Rétablir la rareté par la force

Encore un pillage légal du faux blog de jz (Jeremie Zimmermann) qui recèle d’articles pertinents autour du projet de loi DADVSI.

À faire circuler si comme nous vous le trouvez intéressant à apporter au débat...

Illustration _hairplay sous licence Creative Commons BY-NC-ND (Voir d’autres sympathiques illustrations sur l’article original).

Rétablir la rareté par la force.

L’obscurantisme technologique comme remède à la non-stratégie.

Depuis l’invention du CD au début des années 80, aucune innovation technologique majeure n’est apparue en provenance des industriels de la musique. Aujourd’hui, l’écoute de musique au format mp3 est devenue courante et ses échanges via les réseaux peer-to-peer (p2p) se sont généralisés dans notre société [1]. Alors que la majorité de leurs utilisateurs souhaiteraient pouvoir continuer à bénéficier de ce formidable jukebox planétaire tout en ayant la possibilité de rémunérer les artistes qu’ils aiment, quelles sont les propositions de l’industrie du disque ?

En vingt ans, la puissance et les capacités de stockage des appareils numériques ont été multipliées par plusieurs millions [2]. Dans le même intervalle de temps, la capacité nominale d’une unité de stockage de musique produite industriellement (un CD musical, pour appeler un chat "un chat") n’a pas évolué (74 à 80 minutes) et son prix n’a quasiment pas diminué (environ 15 Euros en moyenne, pour 100-120 Francs à la fin des années 80).

Force est de constater que le formidable doublement [3] des bénéfices de l’industrie du disque enregistré entre les années 80 et 90 ne pouvait durer éternellement. Le CD étant arrivé au bout de son cycle de vie à mesure que le progrès technologique a creusé l’écart entre l’offre et les nouvelles habitudes de consommation de musique et du fait que la plupart des collections ont été converties du vinyl au CD. Comme à chaque évolution qu’a connue l’industrie musicale, il était inéluctable que les ventes se tassent. Elles se sont d’ailleurs déportées vers d’autres dépenses : téléphonie mobile, consoles, DVD, etc.

D’un autre côté, le réseau Internet est par nature constitué d’ordinateurs dont l’évolution très rapide suit le cours de la technologie. Les outils permettant de distribuer des œuvres par le réseau ont donc tout naturellement évolué à leur rythme au cours de ces dernières années.

Les réseaux p2p présentent aujourd’hui la possibilité d’accéder en quelques minutes à l’écoute de dizaines de millions d’œuvres musicales de toutes les époques, en provenance de tous les formats (CD, vinyls, émissions de radio, vieilles et précieuses mixtapes, voire même quelques antiques cylindres de cire !), et de tous les genres musicaux que l’humanité a inventé [4].

Lorsque les industriels de la production de disques ont compris l’ampleur de ce phénomène [5], leur première réaction compréhensible a été la peur panique, probablement similaire à celle qu’ils avaient éprouvée lors de l’avènement du piano mécanique, de la musique à la radio, de la cassette audio, etc. [6].

Cela fait désormais 8 ans que Napster [7] est né, 6 ans qu’il est devenu un phénomène de société et qu’après sa mort les réseaux p2p n’ont cessé d’attirer à eux la plupart des internautes mélomanes de la planète. Alors qu’aujourd’hui les ventes de baladeurs et de téléphones mp3 explosent [8] alors que le pouvoir d’achat des Français n’a lui pas augmenté [9], les industriels semblent désormais prêts à modifier la nature même de ces technologies pour prolonger leur modèle économique obsolète ; un peu comme si les marchands de chevaux avaient forcé l’attelage de deux bêtes à l’avant des voitures après l’invention du moteur à explosion.

Les biens numériques sont, par opposition aux biens physiques, caractérisés par leur non-rivalité (la consommation du bien par un individu n’empêche pas sa consommation par un autre, [10]), et leur non-exclusion (personne ne peut être exclu de la consommation de ce bien). Ils se rapprochent par cela de la définition du Ministère des Affaires Etrangères des "biens communs" ou "biens publics".

