• Auteur : Jean-Baptiste Soufron
  • Date : 17 septembre 2004 (14 juin 2005)
  • Licence : Creative Commons BY-SA link_license
  • Site : URL d’origine du document

l’open journalisme des weblogs, outil critique absolu des médias

Outre le fait de nous plonger dans une activité brûlante, cet article (et sa suite) présente selon nous un double intérêt.

Il permet d’aller au delà de la simple définition d’un blog (sites web présentant des billets publiés par un ou plusieurs auteurs dans un ordre inversement chronologique) pour mieux comprendre ce qui fait leur "substantifique moëlle" avec, en toile de fond, des pratiques et un état d’esprit souvent proches de ceux de la communauté du Libre.

Il nous offre un pretexte pour vous inviter à parcourir le blog de son auteur, Jean-Baptiste Soufron, doctorant en droit.

On entend de plus en plus parler des blogs et de la blogosphère, de leur influence nouvelle auprès du public, de leur rôle dans la vie journalistique et politique. Ce sont bien sur les élections américaines qui ont mis leur influence en évidence, l’un des événements majeurs des conventions démocrates et républicaines tenait justement à ce que de nombreux bloggers célèbres y avaient été invités. Les bloggers, wizards de l’internet intéressés par la politique utilisés par les candidats américains pour asseoir leur image high-tech auprès de leur public branché, voilà l’image que le journal de 13h peut donner de l’explosion de la blogosphère aux USA.

Pourtant le développement des blogs marque une révolution d’une toute autre nature. S’il faut résumer ce qu’est un blog, on peut se contenter de dire qu’il s’agit d’un système user-friendly de publication et de diffusion en ligne. Au niveau le plus basique, le blogger se contente d’ouvrir un compte blog, comme un compte mail. Il y écrit ensuite ce qui lui plaît. Le blog se charge alors de présenter agréablement ce contenu, de le classer et de le diffuser auprès des autres blogs et des moteurs de recherche.

Partant de là, on imagine aisément des blogs sur les recettes de cuisine, sur sa vie ou sur son école. Et bien sur, on comprend aussi qu’un blog sur un sujet qui intéresse une communauté sera repris par les autres blogs de cette communauté. Il y a probablement peu de chances pour qu’un blog sur ma vie intéresse réellement une communauté assez vaste pour installer d’autres blogs sur ma vie qui reprendront les informations que je publierais, mais quand il s’agit des élections américaines, la masse critique est largement dépassée et on parle maintenant de centaines de blogs traitant tous du même sujet.

Il est facile de se représenter ce que cela signifie. Dès qu’une info, une idée ou une argumentation est présente sur un blog, elle est reprise par d’autres blogs qui travaillent à la complèter, à la reformuler, à la clarifier. Elle est alors à nouveau reprise par d’autres blogs qui recommencent ce travail et ainsi de suite.

Grâce à la blogosphère, l’information n’est plus une donnée fixe, elle s’inscrit dans une dynamique, elle reste en constante amélioration au fil du temps. A l’image de l’informatique open source, la blogosphère développe un système de publication open-source où tous les articles sont soumis à la critique constructive de centaines de bénévoles qui les retravaillent en permanence. Lire un post dans un blog n’est réellement intéressant que lorsqu’on suit l’évolution de ce post à travers les réponses et les critiques qu’il suscite dans les autres blogs et dans les forums qui leur sont liés.

Mais là encore, tout cela n’annonce rien d’extraordinaire en soi. On comprend bien qu’internet amène un degré supplémentaire de liberté, mais rien ne permet de dire que les bloggers sont autre chose que de sympathiques militants qui ont gagné leur siège aux conventions américaines en acceptant de passer du temps dans leur salon à écrire sur leurs candidats favoris.

Mais les choses sont bien plus intéressantes quand on s’intéresse à l’influence que les bloggers commencent à avoir sur les médias classiques.

Qu’est ce en effet que la blogosphère sinon une gigantesque usine où chaque information qui rentre est immédiatement disséquée, analysée, démontée, reconstruite, appropriée. Quand l’information est issue de la blogosophère elle-même, c’est l’information d’un amateur éclairé, c’est un avis de passionné, une gentille lubie de geek. Quand l’information est issue de l’extérieur de la blogosphère, on réalise soudain que cette usine est surtout un formidable réservoir critique. Un monstre représentant des centaines de milliers d’internautes dont les capacités de travail cumulées sont à même de remettre en question le travail de n’importe quel organe de presse qualifié de sérieux. Exagération, enthousiasme technophile ?

