• Auteur : rhyd
  • Date : 26 juillet 2003 (12 juin 2005)

FAQ Logiciels Libres dans l’Éducation


- On a coutume de dire que "l’éducation est l’affaire de tous". Alors même si nous avons quelque peu élargi notre audience ainsi que nos objectifs, nous n’oublions pas que Framasoft est directement issu d’une initiative d’enseignants.
C’est pourquoi nous sommes ravis de présenter cet FAQ de notre ami rhyd qui, nous l’espérons, trouvera un certain echo parmi nos collègues non (encore) initiés aux subtilités du logiciel libre.

- Cet article se veut être ouvert et bien entendu évolutif. Nous vous invitons vivement à le commenter, critiquer et à suggérer de nouvelles questions en vous exprimant sur le forum attaché en bas de page.

- Vous trouverez également en bas de page le même document au format PDF (pourquoi pas un affichage en salle des profs ?) et au format natif LaTeX.

- L’image de cet enfant qui dessine un "baby gnu", un tux posé sur la table, est directement issue de la section Éducation de l’excellent projet GNUWin II, un cédérom de logiciels libres pour Windows que nous ne nous lasserons jamais de vous conseiller.



1. Qu’est-ce que Linux ?

Linux (en fait l’ensemble formé par le noyau Linux et les logiciels libres du projet GNU) est un système d’exploitation libre. Comme Windows de Microsoft, il sert, entre autre, à faire le lien entre vos logiciels et les périphériques (disque dur, imprimante, graveur...) de votre ordinateur . C’est en quelque sorte la couche logicielle fondamentale.

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2. Pourquoi l’Éducation Nationale devrait-elle choisir d’utiliser des logiciels libres ?

Les principales raisons d’utiliser des logiciels libres viennent de leur définition même : un logiciel libre doit offrir à son utilisateur les quatre libertés suivantes [1] :

le logiciel libre offre la liberté d’étudier le fonctionnement d’un programme et de l’adapter à vos besoins (liberté 1). Comme l’enseignement, la nature même du logiciel libre encourage l’approfondissement des connaissances et la recherche d’une maïtrise globale des concepts, et pas seulement à l’utilisation d’un logiciel dans un contexte donné.
Pour cela l’accès au code source est une condition requise.

le logiciel libre offre la liberté de redistribuer des copies (liberté 2). Plus de copies piratées dans votre établissement, plus de scrupules à donner à vos élèves des copies des logiciels utilisés en classe, qu’ils soient pédagogiques ou professionnels. Plus de problèmes de licences qui ne concernent pas la dernière version du logiciel ou qui ne permettent pas d’ajouter une nouvelle salle informatique. Un logiciel libre donne le droit d’aider son voisin. Ce n’est plus du piratage mais du partage.

le logiciel libre offre la liberté d’améliorer un programme et de diffuser vos améliorations pour en faire bénéficier toute la communauté (liberté 3). Cette valeur du partage des connaissances, commune à l’enseignement et à la communauté du libre, permet une amélioration rapide des logiciels et une meilleure adaptation aux besoins des utilisateurs. Cette volonté de partage des savoirs et des progrès est celle qui se retrouve dans les groupes d’utilisateurs du libre qui fournissent bénévolement une aide inestimable.

le logiciel libre offre la liberté d’exécuter un programme, pour tous les usages. Cette liberté permet d’utiliser un programme pour en faire ce que l’on veut. Elle accorde, par exemple, le droit d’utiliser un logiciel pour en critiquer les concepteurs ; ce droit a déjà été nié par Microsoft [2] dans la licence de certaines versions de l’éditeur de pages web Frontpage 2002.

Par ailleurs les logiciels libres (et en particulier Linux) sont souvent d’une grande stabilité. Contrairement à d’autres éditeurs, la majorité des développeurs de logiciels libres ne cherche pas à inonder rapidement le marché avec ses logiciels plus ou moins terminés et à cacher à tout prix les failles de sécurité, mais plutôt à avancer en cherchant au maximum à renforcer la sécurité et à réduire les bugs.

Enfin, concernant spécialement Linux, il faut savoir qu’il est fondamentalement fait pour gérer les réseaux et les droits d’utilisateurs multiples, ce qui en fait un système d’exploitation de choix pour un établissement scolaire.

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3. Pourquoi l’Éducation Nationale devrait-elle choisir de refuser les logiciels propriétaires ?

