Leur « informatique de confiance » vous inspire-t-elle confiance ?

Absence d’appropriation, absence de discrimination et absence d’interdiction d’accès à son secret de fabrication, un logiciel libre se place résolument sous le signe de la confiance garantie par les fameuses quatre libertés qui accompagnent sa licence. Conséquence directe, on retrouve cette confiance entre développeurs et utilisateurs d’un logiciel libre. Et c’est encore un peu de cette confiance qui anime les nombreux collaborateurs d’un site comme le nôtre.
Mais parle-t-on de la même confiance lorsque un pool d’entreprises sous pretexte de garantir notre sécurité décide d’associer le mot à celui d’informatique pour nous proposer une expression qui en apparence sonne plutôt bien : « l’informatique de confiance » (trusted computing).
Sur le même modèle que Mayer and Bettle Animation, ou les Creative Commons expliquées à ma fille nous vous proposons une version sous-titrée en français d’une courte animation qui peut se résumer ainsi : « Si ils ne vous font pas confiance, pourquoi leur ferions-nous confiance ? ». On détourne ici à son propre compte les armes classiques du marketing grand public. Il ne s’agit pas d’argumenter mais de sensibiliser les esprits sur la question et de ce point de vue là l’objectif est atteint.
Vous trouverez un complément d’information ainsi que différents formats de cette vidéo [1] sur LAKFON, le site des auteurs.
Citations
TCPA pour Trusted Computing Platform Alliance est une alliance d’entreprises d’informatique (Compaq, HP, IBM, Intel, Microsoft, ...) visant à sécuriser les équipements et communications informatiques.
L’objectif de l’alliance de ces entreprises a pour but de créer le Trusted Computing, soit une informatique dite « de confiance ». Le principe de base consiste à assigner une signature à chaque objet informatique (logiciel, document), et à déléguer à un tiers de confiance la tâche de vérifier si l’objet manipulé est autorisé à être utililisé sur le système informatique local.
Tout élément non signé ou dont la signature n’est pas listée chez le tiers de confiance sera rejeté. Cette technique permet donc de centraliser le contrôle effectué sur les applications utilisées (par exemple dans une optique de lutte contre le piratage). Cependant, un des problèmes soulevés par cette technique est que l’utilisateur final perd un peu plus la maîtrise de ce qui peut ou ne peut pas être fait avec son propre ordinateur.Trusted Computing Platform Alliance
Wikipédia
L’informatique de confiance représente le plus grand et le plus immédiat des défis à relever dans notre secteur. Parce que le panorama des menaces change constamment (vers, botnets, spywares, rootkits...), il est nécessaire d’apporter en permanence de nouvelles solutions pour contrer ce qu’il est désormais convenu d’appeler la « cybercriminalité ».
L’informatique de confiance
Microsoft
La sécurité informatique et la lutte contre les virus sont parfois les prétextes avancés pour défendre Palladium ou TCPA. Microsoft avoue aujourd’hui qu’il s’agit en fait d’instaurer la « gestion numérique des droits » (DRM ou Digital Rights Management) sur tous les ordinateurs de la planète. C’est-à-dire de contrôler à distance l’usage de chaque ordinateur, par exemple pour taxer la simple écoute d’une chanson, ou même la lecture d’un texte. Mais il est avéré[3] que ces technologies ont aussi été conçues pour supprimer la liberté de chacun de choisir ses logiciels, et donc en particulier interdire d’adopter des logiciels libres. Des conséquences bien plus sombres sont malheureusement aussi possibles comme la censure politique et des menaces sur les libertés individuelles.
Informatique de confiance ou informatique déloyale ?
APRIL - 18 novembre 2002
L’« informatique déloyale » met l’existence des systèmes d’exploitation libres et des applications libres en danger, parce que vous ne pourrez pas du tout les utiliser. Quelques versions de « l’informatique déloyale » exigeraient que, pour se lancer, le système d’exploitation bénéficie d’une autorisation spécifique, délivrée par une société. Des systèmes d’exploitation libres ne pourront pas être installés. Quelques versions de l’« informatique déloyale » exigeraient que, pour s’exécuter, chaque programme bénéficie d’une autorisation délivrée spécifiquement par le programmeur du système d’exploitation. Vous ne pourriez pas utiliser d’applications libres sur un tel système. Si vous trouviez une façon pour le faire, et le disiez à quelqu’un, cela pourrait être considéré comme un crime.
Pouvez-vous faire confiance à votre ordinateur ?
Richard Stallman - 2002
En refusant à l’utilisateur le droit d’utiliser et d’étudier librement ses propres logiciels, on ne cherche pas à garantir la sécurité du système pour le bien de l’utilisateur, mais bien à s’assurer du contrôle effectif des actes de l’utilisateur. Et contrairement à ce qui prévaut en matière de sécurité informatique, toute connaissance un peu trop avancée du système est considérée comme un danger, toute tentative de compréhension de son fonctionnement doit être prohibée.
Ayez confiance, n’ayez pas peur et autres balivernes
EUCD.info - 2 octobre 2005
L’industrie du logiciel et les flux financiers qu’elle draine, restent aux mains de quelques grands éditeurs, principalement américains. L’éclosion d’une industrie du logiciel libre permettrait à l’Europe de reprendre l’initiative en la matière, et de laisser mûrir un potentiel industriel, économique et social en pleine expansion. La maîtrise de l’information et des systèmes d’information est un enjeu essentiel . Les logiciels propriétaires, contrairement aux logiciels libres, ne permettent pas aux utilisateurs de maîtriser les outils informatiques. Ce défaut de maîtrise est évidemment critique dans certains secteurs sensibles...
Rapport d’information sur "les outils de la politique industrielle"
Commission des Finances - 10 mai 2005
[1] Le player Flash sous licence Creative Commons BY-NC-SA est de Jeroen Wijering.
Remerciements :
- http://www.lafkon.net/tc/ pour la video originale
- http://who.is.free.fr/wiki/index.ph... pour la video au format Xvid
- arno. pour la traduction et les sous-titres
- pyg pour la video Flash (intégration Xvid + sous titres)
NB : les personnes ne disposant pas de Flash (ou y étant allergiques) peuvent télécharger la video sous-titrée utilisant le conteneur Matroska sur http://francois.schnell.free.fr/t1.mkv (merci à Frenchy)
Commentaires
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Leur « informatique de confiance » vous inspire-t-elle confiance ? , le 9 avril 2007 par petitcasanier (0 rép.)
Bonjour,
je voulais signaler qu’après avoir regaré votre vidéo je me suis renseigné sur les systèmes libres et protégés de ces malversation et ai sauté le pas en installant une Ubuntu (un système libre concurrent de Microsoft).
Aucun regret et une quiétude réaproppriée depuis, c’est très agréable.
Merci à vous !
Doctrine microsoft. , le 8 avril 2007 (0 rép.)
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