Déjà l’année dernière, l’acharnement des bloggers a vérifier les faits et à contrôler les informations fournies par les médias avait conduit à l’éviction du Sénateur Trent Lott qui avait incidemment affirmé une sorte de nostalgie pour la ségrégation d’avant-guerre. De même, à la suite du scandale de Jason Blair, ce sont les bloggers qui avaient forcés le départ de Howell Raines, éditorialiste du New York Times.

Les blogs se sont invités avec fracas dans la campagne présidentielle américaine pendant les primaires démocrates où certains candidats les utilisaient comme relais pour lever des fonds, parfaire leurs idées et critiquer leurs argumentations.

Mais depuis, les blogs se sont révélés de plus en plus importants. De nombreux exemples de blogs anti-bush ont commencé à essaimer et à critiquer les faits et gestes du candidat républicain. En août aussi, les clips des vétérans du Vietnam qui remettaient en question les faits d’armes de John Kerry avaient été analysés par les blogs des deux camps, mettant à jour de nouvelles zones d’ombre, confirmant ou infirmant de nombreux éléments, etc.

Mais ce sont cependant les partisans républicains qui semblent faire le meilleur usage de ces nouveaux instruments du débat politique et médiatique. Ils ont peut-être mieux compris leur potentiel de critique des médias et de vérification des informations.

C’est l’expérience amère qu’est en train de subir Dan Rather, le patron du célèbre 60 minutes II sur CBS News. Journaliste professionnel, à 15 jours du vote pour l’éléction, il a diffusé la semaine dernière un reportage démontrant par des documents d’époque que Georges Bush n’avait pas rempli ses obligations militaires pendant la période où il servait dans l’armée de l’air.

Ou peu s’en faut. En quelques clics de souris et après quelques heures passées sur leurs clavier, des milliers de bloggers partisans de bush ont commencé à analyser le documentaire de CBS et à réussir à démontrer que les documents présentés par Dan Rather étaient très probablement des faux, à un tournant de la campagne où Georges Bush vient de reprendre le dessus sur John Kerry.

C’est d’abord le forum freerepublic.com qui a commencé à étudier la question, suivi de près par les bloggers de powerline, little green footballs, indc journal. Analysant chaque point des documentaires et critiquant leurs propres analyses en boucle, quelques jours leur on suffit pour démontrer que les documents utilisés par CBS avaient probablement été écrit sur un traitement de texte Word, évidemment inexistant à l’époque du service de militaire de Georges Bush. Par de nombreux croisements, ils ont aussi pu vérifier le contenu des documents, démontrer son incohérence avec des documents identifiés et connus, analyser des sommes importantes de données, etc.

Au bout du compte, la crédibilité de CBS est plus que remise en cause. Leur seul axe de défense contre consistant finalement à ignorer les critiques issues de la blogosphère en suggérant qu’il s’agissait d’actions partisanes pilotées par le camp républicain. Jamais, ils n’ont cherché à faire les critiques en essayant de démontrer la véracité des documents alors même qu’on découvrait avec stupeur que l’expert qu’ils avaient mandaté avant le reportage n’avait travaillé que sur des photocopies des documents et que le témoin qui avait accrédité leur véracité se les était simplement fait résumer au téléphone et qu’il avait seulement découvert leur contenu au moment de la diffusion. Pire, sur Fox News, l’ancien directeur de l’information de CBS News fait toute la preuve de son mépris envers son public en n’hésitant pas à qualifier les bloggers d’amateurs dont il n’a pas à recevoir de leçons, « de simples avachis en pyjamas qui traînent dans leur salon devant leur ordinateur ».

Ainsi que le note le toujours excellent Ernest Miller sur Corante, le journalisme est désormais en crise. Lire sur internet les compte-rendu du fiasco de CBS était intéressant, maintenant il serait de siffler la fin de la partie. Face au choix de CBS News d’ignorer toute critique qui ne serait pas issue de son univers, c’est la stupeur qui domine et on ne peut s’empêcher de remettre en question la crédibilité de leurs autres journalistes. Une certaine inertie peut se comprendre, un tel immobilisme ne peut que surprendre.

Pire, dans un article méprisant intitulé « Rather Rides Out latest partison storm », le Los Angeles Time semble désormais indiquer que CBS News n’a aucune intention de faire amende honorable et que la majorité des journalistes américains vont se ranger derrière 60 minutes II, assimilant tous ceux qui critiquent le travail baclé de ce média à des activistes républicains manipulés par le clan Bush.

