Agir de la sorte pourrait nuire à la piscine de Sardou !

Bonne nouvelle, la webradio ARTE Radio est passée depuis peu sous licence Creative Commons BY-NC-ND !

Voici comment elle présente l’événement :

« Afin de favoriser une utilisation gratuite, pédagogique ou associative, les sons d’ARTE Radio sont téléchargeables et diffusables sous contrat Creative Commons.
ARTE Radio.com reste propriétaire des droits, mais soutient une diffusion libre de ses créations et reportages hors de la sphère marchande.
Vous pouvez télécharger les sons d’ARTE Radio sur votre ordinateur ou votre baladeur numérique, les échanger sur les réseaux P2P, graver un cd pour l’écouter en voiture. Comme de nombreux enseignants, vous pouvez utiliser les reportages d’ARTE Radio en classe, en France ou à l’étranger. Vous pouvez aussi les diffuser sur une radio libre ou associative. »

Reportages, témoignages ou bruits pas sages, cela a été pour nous l’occasion de découvrir cette radio atypique et attachante, véritable patchwork de séquences sonores aussi plaisantes qu’originales.

Nous vous proposons ci-dessous quelques extraits retranscrits issus de la séquence spécialement dédiée aux licence Creative Commons (inutile de préciser que c’est mieux avec le son !).

CREATIVE COMMONS
"Le public a le droit de reprendre l’œuvre"

10’40" - 17/11/2004
Enregistrement : 15 & 16 juillet 2004
Mix : Christophe Rault
Réportages & réalisation : Matthieu Crocq

[...]

— La Creative Commons a une valeur symbolique très forte : il est possible de faire autrement.

[...]

— Aujourd’hui tout est interdit. Chaque fois que l’on veut réutiliser le travail d’un auteur il faut demander l’autorisation à l’auteur ou à son éditeur, bref à celui qui possède les droits sur l’œuvre. Tant qu’on n’a pas l’autorisation de l’auteur on ne peut rien faire.
Et donc en fait la logique de Creative Commons c’est de permettre à l’auteur d’autoriser à l’avance un certain nombre de comportements pour le public. Ces comportements finalement c’est des comportemenst qui sont décrits dans le code de la propriété intellectuelle, à savoir faire un représentation de l’œuvre, faire des reproductions de l’œuvre, faire des adaptations de l’œuvre et on tourne toujours autour de ces trois éléments.

[...]

— Et pour le reste, pour ce que vous n’avez pas autorisé, on peut toujours venir vous voir et vous demandez. Donc si par exemple vous autorisez la reproduction de votre œuvre tant que ce n’est pas commerciale, quelqu’un qui voudra faire un usage commerciale de votre œuvre et bien il pourra toujours venir vour voir et vous demander de signer avec, de trouver un accord, etc.
Il ne s’agit pas d’une remise en question du code de la propriété intellectuelle, il s’agit d’une remise en question des méthodes économiques de l’industrie culturelle.

[...]

— On ne peut pas maintenir l’économie des productions culturelles et artistiques sous perfusion de façon artificielle en bridant l’accès à la musique par exemple. La manière dont on est en train d’interdire le peer-to-peer, les échanges de fichiers, etc. Tout ça c’est des freins qu’on met artificiellement justement pour maintenir la valeur économique de quelque chose qu’on veut rarifier .
Ca n’est plus viable, on ne peut pas lutter contre une vague de fond aussi importante.

[...]

— Une grande partie de l’industrie culturelle arrive a contrôler les auteurs en leur faisant miroiter ce rêve de l’auteur richissime, de l’auteur qui va reussir. Là où les faits montrent quand même que très peu d’auteurs vivent de leur création, que par exemple la majorité des musiciens donnent des cours à des enfants.

[...]

— On peut très bien être excellent, gagner corectement sa vie parce qu’on a une bonne réputation, parce qu’on est souvent invité à mettre en place des expositions, à faire des concerts, sans pour autant bénéficier d’une starification totalement disproportionnée en terme financier.

[...]

