sorte de premiers livres tels qu’on les connaît aujourd’hui) d’autant plus qu’il y eut une implication théologique derrière. [cela aussi est typiquement humain. J’ai trouvé un truc donc je l’associe ou le rejette avec le religieux.] Dans le fil de ce forum, je posais la question de la longueur d’un texte à publier sur internet ayant une préférence pour un texte court séparé en plusieurs pages.

De cette courte discussion je me suis ressouvenu de cette problématique. J’ai trouvé cela assez amusant pour le mentionner. Donc, voyez-vous, rien ne change en essence. Nous répétons toujours les mêmes erreurs et problèmes et nous aimons cela.

Quant à l’intrusion de l’industrie, du capitalisme dans le libre. Ben il faut se mettre un peu au goût du jour, il y a longtemps que c’est fait. Et il ne faut pas oublier que la GPL de Stallman n’interdit pas de se faire de l’argent avec du libre. Si vous êtes un militant, d’après ce que je crois comprendre, ne faites pas une lecture uniquement politique mais intéressez-vous aussi au côté économique.

> apt-get remove capitalism , le 12 août 2005 par bateauivre54

Salut, ne voies pas t’inconviénent à ce que je te tutoies, c’est ce que font la majorité des internautes et le vouvoiement avait été supprimé par la Révolution... On peut pas tellement dire que je suis un militant (au sens syndical ou associatif du terme), je suis un vilan toto (autonome) d’ultra-gauche à tendance anarchiste d’ailleurs arrêté pour émeutes au dernier G8 en Écosse. Je dis ça pour effrayer tout le monde (stp, modo, valide quand même le post... <:D) mais en fait je suis tout à fait fréquentable.

Nan, je me déclare ainsi mais j’ai surtout pas d’étiquette mais je crois fermement au partage, la communisation des savoirs et tout, c’est pour ça que je suis radicalement anticapitaliste. Après je ne suis pas comme les utopistes, l’humain est un loup pour l’humain, ça sert à rien de le nier. On peut adoucir un peu le système mais si on "milite" pour le bien de toutes et tous partout, on se rend compte que c’est impossible, on a plus qu’à être nihiliste (à la kaczinsky).

Bref, c’est pas pour raconter ma life, mais c’est vrai que le logiciel libre déteint sur beaucoup d’autres domaines, et que pour les personnes ’engagées’ ou contestataires, cela pose des questions plus globales (comme en maths, une ’conjecture’ quoi)

Je regrette assez souvent la non-politisation de certaines initiatives simples mais efficaces (comme la conception de ’libre’) ou plus radicales (hack script-kiddies) mais bon.

Sur le nombre de site dedié au hack (au sens neutre !), très peu ont des idées (je dis pas ’idéologie’), dommage. Au hasard de mes surfs :

http://www.boum.org/ http://www.poivron.org/ http://www.infokiosques.net/article.php3 ?id_article=31

Enfin, pour finir (car je pars dans tous les sens comme le réseau tor) : tu parles de viabilité économique. Mais je pense qu’il faut en finir avec ça. Qu’on soit honnête, si on veut le bien de l’économie, il faut libéraliser tout ce qui reste du service public, supprimer tout code du travail, avoir un droit total de licencier et tout. Les politiques capitalistes ont largement prouvé qu’elles étaient excellentes économiquement, les États-Unis et le Japon en sont un très bon exemple. Qu’importe les working poors, les vieux de 90 ans obligés de travailler dans des fast-foods et la militarisation US pour assurer la pérennité du système, l’économie se porte bien ; qu’importe aussi que les Japonais n’aient 15 jours de vacances max/an ou qu’on en vient à nommer l’overdose de travail (karoshi).

Le système de partage dont le logiciel libre n’est qu’une branche récente n’est pas viable économiquement, il l’est humainement et philosophiquement, pour moi, c’est ça qui importe.

> apt-get remove capitalism , le 12 août 2005 par fun sun

Qu’on soit honnête, si on veut le bien de l’économie, il faut libéraliser tout ce qui reste du service public, supprimer tout code du travail, avoir un droit total de licencier et tout. Les politiques capitalistes ont largement prouvé qu’elles étaient excellentes économiquement, les États-Unis et le Japon en sont un très bon exemple. Qu’importe les working poors, les vieux de 90 ans obligés de travailler dans des fast-foods et la militarisation US pour assurer la pérennité du système, l’économie se porte bien ; qu’importe aussi que les Japonais n’aient 15 jours de vacances max/an ou qu’on en vient à nommer l’overdose de travail (karoshi).