Ainsi, la plupart des analystes des médias traitent encore les blogs avec dédain, ignorant la profonde liberté qui s’en dégage et le pouvoir que peut receler une communauté capable de vérifier des informations 24h/24h en utilisant toutes les ressources personnelles dont ils disposent : amis, relations professionnelles, expertises personnelles, etc. Et on peut le croire, l’argument était d’ailleurs déjà soulevé par le professeur de droit activiste pro-libre, Karl Lenz : quand les bloggers sont des universitaires reconnus, des professeurs de droit, des journalistes à la retraite, ou des scientifiques, leurs relations ou leurs connaissances peuvent parfaitement suffire à leur donner les moyens de décrédibiliser une information. Quand en plus on comprend qu’une information postée sur un blog est en réalité une donnée dynamique en constante évolution dans la blogosphère, on a du mal à retenir son enthousiasme face au gigantesque appareil critique qui s’offre maintenant à nous.

Il est alors incroyable de voir que Dan Rather de CBS continue à rester de marbre face à l’évidence du scandale, d’autant que CNN a révélé que plusieurs de ses assistants se sont révélés être des proches du camp opposé.

Toute la critique des médias vient visiblement du public et des moyens modernes de publication et de diffusion qui sont mis à sa disposition. C’est l’exemple en France du site acrimed, du rezo.net, etc. L’étape suivante, c’est peut-être l’exemple des USA où des bloggers se retrouvent dans des pyjama parties géantes pour combattre les tentatives de manipulation médiatique.

A l’heure où les médias limitent visiblement leur rôle à essayer de vendre du temps de cerveau disponible, le modèle de l’open journalisme des weblogs s’impose comme une solution séduisante. A l’image de l’encyclopédie libre wikipédia, l’intérêt du blog réside surtout dans le fait qu’on peut retracer l’évolution d’une idée ou d’une argumentation, voire les différentes étapes de son élaboration et de sa critique ; bref, critiquer le processus d’élaboration de l’information lui-même et non pas seulement l’information.

L’attitude hautaine des médias classiques ne semble pas les conduire à accepter l’ouverture de leurs méthodes qui pourrait arrêter l’immense perte de crédibilité qui les menace.

Jean-Baptiste Soufron
Le 15 Septembre 2004

SUITE

L’open journalisme des weblogs s’empare de la une du TIME

Dans un article, il y a quelques jours, j’ai déjà détaillé comment l’open-journalisme des weblogs ont pu remettre en question l’une des émissions journalistiques les plus réputées des USA et comment Dan Rather, son présentateur, avait répondu par le mépris le plus profond à ces "geeks en pyjama".

Mais aujourd’hui, les weblogs font la une de TIME.

Et, je vous conseille notamment de lire l’excellent article de Sullivan :

A Blogger’s Creed

Malheureusement, le magazine axe essentiellement sa ligne éditoriale sur la défense du journalisme classique en essayant d’expliquer que les weblogs ne pourraient pas exister sans lui. C’est bien possible, mais cela n’explique pas le pronfond changement qui est en train de s’opérer dans notre environnement médiatique.

L’information s’inscrit désormais dans une dynamique et ne consiste plus en une information figée dans le temps, mais en une information sans cesse affinée par la critique constante des particuliers via leurs outils de publication personnels.

Dans ces conditions, l’élément important n’est pas l’information en elle-même, mais son caractère ouvert, c’est-à-dire les éléments permettant de réflechir sur l’information elle-même, notamment la manière dont elle a été obtenue. Exactement comme la description d’un protocole expérimental est souvent bien plus important que le résultat de l’expérience elle-même.

Or les médias classiques ne semblent pas prendre la mesure de cette évolution. Ils analysent encore les weblogs comme des outils de publication à leur image, en plus nombreux et en plus amateurs. Pourtant, ce qui fait la force de ces outils, c’est leur coordination, la façon dont on peut remonter la chaîne de l’information jusqu’à tel ou tel post sur un forum, critiquer la façon dont l’argumentation s’est développée de site en site, etc.

Plus qu’une réflexion sur les informations de CBS, c’est par une réflexion sur la façon dont les informations de CBS avaient été obtenues que les weblogs ont réussi à se rendre plus crédibles. Alors qu’il était possible de comprendre leur raisonnement et de saisir sa rationnalité, le raisonnement de CBS ne reposait que sur la seule autorité de son émission-phare. Devant l’impossibilité de critiquer le raisonnement de CBS lui-même, le moindre doute d’authenticité remettant en cause son autorité était à même de faire céder le mastodonte.

