• Auteur : Un collectif d’associations
  • Date : 15 janvier 2004 (17 mai 2005)

Pour une véritable politique de développement du logiciel libre

Communiqué de presse pour diffusion immédiate

Paris, 14 janvier 2004.

Les associations du logiciel libre et les organisations syndicales de l’éducation se sont réunies pour définir une politique de développement de l’informatique dans l’éducation nationale qui soit libre de toute ingérence commerciale, reprenant en cela la tradition républicaine qui protège le système éducatif.

Le mercredi 7 janvier 2004, à l’invitation de l’AFUL, les organisations suivantes se sont réunies à la bourse du travail à Paris : FSU, UNSA-Education, SGEN-CFDT, FERC-CGT, SNALC, ADULLACT.

N’ont pu être présentes, mais s’associent à ce communiqué et à la campagne envisagée : SUD-Education, SPECIF, APRIL, SIL-CETRIL, SCIDERALLE, OFSET, FRAMASOFT, ALLEGETICE, FR.OPENOFFICE.ORG.

Les organisations ont confronté leurs analyses sur l’accord-cadre Microsoft-MJENR (Ministère de la Jeunesse, de l’Education Nationale et de la Recherche) [1] du 18 décembre 2003.

L’AFUL et l’ADULLACT ont informé les participants de leur rencontre la veille avec le sous-directeur de la Direction de la Technologie et ses conseillers.

L’AFUL et l’ADULLACT ont reçu l’assurance que la rédaction de l’avenant n°4 serait modifiée dans un sens plus conforme à la tradition des accords-cadres qui ne fixent jamais d’objectifs quantitatifs d’acquisition.

Elles ont également eu confirmation que cet accord n’est en aucun cas une remise en cause de la politique d’impulsion du logiciel libre dont le Ministre a fait état dans sa réponse au député Marc Le Fur [2], ni l’expression d’une volonté d’imposer quelque choix commercial que ce soit aux établissements et aux collectivités en ce qui concerne les logiciels.

Par ailleurs, l’AFUL et l’ADULLACT sont convenus avec les représentants de la Direction de la Technologie de reprendre contact fin janvier pour discuter d’une mise à jour de l’accord-cadre AFUL-MENRT [3] du 28 octobre 1998.

Les baisses de prix que Microsoft a été amené à consentir sont avant tout le résultat de la percée considérable des suites bureautiques libres et gratuites notamment OpenOffice.org dans le monde de l’Éducation et dans les administrations de nombreux pays, ainsi que de l’intérêt croissant que leur portent les entreprises.

Les participants à la réunion du 7 janvier apprécient les économies que l’accord-cadre du 18 décembre 2003 permettra aux établissements et collectivités utilisateurs de la suite bureautique Microsoft. Ils rappellent cependant que l’usage d’une suite bureautique libre permet encore plus d’économies, et de façon plus pérenne. En outre, les réductions obtenues dans l’accord-cadre ne s’appliquent ni aux enseignants ni surtout aux élèves, alors que les suites bureautiques libres bénéficient à tous et fonctionnent sur les principaux systèmes d’exploitation (Windows, Mac Os, GNU/Linux, etc.).

C’est notamment en réduisant les coûts pour le public que l’on développe les usages et que l’on réduit la fracture numérique.

Les organisations syndicales ont surtout insisté sur l’avenant n°5 à cet accord portant sur la formation. Elles ont assuré l’AFUL et l’ADULLACT de tout leur soutien pour que le nouvel accord-cadre comporte un volet formation.

Il a été souligné que cette formation doit porter sur les grandes fonctions des programmes informatiques et non sur des logiciels particuliers, comme précisé par les textes officiels.

Les organisations ont décidé de mener une campagne commune sur les questions de fond :

  • pourquoi des logiciels libres pour le service public d’éducation ?
  • quelles sont les raisons qui poussent de plus en plus d’administrations et services publics du monde entier à choisir le logiciel libre (voir pour la France les recommandations de l’ADAE [4]) ?
  • pourquoi les logiciels éducatifs ne sont pas une marchandise comme une autre ?

Une rencontre prochaine permettra de préciser les modalités d’action et rédiger un texte commun sur ces thèmes.

Les organisations signataires assureront d’ici là la plus large diffusion à un « appel aux enseignants ». Cet appel fait suite à « l’appel aux enseignants » [5] qui, le 18 juin 2002, avait lancé une première campagne de libération de l’informatique scolaire.

Contact Presse

François ELIE (Président d’ADULLACT)
06 22 73 34 96 francois@elie.org

Nicolas PETTIAUX (Président d’AFUL)
+32.496.24.55.01 nicolas.pettiaux@aful.org

Frédéric COUCHET (Président d’APRIL)
06 60 68 89 31 fcouchet@april.org

Gérard BLANCHET (CA AFUL)
06 16 45 73 55 g.blanchet@aful.org

À propos des organisations

ADULLACT (www.adullact.org et adullact.net)
L’Association des Développeurs et Utilisateurs de Logiciels Libres pour les Administrations et les Collectivités Territoriales a pour but de mutualiser l’effort pour constituer, développer et promouvoir un patrimoine commun de logiciels libres métiers sur fonds publics, avec l’idée que « l’argent public ne doit payer qu’une fois ». Elle rassemble des régions, des départements, des villes, des associations, des entreprises et des particuliers.