Lorsque l’Éducation Nationale achète une licence à un éditeur de logiciel propriétaire elle :
- oublie son objectif :
elle va en effet contre sa mission de diffusion des savoirs et des compétences, notamment celle d’apprendre aux élèves à véritablement maïtriser leur environnement technique, mais aussi politique ;
- perd de son indépendance :
elle participe à la marchandisation de l’école en renforçant la mainmise d’une entreprise sur le système éducatif ;
- perd de l’argent, et toute la communauté avec elle :
cet argent serait beaucoup mieux employé s’il servait à financer le développement de logiciels libres qui pourront aussi servir aux élèves et à tous, ou encore à former les utilisateurs de ces logiciels.

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4. Y a-t-il un risque à utiliser des logiciels libres ?

- du point de vue de la dépendance à un logiciel :
le risque de voir son logiciel favori mis aux oubliettes de l’histoire informatique est une réalité autant dans le monde du libre que dans le monde du logiciel propriétaire. La différence est que dans le monde du libre si une entreprise décide d’arrêter de développer un logiciel, n’importe qui peut reprendre le flambeau et apporter à son tour de nouvelles améliorations au logiciel. De plus, la licence libre la plus connue (la GPL, la General Public Licence) oblige le repreneur à maintenir la licence libre pour ce logiciel ;
- du point de vue financier :
la licence GPL garantit la gratuité du logiciel par la mise à disposition du code source. Pour autant rien n’empêche une société de vendre un logiciel libre, ce qui est souvent fait en lui associant un service (d’installation ou de maintenance par exemple).

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5. Y a-t-il un risque à utiliser des logiciels propriétaires ?

Si demain un éditeur de logiciels propriétaires décide, ou est obligé, de ne plus distribuer un de ses programmes, il pourrait juridiquement, et de plus en plus techniquement, vous empêcher de l’utiliser, lui et les documents que vous avez créés grâce à lui. Le risque grandit de se trouver un jour avec des documents que l’on a soi-même créés mais qui ne sont plus lisibles.

Avec la généralisation de la location de logiciels (votre licence n’est plus achetée définitivement mais louée pour une période donnée) et des contrôles d’accès aux fichiers (sous prétexte de renforcer la sécurité Microsoft et Intel mettent en place un système [3] qui pourrait interdire la lecture d’un fichier par un autre logiciel ou par un logiciel dont la licence est périmée, ou même supprimer ce document s’il estimait que vous n’aviez pas le droit de le posséder), la pérennité de ses propres documents devient un réel problème.

Dans le monde entier, les services publics [4] sont ainsi de plus en plus nombreux à avoir compris les dangers qui découlent de l’utilisation de logiciels propriétaires et à avoir préféré miser sur les logiciels libres.

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6. Microsoft a l’avantage d’être une grosse compagnie qui propose au niveau mondial ses standards permettant l’échange de documents.

L’informatique est internationale, et les utilisateurs, par nécessité ou par principe, n’effectuent jamais les mêmes tâches et ne les effectuent pas avec les mêmes outils. Le pari (assez réussi pour l’instant) de Microsoft a été d’imposer un système unique en faisant croire qu’à coups de nouvelles versions ce système parviendrait à satisfaire tout le monde. Pour le texte mis en forme, des formats d’échanges ouverts existent déjà (le html, le rtf et le pdf par exemple). Pour le reste, des standards ouverts, accessibles à tout le monde, sont les seules solutions aux besoins d’échanges de documents entre utilisateurs.

Imaginez que pour simplifier les échanges on impose à tous de parler anglais ! La solution aux problèmes de traduction n’est pas dans l’uniformatisation, quitte à ce que du temps et des informations soient perdues au cours de la traduction (par exemple certaines mises en page, certaines fonctionnalités...). Accepter d’utiliser un format fermé c’est accepter de parler une langue dont on refuse de fournir des dictionnaires.

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7. Puisque Internet Explorer et Word sont déjà installés sur les ordinateurs de mon établissement, pourquoi ne pas s’en servir ?

D’abord parce que dans le cas d’Internet Explorer il existe un logiciel libre, Mozilla, qui est au moins aussi bon [5].

Le traitement de texte, lui, est aujourd’hui l’outil grand public par excellence. L’échange de ce type de document est donc très fréquent. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles les documents Word font partie des principaux vecteurs de virus. Choisir le format de ce logiciel c’est pousser les destinataires de ses documents à choisir eux aussi un logiciel propriétaire et très coüteux. Par ailleurs, la conservation sur le long terme de documents enregistrés sous ce format propriétaire pourrait être un réel problème.