Pour continuer à vendre des exemplaires d’œuvres à l’unité, la seule solution est pour les industriels de rétablir la rivalité et l’exclusivité des copies qu’ils comptent vendre. Pour cela la solution envisagée est l’intégration de dispositifs de contrôle de l’usage (communément appelés "DRM" [11]), barrières techniques empêchant toute utilisation non autorisée d’un fichier donc d’une œuvre. Ainsi, puisqu’il est impossible de prêter un exemplaire à son voisin, celui-ci devra théoriquement acheter le sien. Une œuvre captive de ces mesures techniques devient à nouveau rivale et exclusive, donc rare.

Seulement voilà. La mise en place de ces mesures de contrôle de l’usage implique nécessairement qu’un programme d’ordinateur décide de ce que l’utilisateur a le droit de faire avec une œuvre, et tout le reste lui est interdit. Ainsi l’utilisateur d’un système numérique est présumé coupable de contrefaçon à chaque fois qu’il tentera de réaliser un acte, même légitime, qui n’aurait pas été explicitement autorisé à priori par le système : La technique se substitue donc ici à la décision à posteriori d’un juge, ce qui entraîne notamment :

  • des entraves à la liberté d’utilisation des œuvres : Dans un environnement numérique, chaque lecture revient à faire une copie en mémoire [12]. Pour contrôler la copie il devient donc indispensable de contrôler également la lecture, ce qui revient à ajouter au droit d’auteur un nouveau monopole exclusif : celui du "droit d’usage" des œuvres. Ainsi, l’auteur ou son producteur peut décider de qui aura le droit de lire une œuvre, et dans quelles conditions (comme si une certaine marque de lunettes était imposée pour lire certains livres), et donc de faire payer chaque lecture (comme s’il fallait payer à chaque ouverture d’un livre). Qui aura dans ces conditions accès à la culture ? Que deviendra cette culture "enfermée" ?
  • des intrusions dans la sphère privée des consommateurs [13] : Pour autoriser les lectures il faut nécessairement savoir qui cherche à lire quelle œuvres. Ces autorisations peuvent être accordées ou révoquées à distance, au travers d’Internet. Où seront stockées ces demandes d’autorisations, le nom des œuvres, et les données personnelles qui y seront potentiellement associées ?
  • des risques pour la sécurité des réseaux d’ordinateurs : L’introduction à l’intérieur de chaque système de logiciels destinés à retirer à leur utilisateur le contrôle d’œuvres légalement acquises peut avoir pour effet secondaire d’introduire de graves failles de sécurité. Qui gèrera ces risques, notamment dans les entreprises et les administrations ? Quelles sont les implications en termes de souveraineté et de sécurité nationale de la généralisation de tels logiciels espions autorisant ou interdisant à distance la lecture de documents ?
  • un surcoût à l’achat des œuvres, car il devient nécessaire de payer un intermédiaire supplémentaire : le fournisseur des logiciels de contrôle d’usage. Est-ce que les producteurs accepteront de rogner sur leur marges, ou est-ce que ce sont les artistes et le public qui paieront ces entreprises déjà extrêmement concentrées, les aidant ainsi à renforcer leurs positions dominantes et les abus qui en découlent (ventes liées de matériel, de logiciel et d’œuvres, entraves à la libre concurrence, etc.) ?

Les réactions du public et de certaines administrations aux derniers exemples de tels dispositifs mis en place sur des CD (les logiciels espions de Sony-BMG : XCP et Mediamax, ceux de Virgin, etc. ayant pour but d’empêcher les copies numériques des CD) semblent indiquer qu’ils ne sont pas à leur goût. Il semble désormais acquis que la révélation de l’existence de leur logiciel DRM espion "XCP" et le tollé qu’elle a suscité auront finalement causé une baisse des ventes de Sony-BMG.

