• Auteur : Aka, RNB
  • Date : 13 novembre 2004 (1er février 2005)
  • Licence : Creative Commons BY-NC-SA link_license
  • Site : About The Sampling Licenses

Creative Commons : les « sampling licenses », description et exemple avec le Wired CD

Après avoir créé des outils permettant aux auteurs de diffuser leurs oeuvres en se réservant (ou non) certains droits, le projet Creative Commons s’attaque à une pratique assez répandue dans le domaine artistique, le sampling, à travers des licences du même nom. La création de ces licences est aussi une occasion pour nous de revenir sur la diffusion légale de la musique sur internet, comme en témoigne le récent CD mis en ligne par le magazine Wired.

La genèse des licences Sampling est un parfait exemple du mode de travail que le projet Creative Commons cherche à promouvoir : le partage et la collaboration. Alors que les responsables du projet, associés à certains artistes comme Vicki Bennett ou le collectif Negativeland, élaboraient une licence pour la diffusion non pas de l’intégralité d’une œuvre [1], mais simplement d’un échantillon (« sample » en anglais), il est apparu que Gilberto Gil, musicien brésilien et ministre de la culture de son pays à ses heures perdues, travaillait sur une idée similaire. Qu’à cela ne tienne : après concertation, les deux projets fusionnèrent pour donner naissance aux licences Sampling.

Le sample est monnaie courante dans certains genre musicaux comme le rap, mais il peut tout aussi bien s’appliquer aux images, à la vidéo et même au texte. On pourrait, par exemple, l’envisager pour un poème, dont on reprendrait certains vers pour les intégrer à un autre texte. Les licences Sampling offrent donc un cadre à ce type de pratique en « officialisant » les relations entre sampleur et samplé.

je sample, tu samples, il sample...

Ces licences gardent le même esprit que les autres licences CC, à savoir :

  1. accorder certains droits aux utilisateurs et en restreindre d’autres ;
  2. se décliner sous plusieurs formes afin de répondre aux différents besoins des auteurs.

Ici, elles sont au nombre de trois :

sampling La licence Sampling, qui est la plus restrictive, vous permet d’utiliser un échantillon de l’œuvre originale sous n’importe quelle forme, y compris commerciale, sauf dans la publicité. La copie et la diffusion de l’intégralité de l’œuvre est, elle, interdite.

Sampling plus La licence Sampling Plus, qui donne le plus de droits à l’utilisateur-créateur, vous permet, non seulement d’utiliser un échantillon de l’œuvre originale sous n’importe quelle forme, sauf toujours dans la publicité, mais elle autorise aussi la copie et la distribution de l’intégralité de cette oeuvre, mais seulement dans un cadre non commercial.

noncommercial sampling plus Enfin, la licence Noncommercial Sampling Plus reprend les termes de la licence précédente, sauf que l’utilisation d’un échantillon ou de l’œuvre intégrale ne peut se faire que dans un cadre non commercial.

Il ne reste plus dés lors qu’à faire votre choix pour inviter d’autres créateurs à utiliser des extraits de vos travaux. Comme précisé plus haut, les licences Sampling ne sont pas uniquement pensées pour la musique, dont la diffusion peut aussi se faire grâce à la licence Sharing [2]. Elles offrent juste un moyen de diffuser des œuvres qui se prêtent à une reprise partielle de leur contenu.

Le téléchargement légal

La création de ces licences est d’ailleurs l’occasion de revenir sur un phénomène qui touche l’édition musicale depuis quelques mois déjà. Les grandes Majors s’inquiètent en effet de la croissance exponentielle du téléchargement de musique piratée en ligne, inquiétude qui les a amenées à trainer certaines personnes en justice pour faire un exemple.

La question n’est pas de savoir si ces internautes infectés par la téléchargonite aigu ont tort ou raison, s’ils sont de simples criminels ou les premiers représentants d’une nouvelle forme de diffusion de la culture, ni même de préjuger du bien-fondé de la politique répressive des Majors. Le fait est que télécharger de la musique en ligne est dorénavant synonyme d’activité illégale pour beaucoup de gens.