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8. Les programmes scolaires demandent d’utiliser Word, Outlook, Excel...

Ce n’est pas vrai. Ils [6] demandent d’utiliser un traitement de texte, un logiciel de messagerie, un tableur...

Il faudra peut-être juste prendre le temps d’expliquer les raisons du choix du libre et accepter de continuer à utiliser pour un temps des logiciels propriétaires dont il n’existe pas encore de remplacement libre.

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9. J’ai passé beaucoup de temps à me former sur le logiciel que j’utilise actuellement, et il me faudrait réapprendre à utiliser un nouveau logiciel.

Avant tout, il faut savoir qu’il est toujours possible de rester sous sa plateforme et de migrer petit à petit (en commençant par exemple par le navigateur web et le gestionnaire de courrier). Il est également possible d’avoir deux disques durs dans sa machine ou encore de partitionner son disque dur de façon à avoir le choix entre les deux systèmes à chaque démarrage. Ceci permet un passage "en douceur".

Les technologies évoluent, les standards d’hier ne sont plus ceux d’aujourd’hui. Quelques soient vos choix concernant un système d’exploitation ou un logiciel, il faut savoir qu’il faudra évoluer avec eux. Vous devrez apprendre à maïtriser de nouvelles fonctionnalités et à convertir vos anciens documents pour utiliser ces nouveautés. Si vous utilisez des logiciels libres, cette conversion se fera d’autant plus rapidement et d’autant plus proprement. De plus, vous pourrez profiter des groupes d’utilisateurs de logiciels libres, des forums de discussion sur internet, des nombreuses documentations rédigées bénévolement... en attendant d’expliquer ce que vous avez appris aux nouveaux arrivants  !

D’ailleurs une reflexion sur le libre pourrait être l’occasion de se poser quelques questions, par exemple de savoir si un traitement de texte très lourd est vraiment bien adapté à vos besoins ou à ceux de vos élèves, ou si un autre, plus léger, ou encore un logiciel comme LATEX, ne serait pas plus adapté.

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10. Je travaille avec un logiciel bien précis dont il n’existe pas d’équivalent libre aussi bon.

S’il n’existe pas de logiciel libre équivalent à celui que vous utilisez ce ne sera peut-être pas longtemps le cas. Tenez-vous au courant des évolutions des logiciels libres ressemblants, votre bonheur ne devrait pas trop tarder ! Vous pouvez même prendre contact avec les équipes de développeurs pour leur proposer des améliorations que vous souhaiteriez voir apportées à leur logiciel.

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11. S’il y a suffisemment de logiciels libres et qu’ils sont aussi intéressants, pourquoi ne sont-ils pas plus largement répandus ?

Il y a plusieurs raisons à cela :
  • les développeurs de logiciels libres n’ont pas la puissance marchande nécessaire à la promotion (publicité, vente forcée lors de l’achat d’un ordinateur [7]...) de leurs logiciels ;
  • en informatique, le premier logiciel sur le marché possède un gros avantage ;
  • au départ, les programmeurs de logiciels libres, qui étaient plus isolés et moins nombreux, s’intéressaient peut-être moins au matériel et aux intérêts du grand-public. Par contre, leurs logiciels se sont rapidement et très fortement (parfois majoritairement) implantés sur les serveurs web, mail, réseaux... dans des entreprises où des professionnels ont pu rapidement vérifier la qualité des logiciels disponibles librement ;
  • les constructeurs estiment parfois que les utilisateurs de Linux sont encore trop peu nombreux pour proposer avec leur matériel les pilotes nécessaires.

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12. J’ai entendu dire que c’est trop compliqué et qu’il faut être très fort en informatique pour pouvoir utiliser Linux et les logiciels libres.

Ce qui était vrai il y a quelques années l’est beaucoup moins aujourd’hui. Les procédures d’installation sont beaucoup plus simples, le matériel est très souvent reconnu, les interfaces graphiques conviviales sont très majoritaires. Il reste des progrès à faire (en particulier pour quelques périphériques) mais si vous avez un minimum de compétences en informatique il est largement temps de vous lancer dans l’aventure. Il faut cependant accepter de payer un certain prix : celui du temps d’adaptation si on est déjà familiarisé avec un autre système. Comparez-le au prix de la liberté...

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13. Où puis-je trouver des logiciels libres pour l’éducation ?

