Syndrome du monter-démonter
Lors de ma transhumance vers la liberté informatique, je ne comprenais rien à ce qu’en termes d’Unices (pluriel d’Unix), « monter et démonter » voulaient dire.
Le but de cet article, Le syndrome du « monter » « démonter » est de tenter de préciser en termes simples, compréhensibles et accessibles à tous ce que ces vocables recouvrent.
Les références à l’usage de Mandrake 9.1 (ou 9.2) voire à KDE ne le sont que pour situer le cadre de ce test, les concepts étant identiques dans les autres diffusions et autres interfaces graphiques.
Ce document n’a pas vocation à être exhaustif. Il n’est fait que par un utilisateur ayant rencontré le GNU/ Linux que très récemment. Il se base sur : le descriptif des commandes que l’on trouve (par exemple) sous Konsole en tapant « man mount », l’analyse des tables comme la /etc/fstab, et quelques recherches documentaires...
C’est imparable, quel que soit le système d’exploitation, quelle que soit son organisation, lorsque l’on parle du stockage des données, il faudra (au moins) :
- reconnaître l’appareil lecteur du support physique (disque, disquette, CD) qu’il faudra trouver, gérer. Il peut d’ailleurs être permanent ou temporaire.
- éventuellement prendre en compte le découpage logique du support physique.
- attacher ce lecteur, au bon utilisateur avec les bons droits, suivant des règles d’organisation des données précises.
- s’allouer les ressources qu’il contient pour les utiliser...
Et pour tout ça j’entendais dire qu’il faut « monter et démonter »...
Afin donc de permettre aux « accédants Linux » de commencer à comprendre ce que veulent dire « monter » et « démonter », je prends des exemples simples qui me permettent d’expliquer ce que j’ai compris. Vos contributions en bas de page, seront prises en compte et synthétisées dans cet article. Donnez moi votre avis sur son intérêt, surtout si vous êtes débutant sur le domaine. C’est à vous que je m’adresse !
Tests faits à partir de la Mdk 9.1 (repris en 9.2) (donc l’option supermount intégrée) et KDE comme interface graphique :
Quand le système démarre (voir la trace dans rapport.txt) :
1- il établit le lien physique avec les organes de commande, de transfert d’informations et de stockage des données sur supports temporaires, permanents, amovibles ou non. Il établit le lien logique avec toutes les tables nécessaires et met en place les modes de gestion de ces matériels et logiciels.
2- Ainsi dans rapport.txt, on voit apparaître le premier « VFS Mounted root (ext2 file system) » (root monte le système virtuel de fichiers de type EXT2). Et qui d’ailleurs dit plus loin : « mounted devfs on /dev » (tout ce qui est nécessaire à l’usage physique et logique du système virtuel de fichier est décrit en /dev). Puis il est fait pareil pour EXT3 (Mdk), les ports USB, PCI, le floppy le CDROM reader et le CDROM driver (qui au passage est un reader) ... Tout en définitive se trouve « mounted » pour un accès par root...
Le boot est fini... Mon enquête policière s’arrête là (pour l’instant, je vous rassure !).
Plein de choses se passent, je continue à essayer de comprendre... Enfin, KDE gère mon accès aux ressources.
Premier test, quand sous KDE,
1- je fais un clic droit sur l’icône de la disquette - intitulé Démonter (Enlever de l’arborescence Linux) -, je donne à KDE l’ordre de supprimer le lien logique possible avec le lecteur de disquettes « attaché ». Il m’est répondu : « umount : seul l’utilisateur root peut démonter none de /mnt/floppy ».
Interprétation du premier test :
1a- Quand KDE a démarré, il a donné, à l’utilisateur connecté, accès aux périphériques autorisés. Pour ce faire, il a lu le fichier /etc/fstab, qui décrit tous les périphériques disponibles ainsi que les autorisations d’exécution, lecture, écriture sur ces périphériques aux, propriétaire, groupes ou autres utilisateurs. Comme toute l’arborescence descriptive de ce système d’accès a été créée par le système sous root, il est normal, que la possibilité de rompre pour tous les utilisateurs, le lien (logique appelé « attache ») avec un élément du système ne soit accordé qu’au Superutilisateur. (au passage, il est dommage d’afficher cette possibilité à un utilisateur « non root » puisque c’est inutile : ça perturbe le novice !).
Le lecteur de disquettes était attaché, j’ai tenté de le détacher, ce n’était pas de mon ressort.
1b- Le libellé de l’icône représentant le lecteur de disquettes est « Disquette est monté sur /mnt/floppy ». Au passage, j’aurais préféré « Lecteur de Disquette /mnt/floppy attaché ». Cela aurait été plus rigoureux (je sais, je peux le changer !). (en 9.2 le libellé est "Disquette", on sent comme une volonté de s’adapter à une vue utilisateur)
tests suivants...