Bateauivre54,

Vous êtes un petit joueur :-D :-D :-D

Plus sérieusement. Le point de vue économique et le point de vue politique sont valables tous les deux.

Par le biais du premier, certains aimeraient profiter du libre pour remettre en avant l’industrie du logiciel en France et, plus particulièrement, en Europe. Une occasion à ne pas rater. C’est pour cela qu’il y a eu une si grande mobilisation au niveau européen contre les brevets logiciels. [Cependant attention, j’ai appris à mes dépens qu’être contre les brevets logiciels ne signifie pas forcément être pour les logiciels libres.] Ils en étaient le coeur économique. C’était soit laisser le renard dans le poulailler soit lui mettre une porte pour qu’il n’entre pas aussi facilement. Cependant le renard est souvent comparé aux US. Il faudrait quand même voir et prospecter ce qui va se passer avec la Chine.... La porte a été installée, maintenant à l’Europe de prouver qu’elle n’a pas eu tord d’agir ainsi. Donc qu’on le veuille ou non il y aura un développement certain de l’infrastruscture logicielle de type libre ou autre qui va apparaître ou tendra à le faire. Conséquence : de plus en plus d’acteurs du libres demanderont à se séparer de l’image plus ou moins politisée du libre afin de séduire le marché. (j’adore cet argument ou encore "pour ne faire peur aux entreprises"...)

Par le biais du second, certains aimeraient profiter du libre pour remettre en avant certaines idées politiques (dont je ne suis pas très éloigné si tu veux tout savoir) en ce sens que le libre est aussi un choix politique qui met en cause la notion de propriété, avance les valeurs de partage et de collaboration. Ce côté plutôt "politisé" du libre (on admettra le sens très large de mise en communauté au sein de la cité) s’oriente vers les bases de la culture libre ou free culture dont les creative commons et la LAL en sont un peu les "fers de lance". Cependant :

Ce travail gratuit a beau être le sang du logiciel libre et de la culture libre, les motivations de cette communauté restent encore floues. Cette question intrigue en effet beaucoup

Aucune des hypothèses proposées ne fournit une réponse satisfaisante à la question posée, à savoir : pourquoi des programmeurs, des utilisateurs et de nombreux artistes amateurs contribuent-ils à des projets de culture libre ?

Selon moi le problème vient des deux descriptions précédentes. Nous en sommes à nous chamailler sur le sens politique et économique du libre. C’est un peu revenir aux débuts du cinéma, un autre exemple, qui hésita entre une version non narrative et narrative au sens théâtral et économique du terme. Finalement c’est la version narrative que l’a emportée renvoyant la non narrative dans les limbes ou purgatoire du "cinéma expérimental" donc forcément cela fera peur non seulement aux gens mais aussi aux entreprises [bis repetita pour le libre et le choix entre économie et culture]. C’est ce qu’il se profile à l’horizon.

Qu’il y ait une telle volonté d’emprise et de prise de conscience sur le libre montre, révèle qu’il correspond à un véritable besoin, à un retour aux sources de la démocratie en ce sens où le libre redonne la main aux utilisateurs. C’est une vraie soupape de liberté. Mais en même temps montre bien que nous ne sommes plus dans une société tout à fait libre, en ce sens que l’appropriation bridait de plus en plus sans dire que lorsqu’on redonne la main aux gens, au peuple, les modèles d’organisations sont totalement différents de ceux basés sur l’économie propriétaire. Certes. Mais, l’industrie, l’économie, a tellement besoin de l’informatique qu’elle est, sera prête à accepter, jusqu’à une certaine mesure, ce modèle d’organisation non conventionnel pour les programmeurs. [La fameuse capacité de récupération du libéralisme.]

Donc que faire ? Que penser ? Si, au final, rien ne changera fondamentalement ? (Lire la conclusion de David M. Berry ci-dessus) . Se replier vers une demande plus intransigeante tout en sachant que cela risque d’en inquiéter plus d’un (le problème de l’engagement qui n’est pas une mince affaire à résoudre) ? Redistribuer les cartes du libre en fonction des besoins culturels et économiques (plus probable et c’est ce qu’il semble se produire) ? Oui mais avec quelles implications, quels engagements sur le fond ? C’est là où le flou le plus total règne. [exemple des creative commons qui autorisent un large éventail de diffusion : de plus ouvert au plus fermé.] E. S. Raymond, dans un autre article publié ici, pose bien la problématique de la GPL. Donc la GPL est, sera-t-elle un indicateur ? Tant qu’elle existe et ne sera pas complètement remise en cause on peut espérer sinon... ?