AFUL (www.aful.org)
L’AFUL, Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres, est une association loi 1901 dont le but majeur est la promotion de systèmes d’exploitation libres de types UNIX (comme Linux et les dérivés BSD) et des standards ouverts. Elle regroupe des utilisateurs (professionnels ou particuliers), des sociétés (éditeurs de logiciels ou de documentations, sociétés de services) et d’autres associations qui poursuivent des objectifs similaires.

APRIL (www.april.org)
L’APRIL, Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre, créée en 1996, est composée de personnes physiques et morales impliquées dans le développement de l’informatique libre et fortement implantées dans le tissu social. Elle a pour objectif de sensibiliser les entreprises, les administrations et les particuliers sur les risques des solutions propriétaires et fermées et de les informer des bénéfices offerts par les logiciels libres et les solutions basées sur des standards ouverts.

SIL-CETRIL (www.sil-cetril.org)
Soissons Informatique Libre - Centre Européen de Transfert et de Recherche en informatique Libre

SCIDERALLE (scideralle.org)
L’association SCIDERALLE (Développement et Recherche Appliquée en Logiciel Libre pour l’Éducation) veut développer l’usage de logiciels et ressources libres pour l’éducation entendue au sens large (enseignement mais aussi associations, éducation populaire...) en aidant à la mise à disposition de tous de logiciels et de services d’intérêt collectif et présentant un fort caractère d’utilité sociale.

OFSET (www.ofset.org)
Association française internationale à but non lucratif qui considère comme son objectif le plus important la promotion et le développement de logiciels éducatifs libres ainsi que les standards ouverts utiles au monde de l’éducation. OFSET est une organisation associée de la FSF Europe.

FSU (www.fsu.fr)
Fédération Syndicale Unitaire

UNSA-Education (www.unsa-education.org)

SGEN-CFDT (www.sgen-cfdt.org)
Fédération des syndicats généraux de l’Éducation nationale et de la Recherche publique CFDT

FERC-CGT (www.ferc.cgt.fr)
Fédération de la Recherche et de la Culture

SNALC-CSEN (www.snalc.fr)

Fédération des syndicats SUD Education (www.sudeducation.org)

SPECIF (specif.org)
Specif est la Société des Personnels Enseignants et Chercheurs en Informatique de France, travaillant principalement à l’Université, au CNRS et à l’INRIA.

FRAMASOFT (www.framasoft.net)
Maintenu par une équipe d’enseignants, Framasoft est un site collaboratif qui se propose de "partir de windows" pour découvrir le logiciel libre. On y trouvera un annuaire commenté de près de cinq cents logiciels libres accompagnés d’une cinquantaine de tutoriels, d’articles de fond, et de nombreux forums d’entraide.

ALLEGETICE (www.allegetice.lautre.net)
Alternative Logiciels libres Pour les Ecoles Gardoises Evitant Toute informatisation Coûteuse Exagérée.

fr.OpenOffice.Org (fr.openoffice.org)
OpenOffice.org est la communauté des développeurs et des utilisateurs de la suite bureautique libre et gratuite OpenOffice.org.

Commentaires

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> Un logiciel CAD au secours de la collectivité. , le 23 février 2004 (3 rép.)

J’ai une très grande gratitude pour les associations et les syndicats à l’origine de cette initiative.

Je voudrai juste évoqué un aspect parmis d’autres : En France la +part des documents ’décrivant le territoire’ (Plan d’Occupation des Sols, relevés topographiques à l’usage des services techniques, et plus généralement quasiment tous les plans éllaborés pour/par les collectivités locales et les administrations [notamment DDE]) sont sous le format ’.dwg’. c-à-d un format ’hautement’ propriétaire tenu par un éditeur privé. Je voudrai juste rappeller que la premiere carte de france (la carte dite de Cassini) résulte de la volonté de Louis XIV de représenter la totalité de ’son’ royaume, Pourquoi ? Simplement parceque la ’maitrise’ du territoire suppose de pouvoir le dellimiter et surtout le décrire.

Ce rappelle d’une époque heureusement révolue, juste pour poser une question naivement : Qu’en est-il aujourd’hui de cette maitrise du territoire alors meme que ’la collectivité’ a délégué la maitrise du medium permettant de le décrire ?

opencascade est libre....a quand LE logiciel CAD pour l’exploiter ? Ce travail ne devrait-il pas se faire sur fonds publics ?

> licence d’OpenCascade libre... jusqu’où ? , le 23 février 2004 par ssitub

Bonjour,

je ne suis pas assez calé en anglais pour saisir jusqu’où la licence d’OpenCascade est libre ? Cette licence (encore une que la société a créé avec son nom...) paraît intérressante mais le décryptage est toujours plus difficile que les téléchargements alors si un anglophile chevronné passait par cette page -ou simplement l’auteur du message précédent-, pourrait-il nous éclairer ? Merci d’avance.