— Il faut trouver une autre économie. Et c’est d’autant plus naturel, me semble-t-il, que justement l’acte de création se vulgarise, pas seulement la consommation de la création.
On entre dans une société où le temps libre est de plus en plus important, où les gens peuvent dégager beaucoup de temps pour créer, pour s’adonner à des activités qu’ils mènent en amateur au bon sens du terme. Les moyens de produire sont également plus accessibles : un camescope c’est à la portée de beaucoup de gens, un appareil photo, un site web...
Toutes ces choses là sont vraiment de plus en plus à la portée de chacun. Et c’est l’acte créatif même qui doit pouvoir circuler comme un fluide.

[...]

— Tous ces actes, tous ces gens, qui agissent de la sorte, d’une manière ou d’une autre participent à faire évoluer les mentalités, participent à faire évoluer le rapport à la propriété, et donc le rapport à l’autre en quelques sorte.

[...]

— C’est clair que cela ne se fera pas du jour au lendemain. Parce qu’effectivement agir de la sorte pourrait nuire à la piscine de Sardou et je pense qu’il a envie de garder sa piscine voire même s’en faire construire une autre.

[...]

  • CREATIVE COMMONS
  • ARTE Radio
    10’40" - 17/11/2004
    (basse qualité)
  • MP3 - 4.8 Mo
  • CREATIVE COMMONS
  • ARTE Radio
    10’40" - 17/11/2004
    (haute qualité)
  • MP3 - 9.7 Mo

Commentaires

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:: question :: précision :: avis :: commentaire :: bug ::

>Wahoooo !!!!!!!! , le 1er décembre 2004 par calimero 988 (1 rép.)

Ah que c’est bon d’entendre ça !

Je n’ai qu’une chose à dire : vive la liberté et la vérité !

Les mensonges deversés à longueur de temps sur la créativité massacrée par le P2P me donnaient tellement envie de vomir et d’entendre enfin la vérité couler à la radio cela fait espérer que la vérité se répande enfin plus largement.

Un seul petit reproche : les fichiers sons en mp3 et non en ogg. Mais alors, là, c’est vraiment pour la forme parce que le bonheur est total.

> Wahoooo !!!!!!!! , le 3 janvier 2005 par Radioman

calimero 988 écrivait : "Un seul petit reproche : les fichiers sons en mp3 et non en ogg. Mais alors, là, c’est vraiment pour la forme parce que le bonheur est total."

Les sons en Ogg sur Arte Radio ? Patience... ça arrive ! :-) Pas tout de suite car ça demande du boulot, autant au niveau informatique qu’au niveau du son, mais ça arrive. Pour être tenus au courant, inscrivez-vous à la lettre d’infos (gratuite et 100% garantie sans pub ni spam) à l’adresse http://www.arteradio.com/newsletter.jsp

Et bonne écoute !

-----> Creative Commons sur ARTE

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> Agir de la sorte pourrait nuire à la piscine de Sardou ! , le 29 novembre 2004 par Wald Sébastien (1 rép.)

Heureux de voir que finalement on se rend compte que brider les oeuvres en demandant des royalties à tour de bras ne permet pas de s’enrichir dans la majorité des cas...

On a beau dire "Comment veut-on que l’on s’enrichisse en tant qu’artiste si on offre tout gratuitement ?", des gens se rendent compte que diffuser largement ses oeuvres peut inévitablement permettre de se faire connaître. Cela se révèle à la longue bien plus payant qu’on ne le croit.

Et je renvois à ce que j’entends dire de la bouche des artistes eux-même (les vrais, ceux qui ne se sont pas faire corrompre par les majors et qui ne vomissent pas sur le p2p régulièrement). Il faut bien se demander si il est nécessaire de se trouver un éditeur et s’interroger si la priorité n’est pas d’avoir un groupe motivé et une musique qui vale la peine d’être écouté (ou un livre, la peine d’être lu etc) ...

-----> Mon site personnel

Se faire connaître par la diffusion libre , le 30 novembre 2004 par Etienne

En Afrique du nord, tous les artistes se font connaître par des cassettes (et des CD maintenant), totalement pirates, vendues sur les marchés. Les artistes n’en tirent pas un centime dans 99% des cas. Les artistes reçoivent des cachets lors de leurs concerts. Ils ont d’autant plus de public aux concerts qu’il y a de cassettes de leur musique vendues. CQFD. Voir aussi une récente entrevue avec Manu Chao qui se balade sur l’internet, qui dit à peu près : "il y aura une sélection naturelle terrible, seules les bêtes de scène pourront tenir le coup".

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