Il y en a tellement qu’il est impossible de tous les recenser en un seul endroit. Cependant voici quelques sites qui vous donneront un bon aperçu de ce qui se fait (sous Linux ou Windows principalement) dans ce domaine :
Framasoft : partir de Windows pour découvrir le libre ;
Les logiciels éducatifs de KDE : http://edu.kde.org/ (en anglais) ;
La sélection de l’académie de Versailles.
Un tableau de remplacements qui permet de trouver des logiciels pour Linux analogues à ceux que vous utilisez sous Windows.

Plus généralement, sous Windows, il existe des CD contenant une compilation de logiciels libres :
Le CD GNU-WIN ;
Celui d’Allegetice , une association ( loi 1901 ) promouvant l’utilisation du logiciels libres dans les écoles, collèges, lycées ainsi que dans l’administration.

Par ailleurs ne passez pas à côté du CD "live" Freeduc-cd qui permet de démarrer l’ordinateur à partir du CD sans rien installer sur le disque dur, et donc de pouvoir tester une quantité incroyable de logiciels libres sans aucun risque de fausse manipulation.

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14. Qui est l’auteur de ce document ?

Je suis professeur de mathématiques. J’ai découvert les logiciels libres en 2002 et depuis je m’en sers le plus possible. Je ne suis pas un fanatique anti-Microsoft, et je reconnais que leurs logiciels ont certaines qualités. Mais en attendant que Windows passe sous licence libre je préfère m’en passer ;-)

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[1] Selon la définition de la Free Software Foundation.

[2] Plus de précisions sur slashdot.org.

[3] Voir la FAQ TCPA/Palladium de Ross Anderson.

[4] La ville de Munich en Allemagne, les régions d’Estrémadure et d’Andalousie en Espagne, les conseils de Newham et Nottingham en Angleterre et dernièrement le Conseil Général de Seine-et-Marne...

[5] 101 trucs que Mozilla sait faire et qu’IE ne sait pas.

[6] Par exemple le programme du B2i.

[7] Pour vous faire rembourser, consultez la page de linux-center.org consacré à la détaxe.

Commentaires

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Autres questions en passant un brin polémique , le 28 juillet 2003 par Jean Patoux (2 rép.)

Pourquoi l’institution EN traîne-t-elle des pieds lorsqu’il s’agit d’inciter les enseignants d’en bas à utiliser des logiciels libres ?

Pourquoi n’arrive-t-on pas à se déconditionner à Windows malgré une réelle bonne volonté ?

Les programmes scolaires ne demandent pas d’utiliser Word et Excel mais qu’en est-il du monde du privé ?
N’est-il pas plus "vendeur" de spécifier sur un CV connaissances Word que connaissances OpenOffice Writer voire même (et j’en conviens que c’est très dommage) connaissances en traitement de texte ?

Pourquoi la communauté du libre nous masque-t-elle souvent certaines difficultés techniques nous poussant presque à culpabiliser si nous n’arrivons pas à utiliser correctement Linux ?

Pourquoi les éditeurs parascolaires ignorent encore totalement le phénomène ?

L’absence de jeux dignes de ce nom sous Linux n’est-il pas un handicap pour rencontrer l’adhésion des jeunes ?

En tout merci et bravo pour ce très intéressant opuscule.

> Mais ! , le 29 juillet 2003 par severino

"Pourquoi la communauté du libre nous masque-t-elle souvent certaines difficultés techniques nous poussant presque à culpabiliser si nous n’arrivons pas à utiliser correctement Linux ?"

Il manquait à beaucoup des qualité de communication, de recul, d’ergonomie, de modestie... Mais il y a de plus en plus de passionnés qui se sont motivés pour corriger le tir.

Mais on est parti de très loin, et il y a encore des efforts à faire. Exemple :

" Plus généralement, sous Windows, il existe des CD contenant une compilation de logiciels libres : Le CD GNU-WIN ; Celui d’Allegetice , une association ( loi 1901 ) promouvant l’utilisation du logiciels libres dans les écoles, collèges, lycées ainsi que dans l’administration."

Je critique (quand on aime, hein... :-) mais je m’explique rapidement avant de retourne bosser un peu avant de me faire virer de mon stage...

Le CD GNU-WIN, excellent, cible en réalité plutôt les universitaires scientifiques, en proposant en vrac logiciels grands-public, gadgets et logiciels plus techniques. Je ne peux pas le conseiller à mon père tant que ce CD ne mettra pas en avant l’essentiel de ce qui l’intéresse, avec les tutoriaux associés, et en arrière, séparémént, les gadgets (indispensables) et les machins techniques (qu’il imaginera toujours, mais à tort certe, comme trop compliqués pour lui. Ce qui est vrai c’est qu’il n’a pas l’temps. Et qui sont de toute façon hors-sujet pour la plupart).