Alors que de nombreux modèles économiques sont possibles, basés non plus sur la rareté des copies d’œuvres, mais sur la vente d’accès à des réseaux de mise à disposition, et la vente de services à haute valeur ajoutée : indexation, conseils, guides et programmations personnalisées, etc., les industriels du disque semblent persuadés que la seule solution pour eux consiste en une addition de ces trois composantes suivantes :

  • faire perdurer artificiellement la rareté des copies d’oeuvres (initialement dûe à leur support physique et à leur coût de production) dans un environnement numérique où les œuvres sont dissociées de tout support, non-rivales et non-exclusives.
  • intenter des actions en justice pour intimider les internautes et les décourager d’utiliser les outils technologiques de leur temps, tout en influant sur les gouvernements pour qu’ils instaurent des mesures répressives, comme la fameuse "riposte gradueée" [14] chère notamment à Vivendi-Universal et Renaud Donnedieu de Vabres. Ces intimidations ont pour but de forcer les internautes à fréquenter les hypermarchés en ligne de vente de musique enfermée dans des dispositifs de contrôle d’usage [15].
  • persuader le monde entier, à l’aide d’actions de lobbying et de manipulation de "stars" internationales comme Michel Sardou du bien fondé de leurs actions, par des justifications morales mensongères dignes des pires propagandes totalitaires ou McCarthystes : "télécharger c’est comme voler", "échanger de la musique c’est mal.", "télécharger nuit aux artistes".

Ces solutions, qui sont en totale contradiction avec les usages socio-culturels et les outils technologiques de notre temps, seront-elles une cause de plus à la crise structurelle que traverse l’industrie du disque ? Ne nous inquiétons surtout pas ! L’industrie se trouve incapable de s’adapter, et il lui suffit d’attribuer cela au "piratage", au mépris des données statistiques, économiques et sociologiques, ce qui justifie d’aller encore plus loin dans cette logique de guerre qu’elle semble décidée à mener contre son public.

Après tout si les hypermarchés en ligne de vente de musique "DRMisée" étaient si efficaces, y aurait-il besoin de forcer les utilisateurs à aller vers eux à l’aide d’une législation répressive ? Le seul marketing, dont l’industrie se sert au moins autant que du talent artistique, ne devrait-il pas largement suffire ?

Cette utopie du tout-DRM et son absurde protection juridique semblent révélateurs des dommages économiques et sociaux-culturels que l’industrie du disque est prête à infliger à la société dans le seul but de prolonger son modèle économique obsolète.

Jeremie Zimmermann

[1] 30 à 45% des internautes fréquentent les réseaux p2p selon le Credoc

[2] Petit calcul idiot : En 1986 une disquette d’une capacité de 128 Kilo-Octets (ko) soit 1/8ème d’un Mo Mega-octet (Mo), donc 1/8.000ème de Giga-octet (Go), coûtait en magasin environ 20 Francs (à vérifier). En prenant pour référence 1€ = 5 Francs de l’époque (un économiste pourrait-il donner de meilleurs taux d’ajustement ?), 1Go de l’époque coûtait 8.000€ . Aujourd’hui un disque dur d’une capacité de 250 Giga-octets (soit d’une capacité 2 millions de fois plus importante) coûte 100€, soit 0.4€/Go. Le prix du stockage des données numériques aurait donc été en vingt ans divisé par vingt-mille (8.000/0.4 = 20.000).

[3] Voir "Music Sales in the Age of File Sharing" E.Boorstin - 2004 p.20

[4] Plusieurs milliers de titres de miami bass, funk electronique du début des années 80, ancêtre du hiphop et d’une bonne partie des musiques électroniques, sont aujourd’hui disponibles sur certains réseaux, au milieu des musiques ethniques et traditionnelles des cinq continents...

[5] Ces réseaux n’étaient pas exclusivement peuplés d’une bande de dangereux "pirates" bandeau sur l’œil et épée au poing, mais bel et bien d’une vaste majorité de musicophiles familiers du réseau Internet

[6] Voir à ce sujet l’excellente étude de Marc Bourreau (Economiste, maitre de conférence à l’ENST, Département EGSH / Department of Economics et CREST-LEI.) et Benjamin Labarthe-Piol, "Le peer to peer et la crise de l’industrie du disque : une perspective historique"

[7] Le tout premier logiciel de "peer to peer" inventé par l’américain Shawn Fenning.

[8] 500% pour l’année 2004, 166% pour 2005 pour les baladeurs, 3217% en 2004 et 1449% en 2005 pour les téléphones mp3 selon l’étude de l’Observatoire des Usages Numériques : Les Marchés numériques de la musique - 2005 p.10

[9] Voir d’excellents chiffres à ce sujet

[10] Lorsque j’obtiens une copie d’un document de quelqu’un, je ne le prive pas de son document original, ce qui fait taire définitivement le mensonge : "lorsque l’on télécharge c’est comme si on volait dans un magasin !"