> apt-get remove capitalism , le 12 août 2005 par bateauivre54

Je ne me fais aucune illusion sur le vote contre les brevets logiciels, c’est précisément parce que c’était aller contre l’économie capitaliste européenne que ç’a été refusé. Si ç’avait été défendu juste par une poignée de anarcho-bidouilleurs cyberpunks (même si la « Raison » était de leur côté), ç’aurait été immédiatement adopté(*). Le ’libre’ est totalement récupérable dans le système marchand, même, il lui rend service en certains points. C’est pour ça que si on veut le purifier un peu, il faut lui accoler systématiquement le côté politique. Rien à faire, si les grosses boîtes ne l’adoptent pas pour ça (je dirais même tant mieux !).

Par contre, que les particuliers se fassent racketer par des ventes liées de licences, là, pas d’accord ! De toute façon, les entreprises en général continueront à arnaquer et à exploiter les individus tant qu’il n’y aura pas de réaction. Si Nike s’est un peu calmé sur le travail des enfants, ce n’est pas par philantropie mais parce qu’il commençait à y avoir des boycotts.

Dans le cybermonde, on va retrouver à peu près les mêmes composantes que dans le monde ’réel’. Des virus, de l’espionnage (industriel ou individuel), de la désinformation, de l’information, des pédophiles, des mafieux (rackets de sites pour leur éviter une attaque DoS), des radicaux de tout bord (néo-nazis, nihilistes, black hats...), des hackers politiques, des simples chieurs (troll) et... les gens normaux ! n’oublions cette dernière catégorie qui d’ailleurs augmente en proportion avec la démocratisation de l’informatique.

Par contre, j’ai bien dit "à peu près" les mêmes composantes car le fait qu’il faille certaines connaissances, certains matériels pour se connecter dans le cybermonde fait qu’il y a (en proportion) davantage de composantes "non-normées".

Pourquoi je raconte tout ça ?? Tout simplement pour expliquer que le cybermonde tend à être l’image du monde dans lequel on vit, donc que le système marchand ayant réussi à récupérer ce qui lui échappait dans un premier temps, cela sera de même dans l’informatique.

Point final./ au suivant

(*) À ce propos, je pourrais donner les copies des réponses qui m’ont été envoyées par des députés suite au refus des BL. Ces conn** de droite comme de gauche s’autocongratulaient du refus d’une directive qu’ils-elles ont failli adopter mais qu’ils-elles ont rejeté au dernier moment au vu de la mobilisation de tous les milieux très "respecteux" (notamment PME).

> apt-get remove capitalism , le 16 août 2005 par fun sun

Bateauivre54,

Pourquoi je raconte tout ça ?? Tout simplement pour expliquer que le cybermonde tend à être l’image du monde dans lequel on vit, donc que le système marchand ayant réussi à récupérer ce qui lui échappait dans un premier temps, cela sera de même dans l’informatique.

D’accord. Mais que faire ? Toute la question est là et traverse l’ensemble des milieux alternatifs à mon avis.

Un peu de politique : Tout le monde a dit "NON" au référendum mais que se passe-t-il dans les faits ? Y a-t-il une prise de conscience ? Est-on en train de construire des "caracoles" dans l’esprit de celles du chiapas ? Les mouvements alternatifs ont-ils pris une nouvelle ampleur ?

NON !! Le dernier acte étant l’article sur ATTAC dans le figaro. Je ne suis pas adhérent à cette organisation. La nouveauté, mais elle n’est pas neuve, c’est de faire passer les mouvements alternatifs pour ce qu’ils ne sont pas. C’est la meilleure propagande qui puisse exister. Et puis dire qu’au final les mouvements alternatifs prônent le pouvoir donc les élections, c’est dire par avance qu’ils ne feront rien de mieux. C’est bloquer le système... Sans parler des différentes lois passées tranquillement cet été que quelques uns, unes découvriront à la rentrée.

Bref, ne perdons pas nos bonnes habitudes !

OUI !! Le système marchand a récupéré, récupère, récupérera le libre comme il l’a fait avec le reste. C’est un fait. Mais, nous, qui prétendons vouloir un autre mode, autre chose, que faisons-nous ? Que proposons-nous ?