2- Je double-clique gauche sur l’icône Disquette (lecteur volontairement vide), j’ai le libellé « impossible d’entrer dans le dossier /mnt/floppy ». Cela veut dire qu’il n’y a pas de disquette dans le lecteur. Au passage (toujours), j’aurais préféré « pas de disquette dans le lecteur » ! (en 9.2 accès au lecteur, il ne contient rien, rien ne s’affiche dans l’écran Konqueror ouvert)
3- Je double-clique gauche sur l’icône Disquette (lecteur plein), je retrouve mes petits... (en 9.2 idem, rassurant !)
4- Je « re » double-clique gauche sur l’icône Disquette (sans changer la disquette). Le système accède au lecteur, la disquette n’a pas changé, il ne fait qu’afficher ce qu’il y avait antérieurement.
5- Je sors la disquette initiale et en mets une nouvelle, il fait la mise à jour.
Interprétation des tests 2 à 5 :
a- Tous ces accès sont réalisés par les ordres « mount » et « umount » qui grâce à la /etc/fstab donnent des ordres d’accès à tous les niveaux d’usage. Depuis que Mdk a adopté l’option Supermount (qui permet à un utilisateur de l’effectuer), par l’intermédiaire de KDE (vous suivez ?) en double-cliquant sur les icônes des périphériques contenant des supports amovibles (appelés none dans la fstab ce qui veut dire virtuel) on effectue un ensemble de commandes de type « scripts » (dont mount et umount) qui allouent, desallouent, les fichiers qui sont sur ces supports.
b- Attention aux automatismes antérieurs : Quand, comme moi, vous vous servez de Konqueror comme d’un « explorer type Windows » (ce qu’il n’est pas), que vous ouvrez un fichier sur un support amovible (disquette, CD) et que vous ne pouvez le faire qu’une fois à chaque changement d’utilisateur, vous pouvez y passer 2 jours (ce fut mon cas, ne vous moquez pas ! ! !) et même recharger le système (on faisait comme ça avec le « cher » concurrent...). Et pourtant ceci n’est que normal, le simple-clic sur une arborescence de Konqueror ne lance pas les scripts contenant « umount » et « mount » qui permettent de d’initialiser, ré-initialiser l’accès aux informations : il ne fait que donner la vue sur ce qui a été monté par l’ordre « mount » précédent.
’En bref pour un utilisateur non root (et avec mes mots à moi non labellisés qui peuvent permettre de comprendre...) :
A- Le Boot « monte » le système de fichiers,
B- KDE « attache » les bons périphériques à ses utilisateurs en fonction de leurs droits d’accès,
C- L’icône d’accès à un périphérique « alloue » les fichiers présents sur le support qui est monté sur le périphérique. Les deux dernières fonctionnalités se faisant grâce à des scripts contenant les ordres « mount » et « umount ».
D- Au simple-clic sur le descriptif dans l’arborescence, Konqueror n’exécute pas de script permettant de rafraîchir l’image de ce qui est « monté ».
Pour aller plus loin : sous un terminal la commande « man mount » affiche... je cite...
Tout fichier accessible par un système Unix est « inséré » dans une grande arborescence, la hiérarchie des fichiers, commençant à la racine /. Ces fichiers peuvent résider sur différents périphériques. La commande mount permet « d’attacher » un système de fichiers trouvé sur un périphérique quelconque à la grande arborescence du système. A l’inverse umount le « détachera » à nouveau.
La forme standard de la commande « mount » est mount -t type périphérique répertoire
Ceci indique au noyau « d’attacher » le système de fichiers se trouvant sur le périphérique mentionné (dont on précise le type) dans le répertoire indiqué. Le contenu précédent du répertoire (s’il n’était pas vide), ainsi que son propriétaire et ses modes d’accès initiaux deviennent invisibles tant que le nouveau système de fichiers reste « monté ».
Le « chemin d’accès » du répertoire représente alors la racine du système de fichiers se trouvant sur le périphérique.
etc. etc. etc.
c’est un document très riche, à l’image du système de fichiers qui permet d’utiliser bien d’autres supports que ceux traditionnellement employés (disques, disquettes, CD,..).
De nouveaux vocables ou expressions comme attachés, détachés, insérés, chemin d’accès peuvent-être employés. Les mots génériques « monté » et « démonté » doivent donc être utilisés avec prudence (même s’ils sont pratiques).
Nota : La Mdk 9.2 donne un affichage plus cohérent sur ce sujet.
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