Pour comprendre à quel point l’argumentation élaborée par les weblogs est complexe est élaborée, l’organe républicain le Weekly Standard a publié un article retraçant l’historique des posts et des interventions qui ont permis aux bloggers de remettre en cause le document de CBS :

What Blogs Have Wrought

Par ailleurs, plusieurs sites non-républicains (et même probablement démocrates) maintiennent des ressources sur ce sujet :

Infothought, le weblog de Seth Finkelstein

The importance of..., Le weblog de Ernest Miller

Encore une fois, l’information traitée par les weblogs est ouverte, leur analyse est un modèle qu’on pourrait qualifier d’open-journalisme soumis sans cesse à la critique. C’est ce qui fait leur force, mais c’est ce qui n’apparaît pas encore dans les analyses des médias classiques.

Jean-Baptiste Soufron
Le 20 Septembre 2004

Commentaires

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> l’open journalisme des weblogs, outil critique absolu des médias , le 18 septembre 2004 par proxy (0 rép.)

Dans la même ligne voici un appel au Libre et tout ce qui tourne autour : http://marseille.indymedia.org/news/2004/09/1186.php

-----> InfosNews

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> l’open journalisme des weblogs, outil critique absolu des médias , le 18 septembre 2004 par Antoine (1 rép.)

Moui.

Les blogs, c’est aussi :

- L’expression de milieux sociaux extrêmement homogènes. Bizarrement, il me semble qu’il y a moins de "mixité" dans les blogs que sur les sites persos traditionnels. Les dispositifs techniques particuliers utilisés par les blogs (pings / trackbacks, syndication à outrance, obsession du HTML et des CSS "clean") semblent les faire priser par un public avant tout amateur de gadgets (d’ailleurs c’est une préoccupation qu’on retrouve souvent dans les blogs).

- La constitution de petits milieux cloisonnés qui passent leur temps à s’auto-référencer. La communauté des "standards du web" est particulièrement emblématique à cet égard. Par exemple, dès qu’une info paraît sur un blog connu comme Standblog, elle est reprise dans une centaine d’autres blogs. L’intérêt informationnel ? Nul, mais un potentiel de pollution assez énorme (une sorte de google bombing permanent).

Tout cela n’amène pas souvent à l’esprit critique loué dans cet article. De fait, les "amas" de blogs constituant une communauté données (par exemple les pro-standard ou pro-Mozilla) véhiculent une pensée unique assez compacte. Un exemple récent : l’annonce d’Opquast a été relayée massivement sans aucune analyse critique, jusqu’à ce qu’un site qui n’est pas un blog s’en charge. Autre exemple : l’annonce de la licence "INRIA-CEA-CNRS", encensée là aussi sans le moindre effort de réflexion, alors qu’au bout de quelques jours de nombreuses personnes émettaient un avis très critique sur les listes de discussion (fsfe-france, escape-l).

Amicalement

Antoine.

> l’open journalisme des weblogs, outil critique absolu des médias , le 18 septembre 2004 par mimas

Les dispositifs techniques particuliers utilisés par les blogs (pings / trackbacks, syndication à outrance, obsession du HTML et des CSS "clean") semblent les faire priser par un public avant tout amateur de gadgets (d’ailleurs c’est une préoccupation qu’on retrouve souvent dans les blogs).

Le HTML/XHTML/CSS clean n’est pas un gadget, il me semble indispensable d’avoir un support d’information propre est compréhensible par la plupart des navigateurs et des outils d’aide à la navigation pour personnes ayant un handicap. Il paraîtrait étrange d’avoir un journal papier utilisant des polices à « fort bruit » comme les lettres germaniques (j’ai oublié le nom précis) demandant un effort visuel pour ôter les traits superflus, ou un journal avec une mise en page incohérente faisant se chevaucher les articles.

On peut reprendre l’argumentation d’Arno* sur les adeptes du W3C, mais pour ma part je suis content d’avoir des pages qui passent aux validateurs XHTM/CSS. Je suis aussi content de savoir, qu’en principe, n’importe qui avec n’importe quel navigateur pourra accéder à mes pages.

Je ne considère pas les standards comme des gadgets. Malgré tout je n’hurle pas à la mort quand une page est faite avec du HTML du siècle dernier, sauf si celle-ci est sur le site d’une entreprise ou d’un service public et nuit à l’accessibilité du site.

Concernant la syndication et les trackbacks, ce sont des gadgets mais qui sont utiles : je viens de créer un script pour avoir un fil Atom (un RSS-like) sur mon wiki afin de voir les modifications effectuées sans avoir à me connecter. Je supervise maintenant l’évolution du wiki à partir du bookmark de Firefox. Un gadget pratique.

C’est sûr qu’il y a des communautés « blogiennes », et que, parfois, un peu de sang neuf ne fait pas de mal.

L’AFP ou le Monde fait aussi du « google bombing » puisque pas mal de rédactions se reposent exclusivement sur leurs dépêches et leurs articles.