Mais quel rapport entre les licences sampling et le téléchargement de musique en ligne direz-vous ? Simplement la diffusion récente par le magazine Wired d’un CD de 16 chansons [3] placées sous licence Sampling Plus ou Noncommercial Sampling Plus, qui nous permet (1) de présenter une utilisation concrète de ce type de licences et (2) d’expliquer aussi que le partage de musique en ligne n’est pas forcément synonyme d’illégalité.

Avec ces licences, en effet, je télécharge, partage et échange de la musique via Internet et le P2P et, n’en déplaisent à certains, je ne suis pourtant pas un pirate !

Écouter le Wired CD

The Wired CD est une compilation musicale qui accompagne le tout récent numéro de novembre du célèbre magazine américain Wired dont on peut lire sur la couverture "Fight for your right to copy". Éclectique, on y retrouve des artistes de renom comme David Byrne (ex Talking Heads), Zap Mama, les Beastie Boys ou encore le très actif Gilberto Gil, et d’autres moins connus, mais qui pourraient bien ainsi le devenir !

Ce CD est, non seulement placé sous licences Sampling -on notera au passage deux versions du même titre « Obsolum » : l’orginal de Gilberto Gil et un sample de DJ Dolores-, mais il est également ouvertement encouragé de le copier, de le graver, de le remixer et de le diffuser sur Internet ! C’est tout le sens de la formule : "Rip, mix and burn the Wired CD !"

Admettons qu’il vous vienne alors l’envie de l’écouter ?

Vous pouvez alors :

  • le découvrir sur notre jukebox en Flash (en haut à droite de la page). Attention, ne fonctionne malheureusement pas pour toutes les configurations ;
  • télécharger un à un les morceaux sur des sites Web comme Almaren ;
  • utiliser le réseau BitTorrent (programme libre d’échange de fichiers qui fait fureur en ce moment). Si c’est votre première fois, vous pouvez vous informer sur BitTorrent ici, lire un tutoriel , et le télécharger sur son site officiel. Ensuite, une fois le logiciel installé, vous rendre sur cette page du site legaltorrent, cliquer pour importer la totalité du CD (150 Mo) et attendez selon la vitesse de votre connexion et la qualité de la bande passante (ne pas oublier de laisser par la suite ouvert votre client BitTorrent pour que d’autres en profitent à leur tour) ;
  • si vous êtes un habitué du P2P, alors il suffit de taper "Wired CD" dans le moteur de recherche de votre client favori comme eMule ou KaZaa. Il serait en effet étonnant que les morceaux ne s’y trouvent pas déjà et en nombre ;
  • enfin, dernière option qu’on aurait presque oubliée... acheter le magazine !

[1] Comme c’est le cas pour les licences Creative Commons "classiques". Voir Licences Creative Commons : soyons créatifs ensemble.

[2] Cette licence permet de télécharger, de copier et de diffuser les oeuvres musicales dans un cadre non commerical.

[3] Contenu du CD :

  • Beastie Boys/ Now Get Busy
  • David Byrne/ My Fair Lady
  • Zap Mama/ Wadidyusay ?
  • My Morning Jacket/ One Big Holiday
  • Spoon/ Revenge !
  • Gilberto Gil/ Oslodum
  • Dan the Automator/ Relaxation Spa Treatment
  • Thievery Corporation/ DC 3000
  • Le Tigre/ Fake French
  • Paul Westerberg/ Looking Up in Heaven
  • Chuck D with Fine Arts Militia/ No Meaning No
  • The Rapture/ Sister Saviour (Blackstrobe Remix)
  • Cornelius/ Wataridori 2
  • Danger Mouse & Jemini/ What U Sittin’ On ? (starring Cee Lo and Tha Alkaholiks)
  • DJ Dolores/ Oslodum 2004
  • Matmos/ Action at a Distance

Commentaires

<< Poster un message >>
:: question :: précision :: avis :: commentaire :: bug ::

Informations complémentaires

Informations générales

Lire en musique

Arthur Yoria
Un artiste pop-rock prometteur
Télécharger au format MP3
Creative Commons BY-NC-ND

Juste une image

Hidding Hidding
Creative Commons BY