[11] "Digital Rights Management" ou "mesures techniques de protection" dans la novlangue du disque

[12] Copie dans la mémoire vive de l’ordinateur, de sa carte video, ou de sa carte son ; ou dans la "mémoire de travail" de tout appareil

[13] ...puisque pour l’Industrie et le Ministre de la Culture, "le public" s’appelle "les consommateurs"...

[14] Que F.Bayrou a qualifié au cours des débats parlementaires entourant le projet de loi DADVSI de "police privée de l’Internet"

[15] "Les plateformes légales" comme les appellent les industriels du disque par opposition aux "téléchargements illégaux" (sic)

Commentaires

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Rétablir la rareté par la force , le 15 janvier 2010 par Djé (0 rép.)

bel article !

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Encore un exemple de l’abus des majors et la stupidité des vedettes. , le 8 mars 2006 (1 rép.)

Lisez un peu ce lien, il est en consultation libre et à dupliquer autant que nécessaire. Intéressant même si le style peut paraître confus. http://eraiyo.club-blog.fr/eraiyo/2006/01/encore_une_couc.html

-----> Encore une couche sur le téléchargement

Encore un exemple de l’abus des majors et la stupidité des vedettes. , le 8 mars 2006

et j’avais pas vu ceci encore plus interessant ça s’appelle "vedettes à la langue de bois" http://eraiyo.club-blog.fr/eraiyo/2006/01/vedettes_la_lan.html

-----> Vedettes à la langue de bois.

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Rétablir la rareté par la force , le 14 janvier 2006 (3 rép.)

Salut à tous,

Pourquoi les artistes ne font pas de rémunération direct sur leur site ? On télécharge, on aime, on va sur le site, on rétribu.

C’est impossible ? Certain le font peut-être déjà ?

BePatman

Rétablir la rareté par la force , le 16 janvier 2006 par jeannich

C’est une bonne idée, ce n’est pas impossible et je pense que bon nombre d’artistes y songent ou y on songé. On appele ces derniers des "Indépendants" car ils ne respectent pas l’ordre établi par les majors. Le terme "Indépendant" m’évoque d’ailleurs les mots "courageux", "rebelle" "petit".

Le probleme est que cette indépendance se paye au prix fort car quand un major décide de ne pas sponsoriser un artiste cela signifie :

 Pas de diffusion radio sur les fréquences les plus écoutées (a moins de connaitre personellement le pdg de la-dite radio, et que ce dernier ne soit pas copain-copain avec FNAC,Virgin&Co =>Rare, voire inexistant)
 Pas de vente de CDs chez FNAC,Virgin&Co
 Pas de pub financée par les majors
 ... (et bien d’autres subtilités que les petits artistes connaissent mieux que moi)

Bref les Indépendants sont sur la touche et privés des grands circuits de diffusions ci-dessus. Diffuser sa musique sur internet est donc pour ces indépendants une opportunité formidable de présenter leur creation a une immense audience. Le probleme est que pour vendre sa creation il faut se faire connaitre du public et cela implique :

 Etre diffusé sur des radios libres
 Financer ses campagnes de pub
 Croiser les doigts et compter sur le bouche a oreille
 ... (et bien d’autres subtilités que les petits artistes connaissent mieux que moi)

Et tout cela sans oublier bien sur de garder des sous pour manger, payer son matériel/instruments, payer son local, ...

Si, au hazard d’un festival ou d’un concert, vous croisez un artiste qui vous plait ; si en allant sur son site web vous ne voyez aucun sigle FNAC,Virgin&Co ; si cet artiste vends sa creation sur ce meme site et ... si vous vous décidez a achetez son CD en ligne —> Vous pourez vous dire que ce petit artiste rebelle a été bien courageux.

Rétablir la rareté par la force , le 16 janvier 2006 par jeannich

Pour completer mon message ci-dessus, je viens a l’instant de lire l’article ou Framasoft presente l’artiste Arthur Yoria, et je suis tombe sur www.magnatune.com, site qui diffuse pleins d’artistes independants ! Ca a l’air super interessant !