Le libre tel qu’il est avec ses qualités et ses défauts propose peut-être un début de solution que les alternatifs n’ont jamais réussi à mettre vraiment en place hormis dans des lieux ad hoc et souvent peu visibles.

Oui !! Le fil du libre est fragile. Mais, au moins, quelque chose se met en place. Jusqu’à présent nous n’avons pas parlé de l’investissement de l’état dans le libre qui n’est pas rien, tout de même.

Le libre donne certainement une grande leçon à tout le monde. Devons-nous transformer cette leçon en système marchand méchant versus bien/bons penseurs alternatifs ?

Si le libre peut aider à prendre un peu conscience, à ouvrir un peu les esprits alors ne le noyons pas dans des discours de type bon / méchant. Au contraire, essayons d’éduquer, de montrer, de donner les adresses vers ce qui se fait et existe. Il y a tellement de choses, de gens, de modèles de pensées qui sont là et qu’on ne voit pas... Il y aurait de quoi passer du 21e siècle au 25e assez facilement...

> apt-get remove capitalism , le 19 août 2005 par bateauivre54

La nouveauté, mais elle n’est pas neuve, c’est de faire passer les mouvements alternatifs pour ce qu’ils ne sont pas. C’est la meilleure propagande qui puisse exister. Et puis dire qu’au final les mouvements alternatifs prônent le pouvoir donc les élections, c’est dire par avance qu’ils ne feront rien de mieux. C’est bloquer le système...

"le pouvoir ne se prend pas, il se détruit", voilà ce que je pense. Mais de toute façon, je ne crois pas ("plus" en fait) que les assoces genre Attac sont contestatrices. Taxer un iota du Kapital pour le rendre humain... bof !

Pour revenir sur la récup’ du libre. C’est juste un fait prévisible.

Intrinsèquement, le libre contient tout de même (c’est indéniable) une certaine dose de subversion mais le kkkapitalisme est très efficace pour tout récupérer, même ce qui l’oppose le plus radicalement. Mais la récupération n’est jamais totale, c’est ça qui est intéressant.

Après, je vais pas tourner en boucle sur mes arguments (:D

-----> http://garlicviolence.org/irl/drkvg...

> apt-get remove capitalism , le 24 août 2005 par nico

Le récent scandale du java dans OpenOffice est là pour démontrer l’attitude offensive et récupératoire des industries capitalistes.

Ca me fait bien rire de lire des trucs comme ça, tient... Soit on accepte le « cadeau » de Sun, soit on le refuse, mais on va quand même pas lui demander de nous fournir le logiciel « épuré » de Java. Ca ressemble à s’y méprendre à un caprice d’enfant gâté, non ? Après, on peut tout à fait dire qu’on ne veut pas travailler avec Sun, ou, si tu veux, tu peux encore développer ta propre version d’Openoffice, en remplaçant Java par Python par exemple. Mais c’est pas à Sun à le faire à ta place...

Pour le reste, c’est un article intéressant, et c’est amusant qu’il se trouve juste après l’interview de Eric S. Raymond, qui a une vision du libre assez différente (et complémentaire à mon sens).

Les difficultés de traduction (travail et labeur ayant tous deux une étymologie peu sympathique) traduisent peut-être le fait qu’en définitive, la distinction entre ce que l’auteur appelle respectivemment « travail » et « labeur » est souvent une question de contexte. La même activité peut-être « travail » ou « labeur », c’est une question de contexte. Deux choses sont essentielles à mon épanouissement par le travail : la liberté de l’interrompre, et la liberté de le mener à ma guise. En 1997 je crois, j’avais lu un article intéressant dans le courrier de l’Unesco, qui estimait que la civilisation la plus avancée en terme de « loisirs » était probablement à l’heure actuelle la civilisation Boshiman (ou Bushman).

Parce que le travail est devenu de plus une contrainte, on oublie souvent qu’il est dimension essentielle de l’épanouissement humain.

En cela, cet article est intéressant, en donnant une explication non économique au phénomêne du libre (mais complémentaire de l’explication économique de Eric S. Raymond, elle aussi très pertinente). Mais après la création, vient la diffusion. Là intervient une autre clef de lecture, auquelle je crois fortement : le don. Le don qui grandit l’homme, et l’épanouit.

Sur ce, j’ai bien assez parlé ;-)

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