Aucune information ne doit être prise pour argent comptant, sur les blogs comme sur les médias classiques.

Répondre à ce message

Le blog : perso ou collectif ? , le 17 septembre 2004 (0 rép.)

Ce qui est marrant c’est que le blog au depart c’est tout de même "un truc perso".

Limite egoïste, un sport individuel et non collectif.

Et pourtant en se mettant en relation permanente, en établissant un impresionnant maillage, on se retrouve à être tout seul mais ensemble.

C’était ma réflexion à deux balles du jour...

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> l’open journalisme des weblogs, outil critique absolu des médias , le 17 septembre 2004 par mougly (0 rép.)

Merci, Jean-Baptiste Souffron, pour cette bonne analyse.

[coup de gueule]
Il est temps de se rendre compte que les médias, en particulier les journalistes, n’ont pas plus de légitimité que nous ("le peuple") à diffuser de l’information et à émettre critiques et analyses.
Ce n’est pas en lisant deux dépêches (AFP + Reuters pour ne pas les citer) que l’on recoupe les sources d’une information. J’en ai marre d’entendre "Un journaliste de Machin Soir a révélé que..." et que ce soit ensuite pris pour argent comptant ! Alors qu’une information diffusée sur internet, qui peut avoir été le fruit de beaucoup plus de recherche, n’a aucune légitimité de fait.
[/coup de gueule]

Toute la critique des médias vient visiblement du public et des moyens modernes de publication et de diffusion qui sont mis à sa disposition. C’est l’exemple en France du site acrimed, du rezo.net, etc. L’étape suivante, c’est peut-être l’exemple des USA où des bloggers se retrouvent dans des pyjama parties géantes pour combattre les tentatives de manipulation médiatique.

Merci encore.

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> l’open journalisme des weblogs, et l’open informations des wiki. , le 17 septembre 2004 par mimas (2 rép.)

Pour quitter nos amis d’outre-atlantique et revenir sur cette magie de l’information qui circule librement, les wikis tendent à devenir l’outil complémentaire des blogs.

Il est désormais possible d’intégrer des fils RSS sur des wikis, de syndiquer ses pages et ses modifications, de faire des liens wiki vers d’autre wiki de façon transparente. On se rapproche de plus en plus du blog par son coté syndication et trackback.

Là où le blog est une sorte de critique extra-personnelle d’information, le wiki devient une source d’information collective qui, en reprenant les termes présents sur le site de wikini, fait tomber les frontière entre consommateur d’information et producteur d’information. Un exemple de wiki informatif trouvé sur wikipédia : Disinfopedia. N’ayant que survolé ce wiki, je vous laisse vous faire une idée dessus.

Je crois au blog mais je crois aussi que le wiki va devenir une pièce importante de l’esprit « blog ».

> l’open journalisme des weblogs, et l’open informations des wiki. , le 19 septembre 2004 par cgiles

Question ça veut dire quoi syndiquer des pages ? Les grouper pour qu’elles aient plus de pouvoir ?(un peu comme les syndic ouvrier ?) @++

> l’open journalisme des weblogs, et l’open informations des wiki. , le 19 septembre 2004 par Jtps

La syndication des pages, c’est permetre intégrer à son site les titres d’autres blogs ou sites et ceci de manière automatique. Cette liste de titres peuvent également être suivi par des logiciels spécialisés.

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> l’open journalisme des weblogs, outil critique absolu des médias , le 17 septembre 2004 par pp (1 rép.)

Bien qu’il ne s’agisse pas d’un blog, elle est citée dans l’article et ce serait dommage de passer à côté (elle est à l’œuvre depuis 1996) :

« Acrimed se présente

Action-CRItique-MEDias [Acrimed] est, comme son nom l’indique, une association de critique des médias qui se propose de se constituer en Observatoire des médias et d’intervenir publiquement, par tous les moyens à sa disposition, pour mettre en question la marchandisation de l’information, de la culture et du divertissement, ainsi que les dérives du journalisme quand il est assujetti aux pouvoirs politiques et financiers et quand il véhicule le prêt-à-penser de la société de marché. »

-----> acrimed

> l’open journalisme des weblogs, outil critique absolu des médias , le 17 septembre 2004 par Jean-Baptiste Soufron

C’est bien sur en tant que fidèle lecteur d’acrimed que je vous ai cité, manière de dire que les weblogs ne sont pas le seul outil critique des médias :)

Mais je suis assez d’accord avec les commentaires précédents, ce qui est intéressant c’est de multiplier les outils et de les coordonner : weblog + wiki + sites, etc.

-----> http://soufron.free.fr

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