Rétablir la rareté par la force , le 5 février 2006 par Laurent Jade

Moi, je suis également tout à fait favorable à ce que les artistes s’ils le souhaitent puissent faire de la distribution directe sur Internet. Exactement comme un viticulteur peut choisir de livrer sa récolte à une coopérative, de passer par des grossistes ou de vendre dans sa cave après dégustation.

Si je crois qu’une relation directe interactive, basée sur la confiance est une bonne chose pour l’artiste comme pour son public internaute et que la plupart des gens joueront le jeu, rien à ce jour ne permet la protection d’une telle démarche. Concrètement si des indélicats décident de mettre sur le p2p ou sur tout autre moyen de "partage" les fichiers de ce petit artiste, rebelle et courageux, rien ne permet de protéger ses oeuvres. Or s’impliquer dans un processus de création quelqu’il soit nécessite du temps, de la connaissance, de la passion qui doivent être rémunéré au même titre que le viticulteur est rémunéré pour son travail.

Les DRM, pourquoi pas encadré par un organisme indépendant pour éviter les dérives, peuvent être une solution permettant l’émancipation des artistes de la filière économique actuelle qui laisse beaucoup trop de créateurs sur la touche et qui restreint leur liberté pour plaire au plus grand nombre.

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Rétablir la rareté par la force , le 12 janvier 2006 (1 rép.)

Excellente analyse ! En tant que consommateurs, en choisissant où va notre argent, nous avons un pouvoir d’influence non négligeable. Je boycotterai sans scrupule les majors qui attaquent les intenautes partisans de liberté !

Rétablir la rareté par la force , le 5 février 2006 par Jack Hadit

C’est pas être partisan de la liberté que de vouloir gratuitement profiter du travail des autres.

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Boycott RIAA , le 11 janvier 2006 par pouet (0 rép.)

Avant d’acheter un CD, vérifié qu’il n’a pas été fait en partenariat avec la RIAA (Recording Industry Association of America), l’un des principaux organisme de lobbying qui utilise des méthodes parfois douteuses

RIAA Radar : http://www.magnetbox.com/riaa/

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Boycotte des produits DRMisés , le 11 janvier 2006 par jeannich (4 rép.)

Réflexion très intéressante. Merci pour cet article très clairvoyant, plein de bon sens et qui nous rapelle que, ici, rareté rime avec pauvreté.

Quoique les majors fassent on ne peut aller contre le progrès. Si au pire du pire DADVSI passe :

1)Les Français (la majorité au moins), guellards que nous sommes, ne respecterons pas la loi et ce, ne serait ce que pour contredire une mesure qu’ils trouvent absurde (C’est un très bon moyen pour se faire entendre d’alleurs). Les DRM seront patchés et/ou de nouvelles solutions techniques de partage seront trouvées qui les contourneront. Il en existe déjà comme par exemple freenet -> http://fr.wikipedia.org/wiki/Freenet .

2)Nos "stars" françaises vont commencer a réfléchir quand ils veront leur pactole grignoté par les sociétés de protections logicielles et tous les autres intermédiaires que DADVSI inclue. La relation de "confiance" entre les artistes et les majors pourrait bien en patire...

Dans mon cas je ne suis pas un grand consommateur de CD DVD mais en gros j’achète 15 CD ou DVD par an. Ce qui représente un budget de 300euros environ. Ce n’est pas énorme mais si les prochains medias sont truffés de DRM, c’est très simple : je BOYCOTTE et je vous invite a en faire autant !

Boycotte des produits DRMisés , le 11 janvier 2006 par PhilouD

Bonjour,

Pour ma part, il s’agirai plutôt de 15 CD/DVD ...par mois !

Mais je rejoins entièrement votre opinion. Si les DRM sont actés, avec le lot d’incompatibilités et de restrictions que l’on entrevoit, je cesse purement et simplement d’acheter.

Et comme vous, j’invite les autres citoyens à faire de même.

Boycotte des produits DRMisés , le 11 janvier 2006 par Ikario

Même combat pour moi.

Boycotte des produits DRMisés , le 11 janvier 2006 par Faith

Je n’achète pas beaucoup de CDs (essentiellement pour faire des cadeaux)... mais je boycotte également les DRM.

J’ai d’ailleurs demandé à mes amis/parents de faire attention aux DRM lorsqu’ils souhaitent me faire un cadeau.

jeannich je partage ton combat...