Ssitub.

> Un logiciel CAD au secours de la collectivité. , le 24 février 2004 par O.Leroy

Il est clair que dans ce domaine d’activités la demarche "logiciel libre" est tres en retard.

Le format proprietaire DWG/DXF est le pendant du format DOC/RTF pour la bureautique. De meme qu’Openoffice.org ne s’est imposé qu’en offrant une quasi parfaite écriture/lecture du format Microsoft ".doc", seul un logiciel capable d’offrir une re-lecture/re-écriture des format Autodesk ".dwg" est susceptible de s’imposer. Le projet libre OpenCascade est basé sur le format normalisé STEP qui est plus précisement employé dans l’industrie mécanique et son module d’echanges avec le monde DWG/DXF est a priori "payant".

Cependant des pistes de solutions existent :

Autour du format DXF :

Qcad version2 offre aujourd’hui la meilleur réponse et est peut etre le projet le plus abouti et le plus porteur d’avenir (en plus d’etre Multi-plateformes). On peut regretter qu’Andrew Munstun est choisi de proposer les distributions (fichiers rpm[pour RedHat/Mandrake...], deb[pour Debian] ou exe[pour Windows]) contre renumeration - meme si elle est modique. Les fichiers "source" restant librement disponibles pour les plateformes Linux. A noter que la biliotheque DXFlib est une complete création à partir des publications des spécifiactions du format DXF par Autodesk en version 2000.

Autour du DWG :

Le projet LX-Viewer est un viewer sous licence GPL de fichiers DWG basé sur les bibliotheques "en acces controlé" du consortium Open Design Alliance ex OpenDWG. Developpé sous et pour Linux, ce projet sous l’impulsion de certains d’entre nous s’est ouvert à Windows et vous pouvez en trouvez un éxecutable pour Windows2000 et XP en v0.99 à cette adresse

Ce projet est aujourd’hui en refonte pour offrir des nouvelles fonctionnalités (annotation, support du DWF...) et se heurte à un acces de plus en plus "controlé" des bibliotheques OpenDWG.

Le projet "PytonCad" est encore en gestation mais promet beaucoup puisqu’il ne s’appuie que sur son propre décodage du DWG...Il serait donc le projet OpenSource équivalent à Abiword que nous attendons tous avec impatience...

Mais tout est encore bien fragile...et les développeurs peu nombreux...

> Un logiciel CAD au secours de la collectivité. , le 25 février 2004 par Ricky

Contre le monopole rien n’empêche d’utiliser un autre logiciel propriétaire... (voir Intellijet www.d-p.fr) Il y a de la place pour tous dans ce monde.

-----> Il y a de la place pour tous dans ce monde.

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> Pour une véritable politique de développement du logiciel libre , le 17 janvier 2004 (0 rép.)

Merci à l’AFUL de relancer la machine !

Répondre à ce message

Enfin de la bonne volonté ! , le 16 janvier 2004 (2 rép.)

Si l’État et ses ministères se convertissent aux logiciels libres, se sont les usagers qui vont en profiter :

1) Ils paieront moins d’impôts 2) Ils arrêteront d’acheter des logiciels à une multinationale en position de monopole.

Et ils participeront à l’élaboration d’un projet de société différent de celui des néolibéraux notamment Hayeck qui dit ceci : "La société vit uniquement dans le présent, il n’y a donc de fait plus de projet de société et il n’y a plus de place pour une projection dans l’avenir. Les individus cherchent seulement à maximiser leurs intérêts."

Sans projet de société, la politique est là uniquement pour gérer les intérêt des différents individus.

> Enfin de la bonne volonté ! , le 18 janvier 2004 par David C.

Ok pour le 2) mais pour le "1) Ils paieront moins d’impôts" ???? Je commence à croire que le discours néo-libéral fait des ravages plus grands que la lepénisation des esprits... Qu’est-ce que c’est que ce discours qui martèle que "payer moins d’impôts c’est bien" ? Même la gauche s’y est mise... c’est triste. Les impôts sont désagréables certes mais nécessaires car ils permettent de faire profiter l’ensemble de la collectivité de la richesse et des progrès. Mais bon je m’écarte du sujet. Merci à Framasoft pour leur travail au passage :-)

>payer plus d’impôts ce serait mieux ?? , le 15 avril 2004 par SirMacBes

Je suis de ceux qui en ont marre de financer le bien-être des autres : soit tu peux partir en vacances et c’est tant mieux pour toi, soit tu ne peux pas et je ne vois pas de quel droit tu demanderais au gouvernement (donc à la collectivité) de te payer des vacances. La justice sociale c’est (aussi) que celui qui se décarcasse pour gagner de l’argent puisse en profiter et être récompensé de ses efforts. C’est encore que celui qui touche 2000 € d’alloc paie autant d’impôts que celui qui touche un salaire de 2000 €.

On s’éloigne franchement du sujet mais je suis fortement énervé par ces personnes qui estiment que "payer pour les autres c’est normal".

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