En ce qui concerne A.L.L.E.G.E.T.I.C.E, je n’ai pas trouvé le menu du CD.

Par contre, sur le web, j’ai trouvé un exemple de CD grand public qui va dans le bon sens :

-----> CD de l’EITIC

> Education nationale et logiciels libres , le 4 août 2003 par rhyd

Bonjour,

> Pourquoi l’institution EN traîne-t-elle des pieds lorsqu’il s’agit d’inciter les enseignants d’en bas à utiliser des logiciels libres ?

J’aimerais bien en savoir plus là dessus. J’enseigne depuis trois ans et je n’ai vu aucune incitation ni dans un sens (libre) ni dans l’autre (propriétaire) de la part de l’EN. Je trouve que le problème vient plutôt d’un non-engagement dans le domaine informatique (je ne parle pas du matériel, c’est trop facile de se contenter d’équiper des établissements en ordinateurs - même si c’est le minimum). Mais y a-t-il des "preuves" que l’EN "traîne des pieds", signe de mauvaise volonté, ou est-on en face d’un problème de moyens qui dépasse le conflit libre/propriétaire pour toucher le problème du rôle que l’on veut donner à l’informatique dans nos écoles ?

> Pourquoi n’arrive-t-on pas à se déconditionner à Windows malgré une réelle bonne volonté ?

Cette année je surfais sur internet dans la salle des profs avec un collègue à la recherche d’informations concernant sa discipline, et pour cela j’avais lancé Mozilla (que j’avais installé sur Windows quelques semaines auparavant). Comme on ne trouvait pas ce qu’il cherchait il m’a demandé si on ne pouvait pas plutôt "rechercher sur internet". Je lui ai demandé ce qu’il voulait dire et il m’a montré l’icône d’Internet Explorer en me disant "avec cet internet là"...

Cet exemple est pour moi l’illustration des difficultés qu’il y a à se "déconditionner" de Windows. MS a tellement bien réussi à faire croire que "ordinateur=windows", que "internet=internet explorer"... qu’il y a tout un travail d’apprentissage de l’informatique rien que pour commencer à entendre les arguments des promoteurs du libre. Beaucoup de gens n’écoutent plus avant même d’en arriver aux questions importantes il me semble.

> Les programmes scolaires ne demandent pas d’utiliser Word et Excel mais qu’en est-il du monde du privé ?

Bien sûr... Cet argument est tellement fort et en même temps tellement volatile que je ne sais jamais si je dois vraiment tenter d’y répondre. En gros je dis "ce n’est pas à nous d’apprendre aux élèves à se servir d’un outil qui ne sera plus d’actualité quand ils auront terminé leurs études" (argument peut-être discutable dans les filières professionnelles/courtes, mais c’est aussi à voir) et "quel est l’intérêt pédagogique d’apprendre à se servir de Word ?".

> N’est-il pas plus "vendeur"...

Justement, forme-t-on des jeunes adultes qui doivent être capables de "se vendre" ? Je le fais un peu "malgré moi" sans doute...

> Pourquoi la communauté du libre nous masque-t-elle souvent certaines difficultés techniques nous poussant presque à culpabiliser si nous n’arrivons pas à utiliser correctement Linux ?

Non, ce n’est pas la "communauté du libre" mais certains de ses membres (et je suis d’accord, c’est mal (tm) ). D’ailleurs Framasoft fait tout le contraire.

> Pourquoi les éditeurs parascolaires ignorent encore totalement le phénomène ?

J’ai lu ici même, il me semble, qu’un éditeur avait décidé de faire autrement. Mais c’est plutôt à eux qu’il faudrait poser la question !

> L’absence de jeux dignes de ce nom sous Linux n’est-il pas un handicap pour rencontrer l’adhésion des jeunes ?

En milieu scolaire ? Mon "opuscule" ne visait pas à "convertir" les jeunes... Et puis j’ai lu plusieurs longues réponses à l’argument "L’absence de jeux dignes de ce nom sous Linux", mais je n’aime pas trop les jeux sur ordinateur, alors je ne vais pas me prononcer sur cette question ;-)

En tout merci et bravo pour ce très intéressant opuscule.

Merci à vous pour cette contribution ! Peut-être qu’avec plus de précisions/contributions/opinions à propos des diverses "nouvelles questions" je pourrais rajouter des rubriques dans ma FAQ. A voir...

En espérant pouvoir poursuivre cette discussion,

Rhyd.

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