Boycotte des produits DRMisés , le 14 janvier 2006 par darpe

Même chose, j’achète (du moins j’achetais jusqu’ici) au moins 15 CD/DVD par an. Ma consommation n’avait pas baissé depuis mon abonnement ADSL haut débit (2002), bien au contraire. Et pour jouir pleinement de mes derniers achats, il m’a fallu tâter du cactus(DRM) ! Et oui, c’est dans les transports (voiture, train et autres transports en commun) que j’ai le plus de temps pour cela (pc portable, baladeur mp3, autoradio mp3) et je préfère ne pas embarquer mes originaux avec (déterioration, oublis, vols, et je dois mal m’y prendre, j’ai un peu de mal à faire rentrer un cd dans ma clé mp3). Oui, je boycotterai aussi, et inviterai mon entourage à le faire : Plus d’achat de CD/DVD DRMisés. Merci pour l’url sur le radar RIAA, je l’ai mise dans mes bookmarks.

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Rétablir la rareté par la force , le 10 janvier 2006 (0 rép.)

qu’ils DRMisent, qu’ils DRMisent ...

ils comprendront alors leur erreur.

sur ce, ce n’est bien evidemment pas ce que je souhaite, ni pour moi, ni pour mes enfants, ni pour mon pays, ni pour ce monde.

bonne soirée.

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et encore... , le 10 janvier 2006 par toto (1 rép.)

le fait que les majors essaient d’imputer aux consommateurs et artistes le prix de leur manque d’etude strategique est enorme (pour des societes de communication).

j’en suis persuade depuis que les premieres plaintes contre kazaa sont tombees, et ca fait plisir de voir que ce point de vue est mis en valeur actuellement.

le pire, c’est quand je pense que c’est l’industrie musicale qui "criminalise" et met la pression pour creer des outils et lois liberticides, c’est affreux. (les militaires ou les banques, on comprendrait, mais la musique... ?)

et je ne parle pas de la gestion opaque des societes de repartition des droits....

tout est dit ou presque : , le 10 janvier 2006 par toto

Après tout si les hypermarchés en ligne de vente de musique "DRMisée" étaient si efficaces, y aurait-il besoin de forcer les utilisateurs à aller vers eux à l’aide d’une législation répressive ? Le seul marketing, dont l’industrie se sert au moins autant que du talent artistique, ne devrait-il pas largement suffire ?

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Rétablir la rareté par la force , le 10 janvier 2006 par stephcomeon (5 rép.)

Magnifique démonstration d’une clarté exceptionnelle. Encore une fois, quel dommage que ce genre de propos se limite à une petite audience de gens avertis. On se doute bien que les maisons de disques font entendre un autre son de cloche aux artistes. Mélodie que les médias reprennent en coeur pour affoler le reste de la population.

Rétablir la rareté par la force , le 10 janvier 2006 par LS.

... oui, mais ce texte étant sous licence libre, tout un chacun peut le reproduire et le diffuser, pour élargir son audience :)

Rétablir la rareté par la force , le 10 janvier 2006

Ce qui est domage c’est qu’il n’y ait pas un moyen simple d’imprimer... J’ai plein d’amis qui n’ont pas le net et que cet article pourrait intéresser...

À bon entendeur ...

Rétablir la rareté par la force , le 10 janvier 2006 par jms821

Magnifique texte, très agréable à lire. Je n’ai rien à ajouter aux remarques ci-dessus.

En ce qui concerne l’impression, un Copier/Coller dans Ooo par exemple (ou tout autre traitement de texte libre), et ce sont à peu près trois pages de régal à distribuer aux copains.

Ce n’est pas totalement direct, mais néanmoins très efficace. Les liens sont aussi conservés.

Rétablir la rareté par la force , le 10 janvier 2006

Je l’ai mis en pdf ici

Rétablir la rareté par la force , le 11 janvier 2006 par jz

Merci pour les commentaires enthousiastes ! Je continuerais à écrire ce que m’ont inspiré les débats du DADVSI.

Remarque pertinente sur l’impression. J’ai ajouté sur l’URL originale de l’article un lien "imprimer l’article" en haut à droite.

-----> URL originale de l’article (avec des vrais morceaux d’impression dedans)

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